Chapitre 29

10.6K 493 2
                                        

BLADE

Je suis complètement à cran. Savoir tout ça me met les nerfs à vif. Je me contrôle pour ne pas tout casser. Je ne lui en veux pas, mais ça fait beaucoup d'informations à digérer. Il faut qu'on continue à en parler, plus tard, après le braquage. Coyote m'observe, attendant sûrement que je pète mon câble mais je me contiens, elle n'a pas besoin de me voir comme ça. Et puis ça ne changera en rien à ce qu'elle a vécu ! Je comprends maintenant son côté mystérieux au sujet de son passé.

Quand elle sort, Coyote attaque directe :

— C'est sérieux avec elle ?

— Je pense oui.

Son regard se durcit, il n'apprécie pas ma réponse mais je n'aime pas non plus sa question.

— Écoute je te réponds parce que tu es mon ancien Prés et que tu as un lien avec elle donc si ta question est : est‑ce que je l'aime ? La réponse est oui. J'envisage quelque chose avec elle. Mais tout ça, ça fait beaucoup ! Je ne vais pas la laisser tomber pour autant, elle me complète et je suis bien avec elle‑même si c'est récent. Mais là, je dois me concentrer sur le casse, on joue gros là‑dessus. On discutera elle et moi de tout ça plus tard. Mais sache une chose je ne te demanderai pas l'autorisation ! Elle est à moi ! Depuis le jour où j'ai posé mes yeux sur elle. Alors oui c'est ta petite fille, tu viens de la retrouver, tu veux sûrement la protéger et faire sa connaissance. Tu flippes parce que je n'ai jamais été sérieux avec les femmes, mais elle, elle change tout !

— Eh bien fiston, je ne m'attendais pas à une telle déclaration, rigole‑t‑il.

Je me marre à mon tour, je me suis emballé mais je veux qu'il comprenne qu'Ally ou Mia, je ne sais même plus comment l'appeler, est importante. C'est trop tôt pour savoir si ça va durer et si on va aller plus loin mais je suis prêt à m'engager.

— Tu sais que ce fils de pute est mort ? Il a touché ma petite fille, je veux sa tête sur un pic ! Quand l'opération sera terminée, on essaiera de lui faire avouer le nom de cet enculé, et si elle ne veut rien dire on cherchera par nos propres moyens !

Oh que oui, il est fini !

— Tu sais, reprend‑t‑il, tu étais petit quand mon fils est parti donc tu ne dois pas t'en souvenir, mais c'était un jeune homme têtu et fière comme moi. Mais il avait le cœur sur la main. Au départ il devait partir étudier en France pour ensuite revenir travailler pour le club avec Hurry. Donc, quand il m'a annoncé qu'il avait rencontré l'amour de sa vie et qu'il restait en France, je me suis senti trahi. Il abandonnait sa famille, son club pour une femme ! Je l'ai banni à ce moment‑là car j'étais en colère, tellement ! Quand j'ai su que j'étais grand‑père, la colère s'est envolée mais ma fierté a pris le dessus, je voulais que ce soit lui qui revienne, pas sa femme ! Alors j'ai attendu. Trop longtemps, puisqu'il ne me reste que les regrets. Il est avec sa mère maintenant. Quand Mia m'a dit qu'il avait parlé de nous, je me suis senti con ! Tellement con ! J'ai fait une croix sur lui, fait comme s'il n'avait pas existé alors que lui continuait à penser à nous. Et moi qui pensais le contraire, si j'avais su... Je te raconte ça d'ancien président à président pour que tu comprennes mes erreurs et car je sais que ça ne sortira pas d'ici, mais...

Son regard est rempli de chagrin et de remords, il retient ses larmes, je lui mets la main sur l'épaule dans un signe de réconfort et lui dit :

— Tu ne peux pas changer le passé, juste apprendre à vivre avec. Maintenant tu as une petite fille qui complète la famille que tu as déjà, nous. Apprends à la connaître, elle est...épatante ! Je ne suis peut‑être pas objectif parce que je l'aime mais elle est géniale ! Vous allez échanger des anecdotes et tu découvriras les années manquées et l'évolution de la vie de ton fils à travers ses yeux.

— Tu as raison fiston, me réponds‑il plein de reconnaissance

Je pense avoir réussi à le sortir un peu de sa mélancolie. Maintenant il est temps d'aller se détendre un peu.

— Allez viens Papy ! On va se boire une bière.

Cette parole me vaut un revers dans l'abdomen de sa part. Je sens que ça va beaucoup m'amuser !

Je cherche Ally, et la repère en pleine conversation avec Candy. J'ai besoin d'éclaircir deux trois choses pour avoir l'esprit tranquille demain.

— Bébé, on monte dans ma chambre cinq minutes ?

Elle me suit dans les escaliers, la mine grave. Je ferme la porte derrière nous pour être tranquille.

— C'est fini c'est ça ? Je suis désolée Blade, je ne voulais pas te mentir, mais il s'agit de ma sécurité ! Je ne pouvais pas tout foutre en l'air, je n'ai pas autant d'argent que j'aurai dû en avoir, je ne peux pas me permettre de refaire des papiers ! Mais je comprends, tu te sens trahi, j'ai perdu ta confiance et je suis sincèrement navrée. Mais je t'aime. Merci pour ces quelques semaines magiques. Je vais y aller, je ne veux pas...

J'arrête sa diatribe en l'embrassant pour la faire taire. Au début surprise, elle me laisse ensuite approfondir notre baiser. Quand je la sens plus détendu, je me recule :

— Bébé écoute moi bien ! Il est absolument hors de question que tu sortes d'ici. Je ne te quitte pas, tu es toujours à moi ! On discutera de tout ça sérieusement plus tard, je dois rester concentré pour demain. Mais j'ai deux questions : est‑ce que tu en as parlé aux autres ? Et bordel comment je dois t'appeler ?

— Je n'ai rien dit, à personne, j'ai supposé que tu voudrais le faire, mais je t'avoue que je n'ai pas très envie de me prendre des reproches ce soir, j'ai eu ma dose d'émotions. Et pour mon prénom, je suis Ally, j'ai enterré Mia en France. Pour moi elle n'existe plus. Je ne renie pas mon passé mais je fais la part des choses.

— Ok. Ally, ça me va ! Maintenant on va descendre s'amuser avec tout le monde et ensuite on viendra jouer ici tous les deux... Ça te convient comme programme ?

— Parfaitement Monsieur le Président...

DARK ANGELS - TOME 1Des histoires addictives. Découvrez maintenant