Un été entre amis -45-

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Arnaud

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Ce matin, je me suis réveillé dans mon lit. Enfin mon lit est un grand mot, mais dans le lit que j'avais depuis le début des vacances. Il avait l'odeur de Benjamin, malgré cela, j'étais de retour dans mon espace. Et tout ça parce qu'hier, Vinza m'a embrassé. Et pas qu'une fois. Merde alors. J'ai été prendre ma douche tôt, il n'était pas encore levé. Tant mieux. Je ne savais pas trop comment réagir en me retrouvant face à lui. Si bien qu'une fois prêt, j'ai été toquer chez Naïs. J'étais content qu'ils soient tous les deux levés. Du coup, je leur ai proposé de venir prendre le petit déjeuner chez-nous. Ma meilleure amie a bien compris que je ne souhaitais pas me retrouver seul avec Vinza. Ni une ni deux, on s'est installé de l'autre côté. Benjamin a prévenu les filles de nous rejoindre et on a commencé à prendre notre repas. Quand Vinza est entré dans la pièce, j'ai vu qu'il était déçu de ne pas se trouver en tête à tête avec moi. Sauf que moi, j'étais soulagé. Les baisers que nous avons échangés ne cessent de revenir en flashback et j'ai dû mal à me dire que c'est vrai.

Le petit déjeuner se passe dans la bonne humeur. J'ai l'impression d'avoir retrouvé ce qui nous avait manqué ces derniers jours.

Quand le programme a été établi et que nous sommes répartis entre les deux voitures, là encore, j'ai vu que Vinza avait espéré que je monte avec lui. Mais Naïs trépignait de tout savoir et je n'allais pas pouvoir la laisser dans le secret encore longtemps. Tout juste la porte se fermait, qu'elle m'accaparait pour une série de question à laquelle je répondis calmement.

— J'y crois pas qu'il t'a embrassé. En vous mettant dans la même voiture, j'espérais que tu aurais une réponse, même plusieurs, mais pas qu'il irait jusque-là.

Moi non plus. Après l'avoir laissé réfléchir au restaurant, je n'avais jamais imaginé qu'il se lancerait du « je ne veux pas te perdre » aux baisers langoureux.

— J'ai peur que ce ne soit qu'un dérapage de sa part.

— Un dérapage ?

Naïs se tourne pour me regarder en fronçant les sourcils.

— Oui. Je lui ai dit que je l'aimais. Mais il a peut-être tellement peur de me perdre en tant qu'ami, qu'il abonde dans mon sens. Et que si tout se stabilise, il redevienne comme avant. Vinza ne m'aime pas d'amour.

— Arnaud, il t'a embrassé. Ce n'est pas rien.

— Mais pour lui si. C'est facile. Il a déjà embrassé tellement de monde. Je ne veux pas retomber dans notre cercle infernal. Je veux qu'il m'aime comme je l'aime. Sinon, ça ne sert à rien de relancer la machine pour que ça se termine pareil.

— Arnaud, je...

Naïs n'a pas le temps de continuer, c'est Benjamin qui se lance en la coupant.

— Je vais finir par prendre le parti de Carmen et Saundra tu sais. Vous me casser la tête toutes les deux.

— Benjamin ! s'offusque Naïs, mais son fiancé reste concentré sur la route.

— Non. On va arrêter de leur donner la main à tous les deux. Je vais finir par croire que tu es aussi aveugle que Vinza. Il t'aime. Il n'arrive juste pas à mettre un mot sur ses sentiments. Va falloir arrêter ce jeu du chat et de la souris. C'est fatiguant pour tout le monde. Vinza a fait le con, ok. Mais, tu ne peux pas lui en vouloir de ne pas avoir compris tes sentiments alors que tu ne lui as jamais rien dit. Comme il va falloir arrêter d'avancer à contre-sens tous les deux. Vinza a appris beaucoup sur lui-même ses derniers jours. Et je crois qu'il a compris certaines choses et qu'il tente de finir le trie. Arnaud, il ne t'aurait pas embrassé pour rien.

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