Comme prévu, Laurie et moi nous rendons à la cafétéria ensemble. Nous nous entendons très bien et parlons beaucoup du livre. Aussi, elle me confie qu'elle a trois petites sœurs de 14, 9 et 7 ans. Elle les aime beaucoup et a une très bonne relation avec ses parents, mariés depuis plus de 20 ans. Sa mère est avocate et son père, dentiste. Elle m'explique qu'elle pratique de la danse et qu'elle fait du théâtre. Je l'admire pour cela car je sais que, moi je ne serais jamais capable de m'exprimer correctement devant tout une foule de personnes.
Pour ma part, je lui raconte que je suis fille unique, que je vis avec ma mère et que mes parents sont séparés depuis mes 10 ans. Je ne rentre pas dans les détails.
Alors que nous mangeons note dessert, je lui demande :
- Toi aussi, tu es nouvelle ici ?
- Non pas du tout, je suis là depuis l'année dernière, mais je n'ai jamais vraiment eu des amis. Je préfère rester seule et m'évader dans mes bouquins. Je trouve qu'un livre est de meilleure compagnie que les filles ou les garçons de cette école.
Je me sens mal d'un coup. Elle remarque mon embarras et me rassure :
- ne t'inquiète pas. Je suis très contente d'avoir rencontré une fille comme toi, qui ne ressemble pas à toutes les autres...
- Comment ça ? Lui demandais-je curieuse.
- Eh bien le seul sujet de discussion des filles est : les garçons. Les garçons par ci, les garçons pas là. Je n'en peux plus, je te jure. Elle n'ont que ce mot à la bouche. Ou alors, elles se disputent, et pour un rien en plus. alors, tu imagines bien que moi, je ne suis pas du genre à me prendre la tête . Je préfère lire mes livres et ça me va tres bien.
J'éclate de rire. Elle a tellement raison. Dans mon ancien lycée, c'était pareil. J'avais très peu d'amis, je lisais dans mon coin et on ne m'embêtait pas.
- je suis d'accord avec toi. Elles sont accros aux garçons. Ce sont vraiment le centre du monde pour elles alors que il y a bien plus important. Mais tu sais, mon voisin, il est populaire c'est ça ?
Elle me regarde bizarrement mais finit par me répondre :
- oui, ce mec est considéré comme le plus beau du lycée, voire de la ville pour certaines. Meme les filles de terminale veulent sortir avec lui. Il est respecté par tout le monde, même pas les garçons. Si tu t'en prends à lui, t'es morte. Je me rappelle que l'année dernière, un mec lui a demandé pourquoi il claquait toujours ses dents entre ses stylos. Il l'a rué de coups, le garçon a dû aller à l'hôpital. Anton a été viré trois jours. Depuis, plus personne n'osent le provoquer. Aussi, tout le monde raconte qu'il a couché avec de nombreuses filles et pas que des premières... Il paraît qu'il a couché avec une prof d'anglais. Ça craint !
Je suis choquée par ce que vient de me révéler ma nouvelle amie. Si j'avais su, j'aurais fait gaffe et n'aurait même pas chercher à le regarder. Je devais m'en douter. Il n'a pas une tête de fils à maman, pas du tout.
- il est en couple en ce moment ?
Je regrette immédiatement ma question. Je ne sais pas ce qui me prend de demander un truc pareil. Surtout que Laurie n'est pas censé être au courant, si ?
Elle rit.
- pourquoi pose-tu une telle question ? Ca t'intéresse ?
Elle plaisante. Je rougis, honteuse.
- euh...non,non...c'est juste que je demandais cela parce que s'il couche avec tout le monde, Ca veut dire qu'il sort avec personne...donc, je voulais savoir. Simple curiosité !
- Non, je ne crois pas. De toute façon, je sais que Anton sort avec personne. Je crois qu'il n'aime personne, d'ailleurs ! Je ne serai pas choqué. Il parle tellement mal aux gens. Tout le monde le respecte, mais ce n'est pas réciproque.
- Qu'est ce que ça veut dire"il n'aime personne" ? Demandais-je, surprise.
- Il le dit à chaque fois qu'une fille a le courage de lui demander de sortir avec lui. Par exemple, à la fin de l'année dernière, une terminale est allée le voir. Elle le lui a demandé, persuadée qu'il allait accepter. Et bien tu sais ce qu'il lui a répondu.
- Non...
- "T'es folle ou quoi ! Je ne sors avec personne, je te baise mais je ne t'aime pas ! Je n'aime personne c'est clair ?"Il l'a hurlé tellement fort que tout le lycée l'a entendu...
Je resté bouche bée face à cette révélation. J'en apprends des choses sur lui, mais rien de bon malheureusement. Je pensais qu'il allait se vanter en sortant avec toutes les filles, mais apparement je me suis trompée.
- Ouais, c'était super violent. La fille est partie en pleurs. Elle était populaire et le lendemain, elle traînait avec des beaufs !
Soudain, une fille de notre classe se place devant notre table accompagnée de trois autres filles. Elle ressemble vraiment à une pétasse, elle porte une mini jupe noire et un débardeur rose fushia ouvert dans le dos. Elle est énormément maquillée et ses cheveux sont teintés. Par contre, elle a un corps parfait et rien que pour ça, je ne l'aime pas.
-ça va la grosse ? Me demande-t-elle.
Ses amies rient à gorge déployée comme s'il s'agissait de la meilleure blague de l'année. Moi, je suis sous le choc. Laurie n'a pas l'air étonné, elle est plutôt très fâchée. Jamais quelqu'un ne m'a attaquée sur mon physique dans mes précédents établissements. J'ai bien eu une ou deux remarques, mais je n'en ai pas tenu compte. Sauf que là, j'ai comme l'impression que ce n'est pas une blague et qu elle ne va pas en rester là !
- écoute moi bien, sale pute complexée, tu es la voisine de mon mec alors je t'interdis de toucher à un seul de ses cheveux sinon tu vas avoir à faire à moi. Il n'a jamais eu de voisine en classe. Il n'en veut pas alors j'espère que tu vas faire gaffe parce que je ne serais pas gentille avec toi. Je suis clair la baleine ?
Je suis tellement ébahie par ces propos que j'ai envie de vomir. Comment peut- on dire autant de vulgarité à quelqu'un qui n'a absolument rien fait ? Je n'ai pas touché à "son mec". Je ne lui ai même pas adressé la parole. D'autant plus que Laurie m'a bien expliqué qu'il ne sortait avec personne. Et cette fille qui sort de je ne sais où, vient me voir et se permet de me parler ainsi ! Elle est complètement tarée et parano. Je devrais peut-être lui conseiller d'aller consulter, ça ne lui ferait pas de mal !
Le garçon en question se pointe derrière elle. Je me sens tellement mal. J'ai peur de vomir sur ses chaussures.
- qu'est ce qu'il se passe ? Demande-t-il.
- Je disais juste à la baleine de me passer son deuxième dessert parce que j'ai peur qu'elle explose après et moi, j'ai encore faim et je peux me le permettre !
Anton explose de rire suivi de près par les quatre filles. Je regarde Laurie. Elle est rouge de colère. Ses points sont très serrés et sa mâchoire, contractée. Elle a vraiment dépassé les bornes cette garce ! Je lui écraserais bien le dessert sur sa figure, là ! Finalement, Laurie crie :
- tu traites mon amie de sale pute mais est ce que tu t'es regardée ce matin dans une glace ? Ma pote est peut-être grosse mais elle n'est pas une salope qui n'attend que de se faire baisée. Alors tes remarques à la con, tu te les enfonce bien là où je pense et tu ferme ta grande geule. Est-ce que moi j'ai été assez claire maintenant, Carla ?
La fille semble déconcertée, mais finit par rire.
- on a pris de l'assurance à ce que je voie Laurie. Putain c'est dingue, j'étais sûre que vous deux, vous alliez devenir amies, deux meufs solitaires et complètement moches. Vous allez tellement bien ensemble. Vous faites pitiés.
Ses amies ricanent derrière elles. Anton affiche un sourire moqueur.
- bon, moi j'y vais. J'espère que tu as bien retenu la leçon, baleine !
- Arête de l'appeler comme ça ! Crie Laurie en tapant le poing sur la table.
Carla éclate de rire. J'en ai marre de son rire, on dirait celui d'une chèvre et encore... c'est trop gentil. J'aimerais bien lui foutre mon poing dans sa jolie petite geule pour la faire taire. Elle déclare :
- je te conseille de te la fermer, toi, tu commence sérieusement à m'énerver. Déjà que madame fat m'a bien chauffé tout à l'heure. Tu ne va pas t'y mettre aussi !
Cette fois, c'est moi qui me jette sur elle. Je la met par terre et lui arrache les cheveux. Elle hurle de douleur. Ça me fait un bien fou ! Je lui donne deux coups de poing dans la figure que je rêvais de lui administrer. Elle me le rend. Je sans un liquide chaud couler de mon nez, je saigne et elle aussi.
Deux mains m'attrapent par les bras et me tire en arrière. Je ne peux rien faire. J'essaie de me débattre, en vain. Carla a été contrôlée par le surveillant. Elle est furieuse et essaie aussi de s'échapper de l'emprise du mec mais il est bien trop fort. Je ne sais pas qui me métrise mais en tout cas, je ne peux pas partir pour donner une bonne leçon à cette conne !
Le directeur arrive en courant et crie :
- Carla, tiphaine, dans mon bureau, immédiatement !
Carla est lâchée la première. Elle suit le directeur, toujours aussi furieuse. Je crois que je le suis encore plus. La personne qui me tenait me lâche. Je suis tellement sur les nerfs que quand je m'aperçois que celui qui me tenait est la raison de tous mes problèmes dans ce nouveau lycée,je le gifle. Le bruit est tellement fort, qu'il résonne dans la cantine. Il n'y a plus un bruit, tout le monde nous observe et semble apprécier le spectacle. Je ne me gêne pas pour le traiter de connard.
Il est si choqué qu'il ne dit rien. J'en profite pour partir en courant. Je ne me rends pas encore compte des conséquences de mes actes. Je sais juste que j'appréhende bien plus la réaction d'Anton que celle du proviseur. Je vais m'en prendre plein la gueule putain de merde !
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Aimer un bad boy
RomanceMoi, c'est Tiphaine, je viens d'entrer dans un nouveau lycée puisque j'ai déménagé. Malheureusement, je ne suis pas comme toutes ses filles de CE lycée : belles, fines, formes parfaites, stylées et j'en passe. Absolument pas ! Je suis grosse, ou ro...
