Mardi 17 août
15h40
C'est le jour j. Oui, le fameux jour du rendez-vous. Je stresse beaucoup mais je n'ai pas le choix sinon je dois garder le bébé. Et je ne me vois pas être déjà mère. Puis je sens que je serais une mauvaise mère. Saúl me rejoint dans la voiture et l'a démarre. Il sort de chez lui et s'avance vers le portail de la résidence. Mon ventre se met à gargouiller. En même temps je n'ai pas pu mangé depuis 04 heures. Et comment vous dire que j'ai failli grignoter plus d'une fois. Heureusement que Saúl me surveillait. D'ailleurs, j'ai l'impression qu'il est aussi stressé que moi car, depuis quelques minutes, il n'a pas dit un seul mot. D'un côté, ça me rassure. Je me sens moins seule.
Nous venons d'arriver à la clinique. Saúl se gare sur une place de parking et éteins la voiture. Nous nous détachons. Je m'apprêtais à sortir de la voiture quand je sens qu'on me tire vers l'intérieur m'empêchant de sortir. Je me rassois sur mon siège en refermant la porte par l'occasion. Je tourne la tête vers Saúl. J'allais parler mais il se jette sur ma bouche. Il pose sa main sur ma joue et accentue le baiser. Je m'écarte à bout de souffle et colle nos front.
-« Il va falloir y aller Saúl. »
-« J'ai peur Clara. » m'avoue Saúl au bout d'un moment en me regardant droit dans les yeux.
-« Ne t'inquiète pas ! Ça va bien se passer. C'est le bon choix qu'on a pris. »
-« J'espère qu'on ne va pas se tromper ! »
Je l'embrasse avant de sortir de la voiture en enfilant mes lunettes de soleil. Saúl fait de même avant de me donner la main.
Nous informons la secrétaire que nous sommes arrivés. Elle me donne un gros questionnaire qui doit avoir au moins plus de 10 pages. J'hallucine avant de suivre Saúl dans la salle d'attente.
-« C'est quoi ça ? » me demande-t-il étonnée.
-« Un questionnaire que je dois remplir avant de voir le docteur. »
-« Ils rigolent pas eux sur le nombre de questions eux ! » dit-il en rigolant.
-« Ils abusent quand même ! »
Je commence à répondre aux questions. Je sens que je vais en avoir pour longtemps.
20 minutes plus tard, je viens de répondre à la dernière question. Je n'en peux clairement plus. Je vais redonner le questionnaire à la secrétaire. Elle m'informe que le docteur devrait venir dans 5 minutes. Je l'a remercie et retourne m'assoir. J'ai tellement envie de boire mais je ne peux pas. C'est de la torture en pleine période de canicule. Puis je ne sais pas si ce sont les hormones mais j'ai des bouffés de chaleur. Donc en plus de la chaleur extérieur, je suis littéralement en train de m'assécher.
Comme promis, le docteur García arrive 5 minutes plus tard. Nous nous levons et la suivons jusqu'à son bureau. Elle me fait signe de m'installer sur une table pour qu'elle puisse effectuer l'échographie. Saúl se place à côté de moi et me tient la main. Elle applique de la crème qui est très froide sur mon ventre et commence l'échographie. Elle allume un écran et l'examine. Elle dit, alors qu'il y avait un gros blanc :
-« C'est bien que vous soyez là monsieur. C'est une épreuve difficile à affronter seule. »
-« C'est pour ça que je tenais à l'accompagner et à ne pas la laisser seule. Car j'y suis aussi pour quelque chose dans cette histoire. » répond Saúl.
-« Je vous dis ça car je consulte souvent des femmes qui viennent seule. Et je suis totalement d'accord avec vous jeune homme. Ce n'est pas la faute que de la femme mais aussi bien de l'homme. Donc je trouve ça normal et limite "obligatoire" que le couple affronte cette épreuve ensemble. »
-« Je suis totalement d'accord avec vous. » dit-il.
Le docteur nous montre l'écran et nous explique que ce que nous voyons et qui ressemble à une noix, c'est le petit bébé qui est dans mon ventre. Je détourne mon regard de l'écran. Je ne peux pas le regarder une seconde plus car je culpabilise encore plus. Après avoir vu ce qu'elle voulait, elle me donne un mouchoir pour que j'essuie mon ventre. Ensuite, elle passe à la partie qui me fait le plus peur et qui me stresse le plus.
Le rendez-vous vient de se terminer. Nous fixons un nouveau rendez-vous la semaine prochaine pour vérifier que l'avortement s'est bien déroulé. Nous lui serrons la main puis sortons à l'extérieur de la clinique en ayant bien sûr remis nos lunettes de soleil. Je ne sais pas si c'est tout le stress qui retombe mais j'éclate en sanglot. Saúl le remarque et me sert fort contre lui. J'ai l'impression de sentir des larmes tomber sur mon crâne. Cette impression me fait de plus en plus pleurer. Je n'ai jamais vu Saúl pleurer. Donc juste me l'imaginer me fait pleurer.
Mon téléphone sonne coupant court à ce moment. Je m'écarte à contre cœur de Saúl et prends mon portable. Je remarque que c'est Antoine qui est en train de m'appeler. Je regarde Saúl qui me fait signe de répondre. J'essuie mes larmes et décroche. Je porte le téléphone à mon oreille.
-« Allo !? » je dis avec ma voix qui se casse.
-« Venez tout de suite à la maison. Dépêchez-vous !» m'ordonne-t-il en raccrochant.
Je regarde mon téléphone et constate qu'il m'a bel et bien raccrocher au nez.
-« Qu'est-ce qu'il voulait ? »
-« Il faut qu'on aille chez lui. »
Il se tourne et se dirige vers sa voiture. Je le suis silencieusement. Je me pose mille et une questions sur ce que veut Antoine. Mais je n'arrive pas à trouver. Surtout qu'il ne tombe pas au meilleur moment.
~~~
Nous venons d'arriver devant chez Antoine. Nous sortons de la voiture et avançons jusqu'à la porte d'entrée. Nous avons même pas le temps de sonner qu'Antoine crie que nous pouvons entrer. Je pousse la porte. Antoine se trouve debout au milieu du salon. Il a l'air énervée car il tourne en rond. Il nous fait signe de nous asseoir sur un des canapés. Je m'exécute. Saúl vient s'installer à mes côtés.
-« Pourquoi ? » commence Antoine.
-« Pourquoi quoi ? » je réponds.
-« Tu devrais le savoir. Mais je me demande toujours comment tu as pu faire ce choix !? Et comment, tu as pu, Saúl, accepter ce choix !? »
-« Comment tu le sais ? » je demande un peu froidement.
-« Ah mais c'est qu'en plus tu ne voulais pas que je le sache ! En fin de compte, ça ne m'étonne pas de toi. » dit-il avec de l'amertume dans sa voix.
-« Et puis de toute façon, qu'est-ce que ça peux te faire que nous ayons choisi ce choix !? »
-« Qu'est-ce que ça m'importe ? Tu oses me demander ça alors que tu viens de tuer un pauvre petit bébé qui m'avait rien demandé ! Si vous ne vouliez pas de ce gosse, fallait faire attention ! Fallait vous protéger merde ! » dit-il en criant.
-« Oh ça va hein ! T'as pas de leçon à nous donner. On sait qu'on a fait une erreur et on le regrette. Croit pas que ce choix a été facile pour nous. C'est la solution qui nous semblait la meilleure ! » je nous défends.
-« C'est vrai que tuer un humain c'est la meilleure solution ! Mais plus j'en parle, plus je me rends compte que tu dégoûtes Clara ! »
-« Par contre, Antoine, je ne te permets pas d'insulter ta sœur. Elle n'a pas été la seule à choisir cette décision. Puis elle n'est pas le seule fautive. J'y suis aussi pour quelque chose. Donc s'il te plaît arrête de la traiter de meurtrière. » intervient Saúl en se levant du canapé.
-« En faite, tu es aussi imbécile que ma sœur. Enfin je devrais dire "meurtrière". »
-« Antoine...arrête. » je dis.
-« Mais moi j'ai rien fais de mal. Je n'ai tué personne. »
-« Stop ! » je me lève à mon tour du canapé.
Je m'approche d'Antoine et le gifle de toutes mes forces. Il est allé trop loin dans ces propos. Je me dirige vers la sortie et claque la porte. Un torrent de larme coule sur mes joues. J'entends la porte s'ouvrir mais je ne m'arrête pas pour autant.
-« Clara attend ! »
C'est la voix d'Erika qui m'appelle. Je ne savais même pas qu'elle était là. Je m'arrête et me retourne. Je vois Saúl sortir à son tour de la maison. Erika s'approche de moi et dit :
-« Clara je suis désolé du comportement d'Antoine. Je ne le reconnais pas. Je ne sais pas ce qu'il lui arrive. Mais sache que moi, je comprends tout à fait votre décision. Je trouve que vous avez beaucoup de courage au contraire. »
Je me jette dans ses bras toujours en pleurant.
-« Merci Erika. »
-« Je vais essayer de le raisonner. » me dit-elle.
Je l'embrasse sur la joue et monte dans la voiture où se trouve déjà Saúl. Il démarre la voiture et sort de la cour. Il n'y a aucun bruit dans la voiture; si ce n'est mes sanglots. Saúl sert tellement fort le volant que ses jointures deviennent blanche. Tout ça c'est de la faute d'Antoine.
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Nouveau chapitre. La finalisation du fameux choix qui, je sais, ne plaît pas à tout le monde. Antoine qui n'est pas du tout d'accord avec ce choix...
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Hidden Siblings
Fiksi PenggemarClara, une jeune fille de 18 ans, vivait une vie paisible jusqu'au jour où sa mère décide d'inviter une personne mystérieuse qui va changer sa vie. Entre secret, rire, pleure, amour, voyage, rencontre... Cette histoire ne sera pas de tout repos. ...
