Chapitre 44

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ALLYANA

Au début, j'essayais de compter les heures, puis les jours. Privée de la vue, dans cette chambre sombre, je perdais la notion du temps. Je me repérais sur les repas que m'apportait mon oncle. Et Alexi est arrivé. Je pense que ça devait faire cinq ou six jours que j'étais là quand il a montré sa sale face.

J'ai reçu ma correction, il m'a mise dans un tel état que le médecin a voulu m'amener à l'hôpital. J'étais contente, j'aurai pu essayer de me sauver une fois remise, mais c'était sans compter la vengeance du diable. Il a refusé, arguant que la souffrance me donnerait une leçon, que je n'aurai plus l'idée de m'échapper. Mais il se trompait, je ne pensais qu'à ça jusqu'à il y a quelques jours...

Je comprenais maintenant son impatience pour "sa surprise". Il a attendu que je me remette des blessures qu'il m'avait infligé pour me mettre à terre de nouveau ! Ça devait faire trois semaines que j'étais au royaume des Pohkov, quelque part à côté de New York, informations que j'avais pu obtenir non sans mal du médecin. Puis on m'a déplacé dans un nouvel endroit, une immense villa. J'ai pu regagner un endroit décent qui ne sentait pas la pisse et la merde, mais j'étais toujours en prison.

Je le sentais jubiler, il avait hâte de me montrer son cadeau. Et cette fois‑ci, je ne m'attendais vraiment pas à ce coup de théâtre ! Il a fait fort, il m'a détruit tellement de fois que je ne pensais pas qu'il puisse m'achever à ce point‑là.

Là, dans ce salon, au milieu, se trouvait un visage que je n'avais pas vu depuis plus de deux ans, une bouille que je pensais ne plus jamais revoir...

Mon petit frère, Dimitri, se tenait devant moi, tout aussi choqué. Mais qu'est‑ce que ce fils de pute nous a fait !

Mes jambes tremblent, je m'avance prudemment, avec cette peur que ça ne soit qu'un rêve, qu'il ne soit pas là. Je m'abaisse, tends la main vers lui, et il me saute dans les bras. Je le serre si fort, réalisant à moitié que je le tiens contre moi. J'inspire son odeur, et me recule pour prendre son visage dans mes mains. Je redécouvre ses traits de petit garçon, il n'a plus son visage de bébé, ses cheveux blonds ont poussé. Nos larmes coulent, je sèche les siennes avec mes doigts et embrasse son front, son nez, ses joues.

C'est le portrait de ma mère. Mon Dim est là, je ne l'ai pas perdu. Je n'y crois toujours pas, je ne veux pas le lâcher, je m'accroche à son petit corps. Tout à coup, il se raidit, je l'enlace plus fort pour le protéger et le rassurer quand j'entends applaudir.

— Comme c'est touchant les retrouvailles !

Je me retourne, me relève et place Dimitri derrière moi.

— Espèce de... !

Je me retiens, pour ne pas dire de grossièreté devant mon petit frère mais surtout pour qu'il n'assiste pas à une énième dérouillée. Entre les dents, je siffle :

— Tu m'as menti !

— Vraiment ?

Son air railleur me donne envie de lui sauter dessus. Je le déteste tellement. Ce qu'il a fait est immoral, dégueulasse. Je savais que cet homme n'avait aucun cœur mais jamais je ne l'aurai penser capable d'une telle chose. Me faire croire qu'ils étaient morts ! Minute, serait‑ce possible que...?

— Maman est toujours en vie ?

— Ah non désolé de te décevoir mais cette chienne est bien six pieds sous terre !

— Comment tu peux parler d'elle comme ça devant Dimitri !

— Il sait très bien à quoi s'en tenir ! N'est‑ce pas fils ?

DARK ANGELS - TOME 1Des histoires addictives. Découvrez maintenant