Joris était hypnotisé par l'expression de la jeune femme lorsqu'elle jouait. Ses traits se détendaient et un léger sourire apparaissait à ses lèvres rosées. Ses cheveux retombaient sur son visage et elle les repassait régulièrement derrière son oreille. Ses yeux étaient mi-clos, comme si elle était au septième ciel. Quand à la mélodie... Aucune fausse note, seulement de la beauté à l'état pur. Assise derrière la harpe dont elle effleurait les cordes de ses mains délicates et précises, on aurait cru voir une déesse. Il ne s'était pas trompé en l'emmenant dans ce lieu, la musique l'envoyait dans un autre monde. Comme lui lorsqu'il l'observait, fasciné par ses gestes adroits et aucunement superflus.
Il revint à la réalité quand Elias lui fit signe de le suivre. A regret, il sortit de la pièce à sa suite, s'éloignant de la mélodie envoûtante.
-Tu m'as menti en disant que tu m'amenais une femme prédisposée à la musique, commença-t-il en refermant la porte de son bureau. Cette femme est un véritable prodige ! A seulement une vingtaine d'années, elle maîtrise déjà un nombre incroyable d'instruments auxquels peu de personnes jouent même au bout de quarante ans de vie ! Avec des cours, elle peut atteindre un niveau formidable.
Joris sourit, même si les révélations de son cousins ne l'étonnaient guère. Il n'était qu'amateur mais il n'avait pas été compliqué de comprendre qu'elle possédait un don.
-Puis-je en déduire que tu acceptes de l'entraîner ?
-Bien évidemment ! s'écria-t-il. Cette fille est un diamant pur ! Tu peux me faire confiance pour l'aider à développer son talent.
-Je ne doute pas de toi, je sais que ton institut est le meilleur de toute la Grèce.
L'homme lui tapa l'épaule en un geste affectif.
-Allez, allons retrouver ta petite protégée.
Elias avait été très surpris en recevant un appel de Joris. Surtout pour lui demander de dispenser des cours de musique à une jeune femme muette, qui plus est ayant un passé compliqué et dont le mari avait des dettes envers son cousin. Une situation surprenante voire dégantée. Sa surprise avait atteint son comble en s'apercevant qu'en effet Marie était plus que douée, mais qu'en plus Joris l'avait prise sous son aile. Une grande nouveauté dans la vie dure et froide qu'il menait d'ordinaire. Son comportement était vraiment intéressant. A suivre.
De retour à la villa, Marie s'était de nouveau murée dans sa chambre, dans la solitude, dans ses livres. Et Joris n'avait pas insisté. Il était conscient qu'être en société lui demandait des efforts particuliers. Depuis toute petite, elle n'avait connu que la solitude, alors il devait accepter qu'il y a certaines choses, des habitudes, dont elle ne pourrait jamais se défaire.
Alors il fut surpris lorsqu'il la vit se présenter dans le salon à l'heure du dîner. Timidement, comme si elle cherchait à devenir invisible, elle s'avança vers lui.
"Je voulais juste te remercier."
D'une main dans le dos, il la guida vers la table. Le contact de sa paume la brûlait, et elle devait s'obliger à refouler son désir montant. Il la troublait, ce qui allait rendre ses aveux d'autant plus laborieux.
-Me remercier de quoi ?
Marie prit une grande inspiration.
"De m'avoir emmené à l'institut Allward et de m'offrir la possibilité de me perfectionner dans la musique. D'avoir oublié cette histoire de dettes. De m'aider à surmonter mes démons."
Joris resta inexpressif une minute avant de sourire d'un air énigmatique.
-Je n'ai pas oublié tes dettes. Je suis en train de te prendre un an de ta vie.
"Arrête tes mensonges, leva-t-elle les yeux au ciel. Tu ne m'as pas emmené par hasard ni pour mes dettes. Pour n'importe qui d'autre, tu aurais agi sans te poser de questions : quelqu'un te dois de l'argent, tu le lui prends ou tu l'emmènes en justice. Pourquoi pas moi ?"
L'homme était surpris qu'elle l'ait aussi bien cerné. Ses agissements face à elle avaient été bien paradoxaux mais malgré tout, elle voyait clair.
-Alors pourquoi, à ton avis ?
"Je l'ignore, sinon je ne te poserais pas la question."
-Parce que c'est toi. Parce que tu es différente. Parce que tu m'as touchée au plus profond de moi.
Elle ne le laissa pas achever ses paroles qu'elle se réfugia contre lui pour plaquer sa bouche contre la sienne. Presque brusquement, il la poussa contre le mur, comme envahi par une force mystérieuse. Leur langue s'entrelaçaient à n'en plus finir. Enfin, Marie pouvait laisser ses mains caresser son dos, ses muscles saillants, les veines de ses bras qui l'avaient tant fascinées. Lui, contrairement à elle dont les gestes étaient hésitants, parcourait ses hanches, son ventre, sans tergiversions voire même impatiemment. Il s'était retenu tellement longtemps qu'il ne pouvait plus résister. D'un geste délicat, il fit descendre les bretelles qui couvraient sa peau laiteuse. Il l'effleura, provoquant mille et une sensations chez la jeune femme.
Il l'entraîna à travers les étages et tout deux tombèrent sur le grand lit. La pièce plongée dans la pénombre, ils ne distinguaient que le brillant de leurs yeux. La passion les embrasait et on ne pouvait entendre que les halètements de Joris. Marie tira sur sa chemise, l'intimant silencieusement de l'ôter. Il alluma la petite lampe de chevet puis commença à déboutonner sa chemise devant son regard gêné. Avec toute la délicatesse du monde, il s'attela ensuite à enlever le haut de la jeune femme. Rouge de honte, elle se cacha la poitrine et toute la peau dont elle le pouvait. Les cicatrices blanches marquaient son épiderme : Joris fronça les sourcils en écartant lentement ses mains qui les cachaient pour les examiner.
-As-tu peur ?
Elle hocha la tête.
-De moi ? De la suite de cette soirée ? Ou bien de te dévoiler à moi ?
Marie saisit sa main et s'appliqua à épeler des lettres sur sa paume.
"De tout ça."
Il sourit d'un air rassurant et caressa sa joue du bout des doigts.
-Donc que veux-tu ?
Du doigt, elle le pointa en prononçant silencieusement "toi". Il enleva son pantalon ainsi que celui de Marie, résistant à l'envie d'exploser à la vue des dizaines de marques qui marbraient tout son corps. Certaines encore rosâtres, d'autres éclaircies. De temps à autres, elle frissonnait, tremblait, signe de sa peur évidente mais la rendant aussi plus désirable que jamais. De ses fortes mains, il explorait ses cuisses, son bassin. La respiration de Marie s'accéléra.
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Attraction
RomanceSon carnet et un crayon, voilà les deux objets que Marie a toujours en sa possession. Avec son grand-père Carl, elle vit au fond d'une forêt perdue, en Bretagne. Timide, elle fuit les habitants du village voisin. Et pour cause : son mutisme forme un...
