"Bah alors Sun Hee !"
Cette voix que j'avais cru éteinte à jamais m'avait fait comprendre une fois encore, que le karma n'était pas de mon côté. La tête dans mes bras, posés sur la table et malgré moi, j'avais sursauté.
En relevant le menton, le visage figée dans une expression que je savais détachée, mais fatiguée, j'avais constaté être entourée de deux filles, qui n'étaient même pas dans cette classe.
"Qu'est-ce que tu veux ?" Et dans un souffle imperceptible, j'avais murmuré.
Comme souvent, j'avais eu beau y penser, inlassablement, les mêmes questions me revenaient en tête.
Pourquoi?
Pourquoi perdre son temps à embêter les autres?
Et pourquoi en groupe?
Pourquoi pas seule?
Rester en groupe, mélangés au troupeau et se cacher derrière ce qu'elles aimaient tant appeler 'amitié', je ne le comprenais pas. Tirailler par la peur d'être seule et de devenir à leur tour, la bête de foire, c'était tout ce que j'étais capable de voir, de comprendre à travers leurs mots, leurs gestes.
C'était ce que j'appelais "le manque de confiance en soi".
Et parce qu'elles semblaient préférer se convaincre qu'une foule d'amis valait mieux qu'être seul, je les avais trouvées ridicules.
Pauvrement ridicules.
L'amitié n'était qu'un genre de relation humaine. Quelque chose permettant de se sentir plus fort, ou en sécurité, moins seul.
Pour moi, l'amitié n'était qu'un lien reliant deux êtres humains, une sensation certainement aussi rare que totale, peut-être même inexistante. Quelque chose d'extraordinaire pour des personnes qui refusaient de se confronter au monde réel. Et comme l'amour flétrit après sept ans, l'amitié n'avait rien d'incroyable.
Parce qu'on m'avait déjà dit qu'une relation n'avait jamais eu besoin que d'une phrase, pour voler en éclat. Que d'un geste pour se détruire, puis disparaître. Et lorsque l'amitié apparaissait un jour, pour disparaître ensuite, seul le temps devenait l'ami des solitaires.
Une pauvre illusion.
Non?
"Yah!" Et la voix de cette fille m'avait été douloureuse, une fois de plus.
Les coups dans ma tête s'étaient intensifiés au moment où EunAe s'était approchée de moi, un peu plus près.
J'avais voulu l'étrangler, lui dire de la fermer.
J'avais inspiré, prête à ouvrir la bouche lorsqu'une foule de six élèves était entrée dans la salle de classe. Parmi eux, il avait été impossible de ne pas voir ce garçon aux cheveux verts.
Mon premier réflexe avait été de sourire, déjà prête à me moquer de cette couleur si peu commune. J'avais eu envie d'y déposer des graines pour y faire pousser des fleurs mais mon retour a la réalité m'avait arraché à toutes réflections.
EunAe voulait de l'attention et EunAe n'abandonnerait certainement pas.
Installées au fond de la classe, la fenêtre à ma gauche, j'avais juste voulu finir ma nuit, retrouver un semblant d'énergie, de volonté.
Parce que me réveiller le matin devenait de plus en plus difficile.
Je le savais, parce que mes cernes s'intensifiaient. Mon corps perdait de sa vitalité.
VOUS LISEZ
Je suis là
FanfictionUn regard, et il avait vu son indifférence. Un soupir, et elle avait vu sa lassitude. Et sous un ciel incertain, ils s'étaient battus pour un lendemain. langage cru, violences verbales et physiques. Statut: Terminé [03/05/18 -- 01/10/20]
