#82 Fierté

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J'avais essayé de manger.

Le repas que nous avait préparé la mère de Yoongi aurait été encore meilleur si j'avais eu de l'appétit.

Mais je faisais toujours de la fièvre et manger n'était toujours pas possible pour moi. Si je me forçai, il était clair que je rendrai mon repas l'heure qui suivrait.

Et là, assise sur le siège de bureau de mon camarade, je relisais les leçons qu'il avait prit soin de prendre pour moi.

Je mentirai si je disais que je n'avais pas été touchée par son intention.

Lui qui passait ses heures de cours à pioncer, il avait fait un effort pour recopier ce qu'il y avait au tableau, me surprenant au passage.

Mais j'avais beau essayer de me concentrer, ma tête était ailleurs.

Et ce ailleurs n'était autre que demain.

Oui. J'appréhendai le lendemain. Parce que je devrai dire tout ce que j'avais toujours caché. Parce que j'allais parler de ces trois dernières années à des personnes censées être digne de confiance, mais que je ne connaissais pas.

Et Yoongi serait présent.

Et Yoongi ne savait pas ce que j'avais vécu depuis tout ce temps.

Et j'avais peur que Yoongi n'explose en apprenant tout ça.

J'avais peur qu'il m'en veuille pour ne lui avoir rien dit.

J'avais peur qu'il s'en veuille pour ne pas avoir compris plus tôt.

Parce que c'était tout à fait son genre de s'en vouloir pour ça.

Du mouvement à ma gauche me fit tourner la tête et relever les yeux.

Et à côté de moi, les fesses posées sur le bord du bureau et les bras croisés sur son torse, Yoongi m'observait.

Je ne parvenais pas à percer ce regard. Parce qu'il était un tel mystère pour moi, que lire en lui m'était difficile.

Oui. Min Yoongi était un mystère à lui tout seul.

Et il m'arrivait même de me demander si lui même se comprenait.

- Je te perturbe tant que ça pour que tu te perde dans tes pensées? Il dit en souriant narquoisement.

- Je réfléchissais. Je répondis simplement en tournant la tête vers mes cours.

- Tu réfléchissais? Il regarda droit devant lui, fixant un point invisible. Et tu réfléchissais à quoi?

- A tout.

- Mais encore?

- A moi. A mon père. A toi. A demain.

- Ouh... Il se redressa en s'asseyant complètement sur le bureau. Tu pensais à moi?

- C'est tout ce que t'as retenu? Je lui frappai la cuisse.

- J'ai une audition sélective.

- Bah bonne chance pour survivre. Je dis passivement.

- T'as pas à 'inquiéter. Il redevint soudainement sérieux.

- Je me dis juste que je vais devoir parler de tout ce que j'ai toujours caché.

- Et est ce que c'est mal d'après toi?

- Je ne sais pas. Peut être que ça l'est... Je penchai ma tête en arrière, observant le plafond. Ou peut être que ça ne l'est pas.

Je suis làOù les histoires vivent. Découvrez maintenant