Un été entre amis -36-

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Vinza

**

Benjamin m'a obligé à sortir. Je ne sais pas ce qui m'a pris d'accepter de marcher sous la pluie, mais il ne m'a pas laissé le choix. On a pris la voiture jusqu'au parking du centre-ville et après quelques tours, nous avons trouvé une place.

— Ce n'était pas plus simple d'aller au centre commercial ?

Benjamin soupire avant de me donner un coup dans l'épaule.

— Hors de question. J'ai envie de frais.

Il attrape les deux sacs de courses qu'on a mis à l'arrière et on se met en route pour les Halles. On croise quelques vacanciers aigris par le mauvais temps qui nous bousculent pour se mettre à l'abri mais Benjamin ne s'en formalise pas, alors je fais comme lui. Ce n'est pas parce que je m'en veux d'être un con que je dois agresser la première personne désagréable qui passe à ma portée. Du coup, je me contente de grommeler, ce qui fait sourire Benjamin.

Nous arrivons au marché couvert et nous entrons à l'intérieur avec plaisir. Enfin au sec. Il y a du monde, même si les allées sont plutôt grandes et aérées, on sent que les locaux sont de sortis.

L'odeur de poisson nous attaque par surprise et Benjamin me fait signe de le suivre vers l'étalage.

— Qu'est-ce qu'on pourrait bien leur faire à dîner ?

— Leur ?

— Je ne m'amuse pas à traverser la ville avec un tel temps pour nous faire à manger seulement. Ce soir, nous cuisinons pour tout le monde.

Je me renfrogne.

— Tout le monde ?

— Oui.

Benjamin me regarde droit dans les yeux avant de retourner à l'étalage. Il dérive vers le suivant pour observer les fruits et légumes divers rassemblés dans les bacs.

On va manger tous ensemble ce soir ? Arnaud sera là ? Non. Il ne viendra pas. Il est en colère contre moi et je le comprends. Je suis con.

— Poissons ou viande ?

Je sursaute et remarque que nous sommes devant un stand de charcuterie.

— Je ne sais pas.

— Il va falloir m'aider, parce que je ne vais pas cuisiner tout seul.

— Je...

Benjamin soupire et se tourne vers moi, passant une main dans ses cheveux, las.

— Ecoute Vinza. Oui, tu as fait une connerie. Oui, Arnaud t'en veut. Oui, c'est la vie. Mais non, nous n'allons pas vivre séparément. Donc, nous avons décidé, avec les filles, que ce soir, nous mangerions tous ensemble. Que tu le veuilles ou non. Qu'Arnaud le veuille ou non.

— Mais...

— Tu m'as écouté ?

Je hoche la tête. Je n'ai jamais vu Benjamin avec une telle exaspération au fond des yeux.

— Donc je disais, viande ou poisson ?

— Viande, ça fait longtemps.

— Parfait.

Quelques minutes plus tard, nous sommes toujours en train d'errer dans les allées, notant les stands, les prix, les morceaux qui nous intéressent. Benjamin a envie de faire poêler des légumes du soleil et de faire une sauce à la tomate et aux aromates. Il ne manque plus que la viande à choisir. Côte de bœuf, épaule, côtelettes ? On ne sait pas encore.

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