Son carnet et un crayon, voilà les deux objets que Marie a toujours en sa possession. Avec son grand-père Carl, elle vit au fond d'une forêt perdue, en Bretagne. Timide, elle fuit les habitants du village voisin. Et pour cause : son mutisme forme un...
Je souhaitais juste vous dire que, à la demande d'une lectrice, je vais écrire une suite de mon histoire "Avec Lui". Le tome 2 s'intitule "Après Lui", si cela vous intéresse d'y jeter un coup d'œil... Voici aussi la couverture.
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Les trois premiers chapitres sont déjà publiés. Je tiens cependant à préciser que le genre est vraiment différent de celui "d'Attraction", plus sombre et plus ancré dans la réalité bien qu'étant toujours une fiction. J'espère que cela ne vous empêchera d'aller y faire un tour et qu'elle vous plaira autant que mes autres histoires. 😉
Bonne lecture ! 😊
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Il la prit sur ses genoux et elle se blottit contre son torse, ses petites mains crispées sur son tee-shirt. Ses larmes inondaient le tissu tandis qu'il la berçait comme une enfant ayant subi un terrible cauchemar. Cette image n'est d'ailleurs pas si éloignée de la réalité : toute sa vie n'a été qu'un cauchemar interminable. Ce n'était qu'aujourd'hui seulement, avec sa révélation, qu'elle pouvait enfin espérer commencer une nouvelle existence et oublier Yahn.
Pourquoi lui avait-elle dit ? Ce n'est pas comme si elle n'était pas consciente de la bombe qu'elle venait de mettre dans leur relation déjà complexe... Sur le coup, elle n'avait pas réfléchi. Il fallait juste que ça sorte.
Joris avait l'impression que le temps s'était suspendu. Ses gestes étaient lents, répétés, et les minutes passaient. Il s'en voulait à présent terriblement de sa réaction qui avait dû effrayer la jeune femme plus qu'autre chose. Plus les jours avec elle passaient, plus il comprenait l'étendue du drame de sa vie. Elle s'était enfin confiée à lui et accorder sa confiance était le plus grand bonheur qu'elle puisse lui offrir. De sa main forte et immense par rapport à elle, il caressait ses cheveux tendrement. Aussi futile que soit cette pensée en cet instant, l'homme était incapable de ne pas se sentir chanceux de l'avoir rencontrée. Après tout, si Yahn n'avait pas eu toutes ces dettes et si ses enfoirés de parents ne l'avaient pas vendue à son ex-mari, leur route ne se seraient jamais croisées. Et il ne serait pas en train de changer radicalement et d'acquérir un côté plus humain. Au bout d'un temps infini, les sanglots de Marie furent remplacés par une respiration plus apaisée. Elle saisit sa main et y épela des lettres.
"Vas-tu me chasser maintenant que tu connais la vérité ? Je dois te dégoûter..."
-Bon sang, mais quand vas-tu cesser de débiter ces d'inepties ? murmura-t-il, furieux qu'elle ait encore ce genre de pensées. A moins que tu ne le veuilles, je n'ai pas l'intention de te laisser partir de sitôt. Et comment peux-tu insinuer que ce qui est arrivé est de ta faute ? Cesse d'avoir une image si négative de toi-même.
Avant même que la jeune femme n'ait eu le temps de rougir, il posa ses lèvres sur les siennes. Il n'avait pas pu y résister, attiré vers elle d'une force surpuissante. Instinctivement, ils s'allongèrent sur le matelas moelleux. Joris voyait la lueur de désir qui brillait dans ses yeux et il ne voulait qu'une chose : la satisfaire. Malheureusement...
-Je préfère ne pas le faire ce soir. Tu n'es pas prête, se justifia-t-il
Elle fronça les sourcils, frustrée et dans l'incompréhension. Elle caressa sa joue et sa barbe de trois jours, l'air de dire "tu te trompes, je suis prête."
-Le souvenir de Yahn est encore trop présent dans ton esprit. Regarde l'état dans lequel tu étais il y a à peine une heure ! C'est hors de question, je refuse de te faire revivre ce cauchemar, même si penses être capable de le supporter.
Sa voix était si ferme que la jeune femme cilla. Est-ce l'inquiétude qui se lisait sur son visage ou le bleu de son regard perçant qui persuada Marie de se plier à sa volonté ? Elle l'ignorait. Peut-être que quelque part, elle savait qu'il y avait une part de vérité dans ses paroles.
Elle se laissa glisser dans le sommeil sous ses caresses apaisantes, épuisée par toutes les larmes versées.
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Lorsqu'elle s'éveilla, Joris avait déjà quitté la villa et le soleil brillait, déjà haut dans le ciel. Encore toute ensommeillée, elle failli ne pas remarquer le petit mot posé sur la commode.
"Bonjour, j'espère que tu as bien dormi. En fait, je ne sais même pas pourquoi je pose cette question : c'est parce que tu dormais profondément que je n'ai pas voulu te réveiller ce matin. Si tu le souhaites, une voiture et un chauffeur sont à ta disposition pour te déplacer en ville ou au centre éducatif. Préviens seulement Paula. PS : Je t'interdis de sauter un repas. Je le saurai et ça va mal se passer."
Marie secoua la tête. Tout le message la fit rougir mais... Ne pouvait-il pas oublier un instant ses repas !? Elle avait beau lui dire qu'elle prenait soin d'elle, il la surveillait toujours. Son inquiétude était certes touchante mais elle ignorait comment y réagir. Jamais personne hormis lui et son grand-père ne s'étaient intéressés à ce qu'elle était et à sa santé, la rendant désarmée lorsque cela se produisait.
La veille, elle n'avait pu résister à la tentation de lui poser la question qui lui tiraillait le cœur. À chaque instant, elle vivait avec la peur qu'il ne l'abandonne. Qu'est-ce qu'un milliardaire aussi puissant et grand homme d'affaire pouvait trouver d'attirant en elle ? Ce genre d'histoire n'arrivait que dans les livres dans lesquels elle se plongeait. Il y a longtemps qu'elle aurait dû quitter cette demeure où elle n'avait pas sa place. Sa place était aux côtés de son grand-père dans leur forêt froide de Bretagne, vouée à l'invisibilité. Mais à chaque fois qu'elle pensait à un éventuel départ, le visage de Joris s'affichait dans son esprit. Son visage ciselé, sans expression. Puis venait le sourire arrogant qu'il affichait lorsqu'il la taquinait et celui qu'il lui montrait pour la réconforter. Ce dernier était le plus rare mais aussi le plus beau. Lorsqu'il lui souriait de cette façon, même ses yeux s'illuminaient.
Et voilà qu'elle souriait toute seule à ces pensées... Pourtant, elle était consciente que cette histoire pouvait prendre fin à tout moment. Le monde de célébrité dans lequel évoluait Joris à son aise n'était pas fait pour elle.
Soudain, elle entendit Paula grimper à la hâte les escaliers. Marie ne s'en alarma pas : la vieille femme était si active... Mais l'angoisse sur son visage quand elle déboula dans la chambre eut tôt fait de la détromper. Le téléphone à la main, seule une voix blanche sortit.