Balade nocturne

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Une journée bien éprouvante pour certains. Mathéo avait beau aller mieux que ce matin, le stress ne descendait pas, il craignait une nouvelle crise à tout moment. Il était toujours en "état d'alerte".

La douche froide qu'il avait prit en rentrant a la villa l'avait calmé. Il était maintenant assit au bar de la grande cuisine pour observer Taisuke et Siona s'occuper du repas. C'est vrai qu'il était déjà 18h passé et que Samaël devait se reposer pour demain.

- Comment tu te sens ? demande Taisuke après avoir posé une tasse devant le roux.

- Ça va, enfin, j'imagine. C'est quoi ?

- Du thé, ça pourrait peut-être t'aider.

Mathéo sourit à l'aîné avant de commencer à boire. Lorsqu'il s'était glissé sous la douche plus tôt, il avait entendu Taisuke crier dans toute la villa après Samaël pour ce qu'il avait fait.

Bien évidemment Samaël s'était presque agenouillé devant le roux pour lui demander pardon. Une scène qui lui avait donné une certaine satisfaction. Taisuke avait l'air assez effrayant comme ça.

- Tu as l'air exténué mon pauvre, fit Siona en le sortant de sa transe.

- Oui, mais je n'ai pas sommeil, mon corps est encore... secoué, avoue-t-il.

- J'ignorais que tu avais besoin de la chaleur d'un corps pour te calmer, s'étonne la jeune femme étalée sur le comptoir du bar.

Mathéo joua avec ses doigts. C'était plus ou moins ça.

- Disons que les crises d'angoisses sont propres à chacun. Mon père était toujours présent lorsque ça arrivait, l'une de mes enseignantes avait essayé une fois, mais ça ne m'a pas calmé du tout.

Il laissa un temps de pause.

- À vrai dire, je n'avais jamais prit quelqu'un d'autre jusqu'à aujourd'hui.

- Pas même ta sœur ? s'étonne Taisuke.

Il secoua négativement la tête, de quoi susciter l'étonnement du duo face à lui.

- Samaël a des super-pouvoirs, taquine Siona dans son rire cristallin.

- Tout ce que je sais, c'est que tu lui as laissé de sales marques sur le dos, rit Taisuke à l'attention du roux.

- Quoi ?! s'empourpre-t-il.

Comment c'était possible ? Il l'avait serré aussi fort ? Non quand même pas, si ? Il fixa sa tasse en se triturant les méninges. La douleur devait être présente.

- Tu l'as tenu si fort qu'il a fini avec des marques rouges, se moque l'aîné en repensant à la tête qu'avait faite son frère devant la glace.

- Je suis vraiment désolé, marmonne-t-il rouge de honte.

Il aurait aimé s'enterrer, et le plus vite possible.

- Inutile de s'excuser, ça partira vite, interrompt Samaël qui sortait de la salle de bain à l'étage.

L'homme se tenait plus droit qu'avant. Aurait-il écouté Mathéo ? Cette réflexion fit sourire le roux.

Samaël se ventila avec le large débardeur qu'il avait alors qu'il remontait son short juste au-dessus de ses genoux. Il manqua néanmoins de faire tomber la serviette qu'il avait laissé pendre sur sa tête.

- Je t'ai déjà dit de ne pas laisser tes cheveux mouillés, gronde le grand frère.

- Flippe pas comme ça, ils sont presque secs de toute façon, soupire le jeune homme en se posant à côté de Mathéo.

- Tiens, propose Siona à Samaël. Ça te réchauffera, tend-elle la tasse de thé.

Il la remercia avant de commencer à boire.

- Désolé... pour ton dos, marmonne Mathéo peu fier d'avoir laissé des marques même à travers un vêtement.

- C'est bon je t'ai dis, en plus c'est ma faute.

Le roux acquiesça doucement avant de s'interroger sur l'absence de sa sœur.

- Félix l'a accompagné sur la plage. Elle voulait prendre l'air, devance Taisuke.

- Aha ! J'en étais sûr, elle lui a tapé dans l'œil c'est obligé ! s'exclame Samaël de vive voix.

- Oui ben tu as intérêt à les laisser tranquille, avertit Siona. Mathéo, tu ne veux vraiment pas aller te reposer ?

- Ça ira, je te remercie.

Inutile de les inquiéter pour rien. Il commençait à se calmer, c'était le principal. Samaël le guetta d'un œil en finissant sa tasse, il n'avait vraiment pas l'air dans son assiette.

Les évènements de la journée avaient vraiment saisit la jeune Aéris. Félix avait préféré rester près d'elle, il faisait presque nuit, et même si lui aussi avait peur, au moins, ils seraient deux à flipper. Même si la jeune femme ne semblait pas apeurée le moins du monde.

Le soleil touchait déjà l'eau et le vent se faisait de plus en plus frais, mais la rousse aimait ça. Dans sa grande robe blanche et légère, et son chapeau de paille, elle s'amusait à longer la plage en gardant ses pieds dans l'eau.

Les va et viens de la mer lui rappelaient la mélodie que sa mère lui chantait souvent lorsqu'ils étaient à la plage quand elle était plus jeune.

Sa chevelure portée par le vent, elle aperçut les premiers rayons de Lune.

- On devrait rentrer maintenant, tu ne penses pas ? propose Félix qui avait préféré rester sur le sable sec.

- Mmh, tu as raison, dit-elle en voyant l'eau monter sur ses chevilles.

- Tu aimes la mer ?

- Je l'adore, confie-t-elle fixée sur l'horizon.

- À ce point ?

- Elle me rappelle mon enfance, sourit-elle. Mes parents adoraient aller à la mer le soir. Ils disaient qu'elle avait un autre visage.

- Quel genre de visage ?

- La journée la mer joue, hurle et accueille chaque petite vie qui grouille. Le soir, elle les endort, elle chante les louanges de ceux partis trop tôt. Son visage est doux, apaisant, et romantique aussi.

- Romantique ? s'amuse le châtain.

- Mon père a fait sa demande en mariage à ma mère un soir de pleine Lune sur une plage comme celle-ci, affirme-t-elle paisiblement en pivotant vers Félix. Mon frère et moi on était là, ils brillaient tellement, songea-t-elle.

Son sourire s'agrandit alors qu'elle referma ses bras dans son dos. Ce souvenir lui était cher.

Félix s'arrêta. Il contempla le visage de la rousse. Ses taches de rousseur, sa peau claire qui brillait sous la Lune, le reflet sur l'eau qui accentuait le bleu azur de ses yeux. Son sourire.

Comment une femme pouvait-elle être si belle ? Par quel moyen ? C'était envoûtant.

- Ton père..., c'était quelqu'un de drôlement romantique alors, il devait vous adorer, change-t-il de sujet.

- Oui. Il ferait tout pour nous.

- Je le comprends, sourit-il.

- Au fait..., merci pour aujourd'hui.

Félix plissa les yeux. Des remerciements ? Pour quoi cette fois ? La rousse remarqua sa confusion.

- Tu sais... par rapport à Mathéo ce matin. Quand j'ai crié après Samaël, je me suis emportée... merci de m'avoir calmé.

- Je le referai autant de fois que nécessaire.

Le sourire qu'il afficha rassura Aéris, son frère s'était entouré de drôles de personnes. Gentilles, respectueuses, amusantes, parfois casse pieds, mais ça mettait de l'ambiance. Finalement le vent commençait à tourner, son frère commençait à s'en sortir.

- Tu es une bonne personne Félix. Je suis contente de t'avoir rencontré.

- Moi aussi.

EnotiaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant