Chapitre 28 - Les révélations surprenantes

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La semaine se passa tranquillement pour Augustine qui reçut alternativement Soazic ou Maël ; ils lui apportaient cours et devoirs. De la même façon, elle transmettait les exercices effectués à ses amis pour qu'ils les remissent à leurs professeurs. Le vendredi soir, Maël n'arriva pas seul, Cédric l'accompagnait. Un sourire illumina le visage d'Augustine, elle le détailla un instant de la tête aux pieds, puis lui sauta au cou sans retenue ; elle était ravie de revoir son ami indemne. Bien sûr, Maël et Soazic lui avait expliqué qu'il était revenu, qu'il allait bien et qu'il était toujours aussi bavard, mais le constater de ses propres yeux la ravissait.

- Je suis tellement désolée... bégaya-t-elle, rongée par les regrets.

Cédric, tout aussi affectif et empathique que sa sœur, là résidaient peut-être leurs seuls points communs avec la passion du sport, tapota du bout des doigts le dos d'Augustine, d'un air nonchalant, en lui répétant :

- Ça va aller... Je vais bien.

Il fallut un petit moment pour qu'Augustine se calmât et fût prête à entendre autre chose que des mots rassurants. Maël lui déposa pendant ce temps ses devoirs sur son bureau.

- Gus', ta mère râle pas de te savoir avec deux garçons dans ta chambre ? Mes parents supporteraient même pas qu'un garçon passe le seuil de la maison pour voir V...

La voix de Cédric se brisa net avant d'avoir fini de prononcer le prénom de sa jumelle. Augustine se fichait des relations amoureuses et sa mère le savait pertinemment. Cependant, la détresse de son ami l'empêcha de disserter à ce sujet. Elle lui saisit la main pour le réconforter.

- T'en fais pas Céd', on va retrouver Valentine, je te le promets.

Malgré ses yeux voilés, le blondinet hocha la tête, rassuré par la promesse d'Augustine. Plongé dans ses pensées, il l'observa feuilleter cours et devoirs qu'elle devrait rattraper le week-end.
Impatient, Maël s'approcha de sa grande amie et posa sa main sur les feuillets.

- Pose ça Gus', Cédric et moi, on doit t'causer.

La brunette reposa les documents sans ciller et s'installa sur son lit. Maël prit le siège de bureau et Cédric s'assit en tailleur sur le tapis, un peu trop rose à son goût.

- Qu'est-ce qui s'passe ?

L'air grave de son ami l'intriguait.

- Faut que je t'explique ce qui m'est arrivé.
- Ben, on sait. La prof' principale nous a dit que tu avais été empoisonné...
- Carabistouilles, ma vieille. Un gros bobard monté par mes parents. Je sais pas pourquoi ils ont fait ça, mais après ce qui est arrivé à Val', j'peux plus me taire.

Intrigué, la jeune fille l'incita à continuer.

- En gros, j'ai failli m'faire enl'ver aussi.
- Nan, tu déconnes... Tu m'fais peur, Maël.
- Est-ce que j'ai une tête à déconner ?

Cédric, qui s'était tu jusque là, ne put s'empêcher de lancer une moquerie sur le visage encore plus livide que d'ordinaire qu'arborait Maël à cet instant précis ; des tâches de rousseur constellaient sa peau laiteuse, autant d'îles abricot sur un océan de lait. Il évita de l'appeler Poil de carotte, mais ça lui démangea longuement pendant qu'il riait aux éclats. Maël attendit qu'il fût calmé pour reprendre son histoire.

- J'rentre pas dans les détails parce que j'me souviens pas d'tout, mais j'me suis débattu comme un diable pour qu'ils m'relâchent. J'sais pas pourquoi ils voulaient m'emmener. Y'avait un vioque avec un mioche pas plus haut que ça.

Il plaça sa main à hauteur du siège. Augustine écarquilla ses prunelles noires.

- Attends, attends. Tu vas trop vite Maël. J'comprends rien du tout.
- Ben, le jour où on s'est engueulés dans la forêt et que j't'ai laissée toute seule, d'ailleurs désolé pour ça aussi frangine, j'aurais pas dû, j'ai été trop con. Ben ce jour-là, j'ai failli me faire enl'ver. J'ai pas fait cent pas que quelqu'un m'a choppé par le col, comme mon vieux sait si bien l'faire, et m'a forcé à l'suivre. Au loin y'avait une énorme lueur chelou, j'ai eu la peur de ma vie. Y'a un gamin qui portait une espèce de bocal qui est sorti de nulle part et qui s'est mis à m'donner des coups d'pied dans les jambes pour qu'j'avance plus vite. Résultat, j'suis tombé et c'est là qu'j'me suis défendu comme un forcené. J'ai hurlé comme jamais j'avais hurlé, t'as dû m'entendre j'suis sûr, et d'un coup d'un seul, ils ont disparu j'sais pas par où. J'avais tel'ment donné d'énergie que j'me suis évanoui, je crois. C'était l'matin quand j'me suis réveillé et j'crevais d'froid et j'étais pas fringant. Et j'te raconte pas la rouste qu'mon vieux m'a filé en rentrant. Ma mère était inquiète, mais pas lui, comme d'hab'. Et c'est seulement après m'avoir dérouillé, quand j'suis tombé dans les pommes, qu'il a compris qu'il avait merdé. Avec sa grande gueule et sa comédie parfaite, à l'hôpital ils n'y ont vu que du feu.

Augustine Baudelaire - T.1 - Les disparitions mystérieusesDes histoires addictives. Découvrez maintenant