Chapitre 18 - Les résultats improbables

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Alors que le professeur Palmer ramassait les copies, Augustine chercha du regard Valentine pour y trouver du soutien, mais elle avait les yeux rivés sur son cahier de texte et recopiait studieusement les énoncés du professeur. La brunette devrait, cette fois, se débrouiller seule. De retour à son bureau, le professeur Palmer parcourut rapidement les copies et sembla les classer. Il se focalisa plus longuement sur deux copies qu'il rangea ensemble. Augustine avala la boule qui entravait sa gorge, mais elle revint aussitôt bloquer l'accès de son œsophage. Elle ne comprenait pas pourquoi elle stressait à ce point. Même si sa performance au contrôle était hors norme, elle n'avait pas triché et on ne pouvait pas l'accuser d'avoir copié sur qui que ce soit. Elle soupira et se concentra sur la prise de notes des prochains exercices à faire à la maison.
Lorsque la sonnerie retentit, chacun des élèves se précipita hors de la classe pour la récréation. Yannick et Augustine s'avancèrent vers le bureau du professeur Palmer.

- Yannick, quelles preuves avez-vous de la tricherie d'Augustine ?
- Je l'ai vu sortir son livre de maths de son sac et le poser sur ses genoux.
- Pourquoi ne pas l'avoir dit tout de suite ?

Yannick ne sut quoi répondre. Il baragouina quelque chose d'incompréhensible, puis se ressaisit.

- Elle ne peut pas avoir tout bon ! Elle est nulle en maths ! s'énerva-t-il.
- Pourquoi ne pas l'avoir dit tout de suite ?
- Je sais pas, j'étais concentré sur ma copie. Je... Je voulais pas rater le DS !

Le regard de Yannick ne savait pas où se poser. À gauche, à droite, le professeur Palmer, Augustine, ses pieds, son attitude transpirait le mensonge. Si Augustine était capable de s'en apercevoir, pourquoi le professeur Palmer ne s'en rendait-il pas compte ?

- Pourquoi la dénoncer maintenant ?

La joute verbale entre l'enseignant, qui s'était adossé à son bureau pour mieux impressionner les collégiens, et Yannick, qui paraissait de plus en plus désemparé, s'apparentait à un échange rythmé de match de ping-pong. La balle rebondissait de l'un à l'autre avec une virulence qu'Augustine avait rarement vue au collège. Soudain, comme un éclair qui frappe sans prévenir, la jeune fille comprit où le professeur voulait en venir, il laissait Yannick s'enliser dans ses propos pour qu'il avoue, mais c'était sans compter le caractère conquérant du jeune homme.

- Mais j'hallucine, elle triche et c'est moi que vous interrogez !
- C'est votre voix contre celle d'Augustine. Pourquoi la dénoncer maintenant ? insista le professeur Palmer en secouant les copies sous le nez de l'insolant.
- Parce que c'est mon rôle de délégué... Je suis délégué ! Vous devez me croire, tenta Yannick.
- Votre rôle de délégué est de fermer les yeux lorsqu'un de vos camarades triche pendant un contrôle, mais de le dénoncer uniquement lorsque vous vous rendez compte que son devoir est excellent ?
- Euh... j'ai pas osé pendant le contrôle.
- Avez-vous vu, oui ou non, Augustine sortir son livre ? s'impatienta le professeur Palmer.

Yannick n'osa plus ouvrir la bouche. Échec et mat. Augustine se força à ne pas sourire.

- Étant donné que vous n'avez aucune preuve de ce que vous annoncez, je ne peux décemment pas punir Augustine. Par contre, Monsieur Bignonen, je vous conseille de prendre votre rôle de délégué plus au sérieux. Votre propension à raconter des histoires à dormir debout est hors du commun. Pensez preuve la prochaine fois. Maintenant sortez !

Une fois Yannick sorti, les yeux du professeur Palmer se posèrent sur Augustine qui, désemparée, remercia son enseignant dans un léger murmure.

- Avez-vous triché, Mademoiselle Baudelaire ?

Mince, se dit Augustine, l'interrogatoire avait changé de cible. Elle n'avait pas triché. Elle pensait vraiment que le professeur Palmer l'avait crue.

- Non, Monsieur.
- Votre contrôle est excellent. Vous ne m'avez pas habitué à ce genre de résultats. Vous pouvez m'expliquer ?
- Sincèrement ? hésita-t-elle.
- Évidemment, Mademoiselle Baudelaire.
- Non...
- Non ?
- J'me suis endormie sur mes livres hier soir, j'avais oublié le contrôle, je voulais réviser et j'me suis endormie, annonça-t-elle de but en blanc sans se rendre compte, sur le coup, que ce qu'elle venait de dire n'allait pas l'aider à prouver son innocence. J'ai eu Valentine au téléphone, elle m'a conseillée une liste de points à revoir, mais je n'ai pas eu le temps de revoir la moitié de ce qu'elle m'a conseillée parce que j'me suis endormie sur mes cours. Alors j'ai relu un max' ce matin dans le bus, et je ne comprenais rien. Et puis, quand j'ai lu les énoncés, j'me suis dit que c'était fichu, que j'y arriverais pas et que j'aurais encore un zéro, alors que j'aurais tant voulu réussir ce contrôle. Et comme par miracle, quand j'ai commencé à essayer d'écrire des résultats, tout s'est enchaîné tout seul et sans que j'men rende compte, j'avais terminé.

La jeune fille ne s'arrêtait plus de parler, elle submergeait son enseignant de détails sans rapport les uns avec les autres. Lorsqu'elle eut terminé sa tirade, elle s'aperçut qu'elle était à bout de souffle. Que lui avait-il pris de raconter tout cela au professeur Palmer ? Elle baissa la tête attendant la punition. L'enseignant prit quelques secondes pour encaisser le discours d'Augustine qui releva doucement les yeux.

- En effet, c'est bizarre, laissa-t-il échappé en un souffle, mais ce qui est encore plus étrange, c'est que votre copie est identique en tout point à celle de Mademoiselle Le Mézec...

Le cœur d'Augustine rata un battement, elle fronça les sourcils.

- C'est impossible on était chacune à l'autre bout de la classe, s'offusqua Augustine. Sa voix avait porté plus qu'elle ne l'aurait voulu.
- Calmez-vous, tempéra-t-il, je le sais très bien. Mais vos résultats et vos démonstrations sont identiques. Ce n'est pas seulement dans les grandes lignes. Chaque mot est exactement le même.

Augustine, ébahie, ouvrit de grands yeux. Sa bouche béait. Elle ne comprenait pas plus que son professeur ce qui était en train de se passer. Comment une telle chose était possible ? Sa gorge s'assécha soudainement, elle ne parvenait plus à respirer. Elle se précipita à son bureau pour récupérer sa gourde et avaler quelques gorgées. Que se passait-il ? Devenait-elle folle ? Elle revint avec sa besace jusqu'au bureau.

- Augustine, je vais vous donner un devoir supplémentaire que vous viendrez réaliser demain après-midi, juste après le déjeuner. Si vous réussissez, je ne tiendrai pas compte des accusations ridicules de Monsieur Bignonen, si vous échouez, je devrais réfléchir à les prendre en considération. Et si j'en crois vos résultats du moment, vous avez tout intérêt à ce que ce devoir soit parfait.

Les larmes montaient aux yeux de la jeune fille.

- Mais, Monsieur...
- Je n'ai pas d'autre choix, en tant que professeur, je ne peux pas croire un élève plutôt qu'un autre, j'ai besoin de preuves. Si vos résultats de demain sont similaires à ceux d'aujourd'hui, il n'y aura pas de problème. Et ne vous inquiétez pas trop, vous verrez ce sont des exercices semblables que je vous donnerai, donc pas d'inquiétude.

Augustine hocha la tête, de toute façon, elle n'avait pas d'autre choix qu'accepter ce nouveau test. Le professeur Palmer consulta sa montre, la récréation était presque terminée, au grand désespoir d'Augustine qui devrait attendre une nouvelle pause pour parler avec Maël.

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Bonsoir les Dévoreurs de Mondes,

Il y avait longtemps que je n'avais pas publié sur Wattpad, j'avoue que cette période de confinement me mène à beaucoup, beaucoup de réflexion. Je pense reprendre mon blog pour en parler. Je vous mettrai un lien dans une partie, comme ça, si ça vous dit, vous pourrez aller lire.

Bon, Augustine a bien des embrouilles en ce moment, il ne manquait plus qu'un devoir supplémentaire. C'est pas juste. Au fait, pensez-vous vraiment qu'elle a triché ?

Sinon, comment a-t-elle pu avoir exactement les mêmes réponses que Valentine à son examen ? C'est vraiment étrange, vous ne trouvez pas ? Qu'est-ce qui peut bien lui arriver ?

On se retrouve demain pour la suite de l'histoire. Comment ça demain ? Ben oui, j'ai décidé de vous poster un chapitre par jour. Et figurez-vous que j'ai préparé jusqu'au chapitre 33, là maintenant, et il ne me reste qu'une grosse dizaine de pages à corriger. Par conséquent, vous devriez avoir la suite de l'histoire sans nouvelle pause. :)

En attendant, prenez soin de vous.
J.

Augustine Baudelaire - T.1 - Les disparitions mystérieusesDes histoires addictives. Découvrez maintenant