0.26 - Izaya.

65 19 8
                                    

Des années avant la Nuit.

Lorsqu'il était petit, Izaya adorait passer du temps autour du berceau de Kururi et Mairu.

Il les observait, s'assurant qu'elles dormaient en paix, et les sortait pour les mettre dans leur parc lorsqu'elles se réveillaient. Il aimait lire à côté d'elles, dormir à côté d'elles, et la plupart du temps il demandait à sa mère s'il avait l'autorisation de leur donner le biberon.

À l'école, en apprenant qu'il venait d'être grand frère de deux petites sœurs jumelles, nombres de ses camarades étaient venus le voir pour lui souhaiter du courage.

« Mon petit frère pleure sans arrêt »

« Mes parents ne remarquent même plus ma présence »

« La nuit, elle hurle sans raison et je ne peux même plus dormir »

Il les avait écouté d'une oreille distraite, pas vraiment intéressé par l'avis de personne à qui il n'avait jamais adressé la parole. Un peu plus tard, il s'était rapidement rendu compte que toutes ces histoires ne s'appliquaient pas à lui, pas plus qu'à elles.

Kururi et Mairu s'arrêtaient de pleurer lorsqu'il venait les bercer. Quand il avait du mal à dormir, il les prenait toutes les deux dans ses bras et écoutait leurs petits cœurs battre. La vue de leurs grands yeux sombres et brillants posés sur lui avait toujours le don de le calmer, de lui faire comprendre que ces deux petits êtres étaient à présent une part de lui.

Une fois, alors qu'elles étaient toutes les deux malades, en pleurs face à des otites qui refusaient de les laisser dormir, Izaya s'était levé en pleine nuit pour aller chercher leur berceau dans la chambre de ses parents. En le voyant faire, sa mère n'avait pas dit un mot et avait enfin réussi à fermer l'œil une fois les deux petites de l'autre côté de la porte. Le brun les avait emmené avec lui, les avait délicatement sorties, puis avait déposé un à un leurs petits corps fragiles entre ses draps à lui, bien calés entre les coussins afin de s'assurer qu'elles ne tomberaient pas.

Il leur avait massé le crâne pendant une bonne partie de la nuit, les observant enfin s'endormir, des traces de larmes séchées sur les joues.

Izaya n'avait pas vu la naissance de ses sœurs comme une mauvaise chose. À l'instant même où ces deux fillettes avaient posé les yeux sur lui, lui avaient tenu le doigt en riant, s'étaient calmées à son contact : elles avaient été le centre de sa vie.

– Iza....

– Izaa...

Leurs premiers mots avaient été les mêmes.

Et avaient résonné en lui pendant longtemps.

At the edge of our hearts || ShizayaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant