Chapitre 23

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Je l'ai remise à sa place. Je lui ai montré que je n'étais pas celui qu'elle décrivait. Je l'aime, évidemment, mais il ne faut pas confondre cela avec de la faiblesse. Pour avoir enduré ce que je lui ai dit, la manière dont je l'ai poussé à bout, je commence de plus en plus à croire en ses sentiments réciproques. Et la semaine qui suit est tout autant significative à mes yeux.

Nous sommes en vacances dans une semaine, je dois me rendre chez mes parents le premier week-end, et j'ai proposé à Ava de m'accompagner. Elle a dit oui, alors que je n'y croyais guère. Mes parents, au téléphone, étaient ravis de savoir que je leur présenterai enfin une fille. Ils auront un aperçu de la fille qui fait battre mon cœur lors du match de vendredi, où Ava me fera également l'honneur d'être présente pour me soutenir. Oui, tout semble parfait. Mais un arrière goût étrange reste sur ma langue, car après cette semaine ensemble, et ce week-end en "amoureux" je ne la verrai plus. Et même si elle me promet plusieurs fois que ce temps passera vite et qu'à son retour, tout ne sera que mieux, je n'arrive pas à m'en convaincre.

La dernière semaine de cours avant les vacances est tout simplement parfaite. Je n'aurais jamais cru dire ça, mais Ava rend les cours plus intéressant. Elle se rend au même cours que moi, nous dormons quasiment tous les soirs ensemble, je l'accompagne à ses cours de photographie et je pose pour elle, un peu à contre cœur. Mais elle est tellement belle lorsqu'elle se trouve dans son élément. Elle est paisible, sûre d'elle et confiante. Nous arrivons à passer au-dessus de tout ce qu'elle a pu me raconter sur son passé. J'y pense quelque fois, mais le bonheur qu'elle m'apporte suffit à ma rassurer. Comment en sommes nous arrivés à une telle séreinité, je n'en suis moi-même pas sur, mais le fait de nous être libérés de nos pensées les plus mauvaises nous a sûrement fait passer un cap. Nous savons enfin qui nous avons en face de l'autre, car si je m'étais fourvoyé sur sa personnalité, je n'étais pas le seul. Et je me rend compte à mon attitude, à ma façon d'être et même de parler, que je suis différent. Est-ce-que c'est l'amour, ou le fait d'être amoureux de cette fille ? Est-ce-que le nuage sur lequel je flotte n'est que pur illusion ? Je n'en sais rien, je me contente de profiter de ce bonheur même fragile.

Elle m'a offert une semaine merveilleuse, teintée d'érotisme et de moments pourtant simples. Elle m'a fait grandir et avancer en seulement quelques jours. Nous avons discuté durant des heures, nous nous sommes rendus à des forums pour m'aider à trouver ma voix, j'ai d'ailleurs plusieurs idées à pousser grâce à elle. Durant son absence, je me concentrerai pleinement sur ça, mon avenir, pour lui prouver que tout ce temps ne m'a pas servis à rien. Je ris souvent de moi en réalisant mes pensées, je me trouve un peu idiot, pour ne pas dire totalement con, mais il n'y a rien de mauvais dans tout ça. Mes propres potes n'en reviennent pas de mon évolution.

Le jeudi après-midi, je me rend à mon dernier entraînement avant le match de demain. Ava m'y accompagne, et en la voyant assise au loin avec son appareil, je songe au fait que la fille solitaire à bien changé aussi. Mais je garde pour moi mes commentaires. Même si j'ose lui dire davantage de choses sans prendre de pincettes, je ne suis toujours pas confiant quant à ses réactions. Elle est comme un verre ébréché qui pourrait se briser à tous moments dans mes mains. Tout, absolument tout dans son aspect et sa manière d'être représente parfaitement cette image. L'image d'une fille qui est forte, mais qui cache derrière cette apparence des faiblesses inavouées. Son regard vide, sa façon de sourire pour cacher d'autres émotions, son corps fragile, son teint pâle, ses longs doigts tenant délicatement son appareil. Et pourtant il émane d'elle une chaleur et une sensualité inégalée, qui effacent tout le reste autour d'elle.

- Je reconnais que ta copine est canon mais ce serait peut-être bien de te concentrer sur le ballon, non ?

Mon ami Jack me lance sa réplique en souriant et je réalise que j'étais perdu dans mes pensées. Ou plutôt dans ma vision d'Ava. Elle reprend une photo et je décide d'écouter mon ami. Je tente d'oublier sa présence tant bien que mal et je finis l'entraînement plus concentré. Je fais signe à Ava que je vais me doucher et elle hoche la tête en regardant à nouveau son appareil.

Lorsque je sors des vestiaires, elle est toujours là à m'attendre. Le soleil fait briller sa chevelure cuivrée et rosir ses joues. Ma poupée de porcelaine. Ses lèvres sont un appel à la décadence et son corps rendrait fou le plus saint des hommes.

- Tu voudrais peut-être passer une soirée avec tes amis avant les vacances, non ?

- Je les verrais pour la plupart pendant les vacances quand je reviendrai du week-end de chez mes parents, ils ne partent pas non plus. Et pour les autres je les verrais à mon retour. Toi, je ne sais pas quand je te reverrai...

Lorsque je lâche cette dernière phrase je nous plombe le moral à tous les deux.

- Ne me le rappelle pas...

- Désolé, je n'aurais pas du dire ça.

- Non. C'est la vérité après tout.

Je l'approche prêt de moi en la tirant par la taille et je dépose un baiser chaste sur ses lèvres. Nous rentrons en marchant lentement, main dans la main. J'aimerais que cette journée ne se termine jamais.

Nous mangeons tous ensemble, avec mes amis et Ava en discutant. Lorsque la question du programme des vacances est posée à Ava, elle parle brièvement de son stage. Et l'enthousiasme de mes amis et les questions qui en suivent la mette mal à l'aise. Comme à moi, elle ne dit rien de très concret. J'avais tenté de connaître la ville, de savoir s'ils en parlaient sur internet, mais je n'en savais pas plus. Je n'avais rien pu en tirer. Et sans vouloir me l'avouer jusqu'à maintenant, ça me perturbais beaucoup, du fait de son départ imminent. Elle m'a dit que c'était à quelques heures d'ici, qu'une voiture venait la chercher, mais je n'en sais pas plus. Elle m'a promis qu'elle tenterai de m'appeler si elle le pouvait, et j'ai du me contenter de ça.

Nous remontons dans la chambre et je tente de lui parler d'autre chose. Elle discute calmement avec moi, elle prend sa douche et s'allonge silencieusement. Elle me semble aller mieux, jusqu'à ce que je me réveille en pleine nuit en l'entendant gémir. Lorsque je prononce son nom, elle ne fait plus de bruit. Elle est dos à moi alors que je suis collé à son corps, en cuillère. Je ne la vois pas dans la pénombre, mais je glisse une main sur son visage en tâtonnant doucement jusqu'à sentir ses joues humides.

- Ava...

Sa main est plaquée sur ses lèvres comme si elle voulait s'empêcher de faire du bruit et je la force à se retourner.

- Eh... Ava, dis-moi ce qui ne va pas.

Elle refuse de parler. Entre ses larmes, elle m'implore de la serrer dans mes bras et je me contente de le faire, patientant jusqu'au lendemain en la laissant se calmer contre moi. Elle cale sa tête dans mon cou et ses larmes coulent à nouveau sans retenue.

Sur ses lèvresDes histoires addictives. Découvrez maintenant