10- Exécution du plan.

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Je me réveille en pleine nuit. Mon réveil a fait son boulot, il est une heure et demi du matin et je dois me sortir la tête du ... pour faire ce que j'ai à faire. Je sors de mon lit et enfile directement ma veste et mes chaussons, mes tongs auraient fait trop de bruit et m'auraient grillée. Je sors discrètement du dortoir avec ma sacoche que j'ai remplie avant d'aller me coucher. Dedans, un Opinel, une clé à molette, de la glue, un tube de tabasco et mon tournevis. Je passe en premier à l'infirmerie, j'ouvre doucement la porte au cas où un shoot de temesta ne suffise pas à calmer mon cher et très « apprécié » capitaine. Par chance (ou préméditation), il n'y a personne et je peux tranquillement farfouiller dans l'infirmerie. Je trouve finalement l'armoire ou les infirmiers rangent leur matériel stérile. Je trouve la boite en métal avec l'étiquette capitaine et la pose sur la table d'examen. Je l'ouvre et en sort un scalpel, des ciseaux et tout le reste du matériel. Je sors la glue de ma sacoche et en met le long de tous les instruments et les recolles dans l'ordre dans lequel je les ai pris, peut-être pas exactement pareil mais presque. Je range la boite en vitesse et me dépêche de quitter la pièce. 

Je marche doucement jusqu'à la porte du capitaine et l'entrouvre doucement. Un grincement aigu se fait entendre. Aie. Ca va me compliquer la tâche. Je pose mon matériel par terre et monte à la cuisine en courant presque. Je retrouve dans le noir la bouteille d'huile et redescend aussi sec. J'entends le bruit de pas alors que je suis en haut de l'escalier. Je m'arrête brusquement et manque de faire échapper la bouteille, ce qui signerait la fin de mon plan diabolique. Je me mets à plat ventre par terre et essaye de regarder qui ça peut bien être. Je remarque le coin de tissu orange dans mon maigre champ de vision et descends d'une marche, toujours aplatie au sol, la tête dans les marches, je descends encore et comprends enfin ce qui risque de se passer. Je sens l'attraction terrestre faire son œuvre et glisse tel un phoque adipeux sur la banquise le long des marches. Je me suis fait mal et mes côtes déjà contusionnées le sentent passer. Bepo, qui faisait son tour de garde lève la tête l'air surpris.

Alexis, pardon, que fais-tu ici ?

Je lève la tête et souffle une bonne fois, accusant le coup.

Excuse-moi Bepo. J'étais juste partie chercher un truc là-haut. Je ne t'ai pas fait peur j'espère.

Il penche la tête sur le côté l'ai interrogateur, si un ours peut avoir l'air interrogateur.

Pourquoi a tu pris de l'huile ?

Cherche Alexis ! Cherche et ment vite et bien, trouve quelque chose !

La porte !

Non mais quelle c****...

Quelle porte ?

La, la chambre. Ça grince.

Non mais dis-lui directement que tu veux piéger Traffy.

Ah. D'accord, préviens juste les autres demain matin, qu'ils ne s'étonnent pas de l'odeur.

Ouais.

Il s'éloigne et tourne dans le couloir vers la vigie. Je souffle et met un peu d'huile sur les gonds de la porte du capitaine avec un petit sourire. Quand je rouvre la porte (qui ne fait plus de bruit) je tire la langue au capitaine. Il dort encore sur son livre. Je passe dans la salle de bain et ouvre le meuble sous son lavabo.

Heureusement que mon Grand-Père ma toujours laissé le regarder bricoler. Je débranche le tuyau d'arrivée d'eau froide et le cale pour qu'il ne goute pas sur le sol puis m'attaque au tuyau d'arrivé d'eau chaude. Je rebranche l'arrivée d'eau froide sur le côté chaud du robinet et l'arrivée d'eau chaude sur le côté froid du robinet. J'éponge le sol là où j'ai mis de l'eau et sors le tube de tabasco en même temps que je farfouille dans les affaires de toilettes du capitaine jusqu'à trouver son après rasage. Je verse un peu de tabasco dans la lotion et secoue pour mélanger avant de ranger le produit à sa place. 

Je m'intéresse ensuite au pommeau de la douche. Je dévisse le pommeau principal en faisant attention à bien garder les joints et sors de ma poche mon arme secrète. Je défait l'emballage doré du petit bouillon cube et le glisse dans le pommeau en l'effritant le moins possible. Je remets les joints avec précaution et revisse le pommeau à sa place. Demain, dès qu'il se glissera sous la douche et montera la température, il sentira le bouillon.  Je ressors en refermant bien tous les placards et quitte la cabine du capitaine sur la pointe des pieds.


Jaleckxis.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant