— Tu vas voir, me dit Lyana une fois le cours lancé, tu vas être entre de bonnes mains. Chris va t'aider, c'est certain.
Il faut que je me morde l'intérieur de la joue pour éviter de répliquer. Je me vois mal confirmer à ma meilleure amie que, oui, c'en sont de très bonnes. Mon escapade nocturne a été passée sous silence, je ne me vois pas lui en parler maintenant. Connaissant Lyana, elle serait vexée que je ne lui ai rien raconté.
Je hoche donc simplement la tête, en espérant que mon visage ne me trahisse pas. Je me répète en boucle la même chose : je n'ai rien à me reprocher. Comment aurais-je pu savoir que le mec avec qui j'allais coucher deviendrait par la suite mon coach sportif ?
En soit, ce n'est d'ailleurs pas un problème. La seule chose que je regrette est de lui faire de nouveau face. J'aime garder une séparation entre mon quotidien et ma vie sexuelle. Surtout après le désert qu'elle a été. J'aurais aimé ne pas avoir à le revoir, voilà tout.
— On se regroupe ! Plus vite que ça !
Tiens. Lui aussi était plus aimable après avoir bu. Un sourire nait sur mes lèvres à cette pensée. Il peut me faire autant de remarques qu'il veut, je ne me démonterai pas. Chris a tout autant consommé que moi ce soir-là, du moins je crois. Et je ne suis pas la seule à avoir été perturbée par la rencontre fortuite du jour.
Il n'y a qu'à voir comme il se braque quand mon regard tombe sur lui. Pourtant, il avait l'air bien parti pour remettre ça dans les vestiaires...
Peut-être a-t-il été dérangé par mon rejet ? Après tout, il a l'air de croire que je suis à lui. Rien qu'à la façon qu'il a eu de poser ses mains sur moi, un peu plus tôt, je sais qu'il pensait ainsi. Lui montrer qu'il avait tort a été jouissif mais je sens que je vais maintenant le regretter.
Son sourire a disparu et il dévisage chaque élève avec la tête d'un chien enragé.
Bras croisés, air détaché, il passe de l'un à l'autre sans parler, jusqu'à tomber sur moi. Puis, il commence :
— Par groupe de deux. On commence avec un échauffement. Vous savez faire. Quand vous le sentirez, vous commencez les attaques. Les nombres pairs, vous commencerez. Les impairs, vous vous défendez. Daryl sera avec vous.
Autour de moi, tout le monde se met en mouvement. Lyana a été alpagué par un homme trois fois plus lourd qu'elle mais elle ne semble pas embêtée. Vu comme elle rit et le provoque, je suppose qu'elle le connaît. Et qu'elle ne le lâchera pas pour venir avec moi.
Super...
Plantée au milieu de la salle, je reste bras ballants, à me demander ce qu'il va m'arriver.
Chris, apparemment.
Il se poste devant moi, sa posture d'entraîneur toujours bien en place, malgré l'étincelle au fond de son regard. C'est évident qu'il y a quelque chose entre nous. Nous sommes tout simplement trop entêtés pour l'admettre à l'autre et préférons nous provoquer. C'est d'ailleurs ce qu'il fait, d'un mouvement de menton.
— Je veux voir ce que tu sais faire. On va commencer par un petit échauffement. Tu vas courir 3 kilomètres. Puis on évaluera ton niveau en self-défense.
— Attends une seconde. Pourquoi courir ? Les autres restent ici. Pourquoi on ne fait pas comme eux ?
— C'est moi l'instructeur, non ? Donc je décide ce que l'on fait. Tes petits camarades ont déjà un niveau avancé. Tu es la seule nouvelle et je t'ai simplement acceptée parce que Lyana me l'a demandé. J'aime lui rendre service donc j'ai dit oui. Je fais une exception pour toi, Syntara.
— Ou pour Lyana. Tu veux coucher avec elle, c'est ça ?
Il lève les yeux au ciel, comme si je venais de sortir une connerie plus grosse que moi, puis montre la porte du doigt. Ses biceps sont tellement contractés qu'ils semblent prêts à exploser. Un peu comme lui, vu le ton qu'il emploie pour grogner :
— On y va. Tout de suite, Syntara. Et si ça te pose un problème, tu peux rentrer chez toi.
Sa voix est sans appel et je comprends bien vite que je ne vais pas pouvoir discuter avec lui pour échapper à cette torture, ni même réduire la distance.
Pourtant, c'est bien ce qu'il nous faudra vu le torrent qu'il y a dehors. La bruine de tout à l'heure a été bien vite oubliée...
Je pose un regard suppliant vers Chris mais ce dernier s'élance déjà sous la pluie battante.
— Youpi ! murmuré-je avant de le suivre à contre cœur.
Mes chaussures glissent dans la boue et je manque plusieurs fois de tomber dès les premiers mètres. Chris, devant moi, court aisément malgré la pluie chaude. J'accélère pour le rattraper, tout en espérant qu'un miracle se produise pour que nous arrêtions de courir.
Je n'ai jamais aimé courir mais alors courir sous le déluge... Très peu pour moi !
Au bout de trois petites minutes, je n'en peux déjà plus. Mon corps semble prêt à arrêter de fonctionner tellement je souffre mais, sans que je sache comment, j'arrive à avancer.
Chris a totalement disparu, ce qui me donne l'occasion de ralentir. Cela ne m'aide pas beaucoup plus mais, au moins, j'arrive à respirer à peu près correctement. Dans ma tête, je me répète toutes les phrases motivantes que mon père me sortait plus jeune.
Je ne sais pas si cela m'aide ou si, au contraire, je me focalise sur une douleur psychique plutôt que physique. Dans tous les cas, j'oublie bientôt mon corps affaibli, pour ne plus qu'écouter ses conseils.
« Ralentis, il ne faut jamais courir trop vite au début car cela permet une meilleure irrigation des muscles et ils bénéficieront donc d'une plus grande quantité d'oxygène. » ; « Ne pars jamais perdante, Synt'. Tu peux y arriver sans problème, il suffit que tu trouves ton rythme » ; « Allez, tu peux y arriver. »
Je ne m'en suis pas aperçue mais être accompagnée de mon père m'a fait accélérer. Je dérape dans la boue, peu concentrée. Heureusement, j'arrive à peu près à rester debout. Je maintiens un rythme de croisière raisonnable pour éviter de m'épuiser, me répétant sans cesse que je peux y arriver.
Cette pensée tient jusqu'à ce que Chris arrive à mes côtés. Il a une foulée bien plus rapide et régulière que la mienne mais trouve tout de même le moyen d'approuver de la tête ce que je fais. Il va jusqu'à ralentir pour se mettre à mon rythme.
— On en est à combien là ? dis-je d'une voix sifflante. 2 peut-être 2 kilomètres et demi ?
Il se retient de rire. Pourquoi ? Je n'en sais rien, mais je me sens clairement vexée par sa réaction. Qu'ai-je dit de si drôle ?
Ce n'est que lorsqu'il me répond que je comprends. Et que je manque de défaillir.
Un kilomètre ?! Mais ce n'est pas possible. J'ai pourtant l'impression d'avoir couru un marathon !
Pour finir plus vite l'exercice, je m'élance sans faire attention aux cris de mon corps. Il me semble que Chris m'appelle pour que je ralentisse mais je n'entends plus rien. Il n'y a plus qu'un bourdonnement assourdissant qui empli ma tête et mes oreilles. Suis-je entourée de mouches, d'abeilles ?
Non. Seulement de mon incompétence.
Main appuyée contre un arbre, je ferme les yeux dans l'espoir de contrôler la douleur.
Le sol est froid sous mes doigts. C'est amusant, je ne me rappelle pas être tombée. Il faut croire que mes jambes se sont dérobées sous mon poids.
Un soupir franchit mes lèvres alors que je perds connaissance.
✨
Je me sens affreuse de lui faire ça 😂
Lundi, retrouve la suite et découvre si Syntara se sort de ce malaise ou pas !
(En vrai, est-ce qu'il y a beaucoup de suspens ? Je ne pense pas vu qu'il reste encore 40 chapitres 😂)
Et si tu veux me retrouver ailleurs qu'ici...
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Mémoire Perdue
Romance3 chapitres par semaine 🤩 Spicy 🌶️ Intrigues politiques🕵️ Désir de vengeance 😈 Reconstruction ♥️ Syntara mène une vie équilibrée entre ses études exigeantes et sa vie familiale. Cependant, tout bascule lorsque sa famille est brutalement assassin...
