Chapitre 30

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Bonjour, désolée pour ce gros retard ! Je me suis faite opérée des dents de sagesse et j'ai mis un peu de temps à me remettre... Mais ça va mieux et je reprends l'écriture !

Joris avait repris sa routine habituelle de travail. Il partait tôt le matin, rentrait tard le soir. Et la jeune femme s'ennuyait... Mais deux jours par semaine, il l'accompagnait à ses cours de musique. Elias était un professeur formidable. En quelques cours, elle avait l'impression d'avoir fait des progrès phénoménaux. Maintenant qu'elle était rassurée de la santé de son grand-père, elle revivait, et cela grâce à Joris qui la couvrait de petites attentions au quotidien.

Le soleil de Grèce cherchait à percer ses paupières. Telle une petite marmotte, comme aimait l'appeler Joris, elle rabattit la couverture sur son visage, prête à se rendormir. Mais des pas qu'elle connaissait bien la sortirent de son état comateux. L'homme ne devrait-il pas déjà être au travail ?

Elle rougit en le voyant dans son beau costume noir. D'une allure féline, il se pencha pour déposer un baiser sur ses lèvres rosées. À tâtons et rechignant à briser cette embrassade qui provoquait chez mille et une sensations, elle saisit son carnet sur la commode.

"Que fais-tu encore ici ? Je te pensais parti depuis une heure."

-Je suis à la tête de l'entreprise. C'est moi qui choisis mes horaires..., dit-il en déposant ses lèvres dures sur la chevelure blonde de la jeune femme. Pourquoi, ne souhaites-tu pas me voir ?

Marie secoua vivement la tête, honteuse d'avoir insinué une telle chose alors qu'elle passait ses journées à l'attendre. Puis un sourire moqueur fendit le visage de l'homme.

-Je plaisante, je sais bien que tu ne profites pas de mon absence pour sortir. En fait, alors que je partais, j'ai reçu un message de Mya. Tu te souviens, l'éducatrice de l'orphelinat.

Marie hocha la tête en fronçant les sourcils, ne comprenant pas bien où il souhaitait en venir.

-Néo dépérit depuis ton départ. Il semblait aller mieux puis s'est à nouveau renfermé, explique-t-il sombrement. Comme tu es la seule à avoir obtenu une réaction de sa part, elle se demandait si tu ne pourrais pas essayer de passer un peu de temps avec lui.

Marie écarquilla les yeux. Elle se souvenait de la difficulté qu'elle avait eu à l'approcher, mais aussi de l'émotion dans ses yeux quand elle lui avait joué du piano.

-Si tu refuses, je comprendrais tout à fait. Néo est un enfant compliqué. Une simple parole peut le blesser. Mais compte tenu de ce que tu as réussi à obtenir de lui, je suis sûr que tu peux l'aider.

"Je... Je ne sais pas. J'ai peur de lui faire plus de mal que de bien. Si je n'arrive pas à trouver les bons mots pour le réconforter, si je m'y prends mal avec lui, qui sait comment il va réagir ?"

Joris, conscient de la pression qu'elle s'infligeait, posa sa main sur sa petite joue pâle.

-J'ai confiance en toi... Essaye simplement et on verra bien.

Elle soupira, tremblante à l'idée d'échouer.

"D'accord. Mais que dois-je faire exactement ?"

-J'ai pensé que tu pourrais l'emmener à Allward pour jouer de la musique...

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La petite main de Néo dans la sienne, Marie encouragea d'un regard le garçonnet à monter les marches de l'Institut de musique Allward. Elias avait été prévenu par Joris et s'éclipsa après leur avoir simplement montré une salle contenant un piano et quelques autres instruments basiques.

De lui-même, l'enfant alla s'installer sur un petit tabouret de bois à l'autre bout de la pièce, toujours silencieux. Il n'avait pas prononcé un mot. La fixant d'un regard neutre, il semblait attendre quelque chose de Marie. Alors, n'écoutant que son instinct puisqu'il n'y avait que ça qui pouvait l'aider à cet instant, elle se mit au piano. Une mélodie aussi douce que du coton envahit l'Institut. Néo avait fermé les yeux, comme si un bien-être invisible s'était emparé de lui. "Joris avait raison, comme toujours", pensa la jeune femme, ravie que le "stratagème" pour arracher un sourire au garçon ait fonctionné. Prenant davantage confiance, elle prit sa petite main et le mena jusqu'au piano. Elle le souleva pour le placer sur la chaise face à l'instrument, et il se laissa faire. Timidement, elle le guida pour appuyer sur les touches et le son grave du "do" résonna. Il leva son regard sur elle, le regard ravi que tous les enfants devraient posséder à cet âge-là.

Et pendant plusieurs heures, jusqu'à ce que la nuit tombe, elle s'employa à lui apprendre différentes mélodies. Mais vint le moment où il fallait songer à rentrer. Elle ne voulait pas que Mya s'inquiète.

Avant de partir, elle remit son manteau au petit et passa la porte du bureau d'Elias pour le remercier d'avoir prêté son studio. Celui-ci était en train de réparer les cordes d'un violoncelle. Il tendait les cordes, de manière à obtenir les sons les plus nets.

Qu'est-ce qui est passé par la tête de Néo à ce moment-là ? Quel souvenir à été suscité en voyant les cordes se tendre et claquer au sol ?

L'enfant s'arracha brusquement de la poigne de Marie et s'enfuit sous les regards d'Elias et de la jeune femme.

Marie sentit son cœur de déchirer lorsqu'elle le vit partir en direction de la rue. Que s'était-il passé ? Il n'y avait pourtant rien eu dans l'après-midi qui aurait pu porter à envisager les agissements surprenants du bambin... La nuit commençait à obscurcir la rue, elle devait à tout prix le retrouver. Dehors, une pluie fine commençait à mouiller le bitume. Et pas de Noé en vue... Comme elle aurait voulu hurler son prénom pour qu'il saisisse à travers sa voix toute sa détresse. Mais elle ouvrait la bouche et aucun son n'en sortait. Sa respiration était haletante à force de courir et ses yeux brillaient de larmes. Tout était de sa faute, elle n'avait pas été assez vigilante et maintenant, un enfant était perdu dans la nuit tombante. Au bout de la troisième fois à manquer de tomber dans la boue, Elias lui saisit le poignet.

-Arrête, tu vas te faire mal. J'ai Joris au téléphone.

D'une main tremblante, elle saisit le combiné.


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