Chapitre 13

46 4 9
                                        

Un couteau dans la main, je m'avance silencieusement dans la maison. Il n'y a pas un bruit, aucune présence, rien.

— Lyzzie ? Papa ? Maman ? Est-ce qu'il y a quelqu'un ici ?

Personne ne me répond et je fronce les sourcils en continuant mon excursion de la maison. C'est là que mon esprit s'attache à un détail assez perturbant. Je n'avais pas pris le temps de réfléchir avant mais... Pourquoi est-ce que je tiens un couteau dans la main ?

Un couteau plein de sang, surtout ?

Je me précipite vers la cuisine, voulant m'en débarrasser. Je ne comprends pas les raisons qui m'ont poussées à la saisir mais je veux maintenant oublier cette lame rougeâtre. C'est bien évidemment sans compter les trois corps alignés au sol.

Jetant le couteau à mes pieds, je m'élance vers ma petite sœur pour la prendre dans mes bras. Son sang vient tacher mes vêtements, mon visage, mes cheveux.

Tout.

J'en ai partout, s'en est traumatisant.

Pourtant, je ne peux me résoudre à la lâcher, sachant parfaitement que c'est la dernière fois que je la tiendrai contre moi, dans mes bras.

Des larmes coulent sur mes joues, se perdant ensuite dans les cheveux blonds de ma sœur. J'entends de petits couinements se répandre dans la pièce, je crois qu'ils proviennent de moi mais je n'en suis pas certaine. J'ai l'impression de ne plus être là, ou plutôt de regarder la scène d'ailleurs, de plus haut.

Tout ce qui m'entoure a l'aspect du coton, je n'entends que des bruits flous, plus rien n'est clair dans ma tête.

J'ouvre les yeux, surprise de voir le soleil percer entre les rideaux. Est-il déjà si tard ? Je n'arrive pas vraiment à savoir mais, puisque mon réveil n'a pas encore sonné, je ne crois pas avoir dormi tant que cela.

Heureusement, puisqu'aujourd'hui est mon premier jour de travail au côté du Président. Je dois être absolument parfaite.

Donc les cernes et la mauvaise humeur ne font pas partis de mon programme.

C'est ce que je m'étais dit hier soir, avant de m'enfiler plusieurs verres, un lexomil et d'appeler Chris afin de le rejoindre chez lui. Après tout, quoi de mieux que ce combo pour me détendre ?

Une main glisse contre mon ventre afin de caresser ma peau nue et je souris en entendant un gémissement incroyablement sexy s'échapper de la bouche de mon coach.

Une barbe naissante recouvre son visage, ses cheveux bruns sont ébouriffés et son regard fauve est posé sur moi. Je lui souris et pose ma main contre la sienne. C'est drôle, je ne pensais plus me mettre dans cette situation. Ce matin, je ne regrette absolument pas d'avoir retenté l'expérience.

Je me mordille la lèvre inférieure et murmure un « salut toi » totalement ridicule. Il me sourit et dépose un baiser sur mes lèvres avant de m'attirer à lui pour que je me blottisse contre son torse. Sa respiration est calme mais, lorsque je pose mon oreille à l'emplacement de son cœur, j'entends de nombreux battements irréguliers. Tiens...

Je lui fais plus d'effet que je ne le pensais au départ. Ce qui n'était pas prévu dans le contrat. 

Ses mains entourent ma taille alors que je lui tourne le dos pour reposer ma tête sur l'oreiller. Ainsi enlacés, mes fesses reposent contre son sexe dur. J'adore le matin, rien que pour cela. Bien sûr, ce serait encore mieux si je pouvais en profiter sans limite de temps. Malheureusement, le devoir m'appelle.

Mémoire PerdueOù les histoires vivent. Découvrez maintenant