Elle dévala les marches quatre à quatre et passa devant le mur couvert de graffitis – « Aimée est une traînée », « Léa suce gratos », « Tél Toby pour partager instants brûlants » - et passa la porte principale pour rejoindre la rue. Elle prit à gauche, évitant les emballages de repas à emporter et les canettes de bière éparpillés autour de l'Abribus. Elle esquiva ensuite deux vieillards qui tiraient des Caddie, envahissant tout l'espace du trottoir, et commença à courir. Camila s'éloigna de la cité, traversa la foule de gamins qui traînaient devant la boutique d'Ajay avec leurs petits déjeuners à base de chips et de coca, dépassa le boucher et le magasin de cartes et prit la direction de la rue principale.
Le ciel était bas et gris. L'air sentait le diesel et le poisson. Elle traversa le marché en courant. Les stands s'étalaient sous ses yeux, animés, arborant les couleurs incroyables des fruits et légumes entremêlés. La quantité habituelle de gars se prélassait sur les bancs du coin. Elle doubla une fille avec un landau, une femme qui comptait sa monnaie devant le Lidl. Un vieux monsieur appuyé sur une canne, une vieille dame accrochée à son bras, tous deux fragiles et voûtés.
Elle avait envie de courir jusqu'à destination. Elle allait faire sa fête à Chris Jauregui. Chris Jauregui ne vieillirait jamais.
Au feu, un type se pencha par la fenêtre de sa voiture et siffla une fille : « Fais-moi un sourire, bébé. »
La fille lui répondit en lui montrant un doigt, puis elle aperçut Camila et lui fît signe de la main.
« Salut, Camila. »
Elle continua de sautiller sur place tandis qu'elle traversait la rue pour la rejoindre.
« Salut, Sienna. Je n'ai pas le temps, là. »
Elle se pressa contre elle et lui donna un baiser rapide.
« Tu es toute en sueur.
- J'étais en train de courir.
- Tu me fuis ? »
Elle haussa les épaules comme si c'était trop compliqué à expliquer.
« Il faut que j'y aille. »
Elle croisa les bras et la regarda, boudeuse.
« Je te vois plus tard ? »
Camila eut l'impression que le monde extérieur prenait plus de place, qu'il devenait plus bruyant ou quelque chose de ce genre. On la pressait, on attendait des choses d'elle. Elle la regarda droit dans les yeux et essaya de ressentir ce qu'elle avait ressenti à peine une minute plus tôt quand elle l'avait vue lui faire des signes de la main, comme une onde de chaleur.
« Viens me voir au boulot, dit-elle. Ça ne me dérange pas.
- Ça ne te dérange pas ? Eh ben, merci, c'est sympa ! »
Elle noua ses bras autour de son corps et elle s'éloigna sans se retourner.
Elle n'était pas une file bien pour elle. Elle se demandait, d'ailleurs, si elle serait bien pour qui que ce soit un jour. La plupart du temps elle se fichait pas mal des filles. Elles posaient trop de questions, elles espéraient toujours qu'on sache ce qu'elles ressentent, or elle se trompait chaque fois.
Plusieurs minutes s'étaient écoulées maintenant, elle avait perdu son élan. Elle recommença à courir. Elle croisa la rue principale, suivit la courbe que formait Lower Road. Des groupes de gamins avançaient lentement dans la même direction qu'elle, un rassemblement, un groupe de jeunes. Sofia aurait dû être avec eux. Elle courut sur la route pour les éviter, dépassa le parking des professeurs puis le portail.
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toi contre moi
Teen FictionCamila cabello et Lauren Jauregui sont amoureuses. L'une a 16 ans, l'autre 18. C'est leur premier grand amour. Pourtant, rien ne les destinait à se rencontrer. Lauren, issue d'un milieu aisé, bonne élève, se préoccupe avant tout de réussir ses exame...
