Chapitre 9

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La porte s'ouvre mais nous ne bougeons pas, une douce voix nous annonce que la table est dressée et je remercie Anna sans bouger d'un poil, j'attends que Thomas soit à l'aise, qu'il termine d'exprimer son chagrin dans les bras de celle qu'il a été sans le savoir la chose la plus précieuse pour son frère. S'il savait combien j'ai été aveugle, il me chasserait d'ici.

- Tu vas le revoir, chuchote-t-il contre ma poitrine. Mon cœur se brise, mais je ne peux pas lui mentir. D'autant plus que je dois parler avec Daniel, je veux des réponses.

- Thomas, j'ignore pourquoi tu es aussi remonté contre Daniel, mais il ne vous à pas fait de mal, il est, par je ne sais quelle manière, un ancien ami de Joshua. Il sait des choses sur lui, tellement de chose que c'en est effrayant, parce que cela prouve qu'il dit la vérité : ils se connaissaient.

- Ce n'est pas possible, geint-il pour me forcer à le croire. Tu as raison qu'il sait des choses, il parle comme Joshua aussi et il n'en a pas le droit.

- D'accord, Thomas, ne te mets pas dans cet état veux-tu ? Il ne vous embêtera plus, je vais parler avec lui... j'ai besoin qu'il me dise quel lien il avait avec ton frère, tu comprends ? Et puis... Je le trouve gentil, bizarre, mais gentil, alors je lui donne le bénéfice du doute.

- Ne l'aime pas, s'il te plaît, m'implore-t-il en se reculant, ne l'aime pas avant de savoir, d'accord ?

- D'accord, soufflé-je alors qu'il se lève en me souriant timidement après s'être essuyé le visage.

- Allons manger, tu vas voir, maman cuisine trop bien.

Je me sèche les joues moi aussi avec un mouchoir qu'il me tend, me mouche en jetant un regard sur le cahier de dessin encore ouvert sur le lit de Josh. Mon visage inquiet, rivé droit devant, je le regardais, il me fixait également, mais rarement en même temps. Quel dommage, si seulement... Thomas ouvre la porte et m'invite à le suivre, ce bonhomme est décidément extraordinaire, comme son frère, et si différent. Expressif.

Anna a cuisiné pour dix personnes, il y a de tout, et bon sang, comme ça sent bon, comme c'est délicieux, une véritable chef. J'adorerais savoir faire un tiers de ce qu'elle a préparée. Malheureusement, je mange sans appétit, je ne cesse de penser aux mises-en-gardes de Thomas. Daniel les suit, il est constamment autour d'eux, et d'après lui, ils ne se connaissaient pas vraiment avec Joshua.

C'est impossible.

- Tu n'aimes pas le poisson, Mia ? m'interroge Anna.

- Vous voulez rire ? Ce poisson est délicieux ! La façon dont vous avez préparer la sauce est extra ! répliqué-je avec beaucoup d'enthousiasme, je suis sincère, mais je reste mal à l'aise.

- Tu es gentille, rougit-elle, c'est simple à faire, de l'huile d'olive, du citron, du persil et un peu d'ail, tout ça mis au frigo le temps de la cuisson, et c'est prêt.

- Maman dit que quand nous serions mariés, sa nourriture nous manquera, intervient Thomas et je ris tristement, il a dit « nous ». Lui et Joshua.

- Mais l'amour comblera ton ventre vide, chérit, je te le souhaite en tout cas, parce que je ne serais pas toujours là.

- Si maman avait eu une fille, elle serait grosse !

- Thomas ! gronde Anna. Ce petit n'a aucun filtre, s'énerve-t-elle en levant les yeux au plafond.

- Ca a son petit charme, dis-je en haussant les épaules, au début, ça choque un peu, mais on s'y fait.

- Elle a dit que j'avais du charme, glousse Thomas, n'ayant retenu que ça apparemment.

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