— j'vais la ramener, elle est off. souffle le brun à deen.
le papi nous regarde l'un puis l'autre et se contente de sourire narquoisement.
— ouais... ok. bonne soirée.
j'arrive à sentir son sarcasme des deux mètres qui nous séparent. mais qu'est-ce que je peux dire en vrai.
moi je voulais juste son attention, maintenant que je l'ai, j'en ai plus rien à foutre du reste.
je fais un signe de main à framal et au peu de gars qui me remarque m'en aller puis ken me tend sa main, j'attrape ses deux derniers doigts. on traverse la foule en un temps record, j'ai même du mal à suivre le rythme avec mes pieds cassés.
une fois dehors, le brun se dirige tout naturellement vers sa voiture, mais moi la mienne elle est pas de ce côté.
— mais ken, ma voiture elle est là-bas... dis-je d'une petite voix.
il se retourne et fronce légèrement les sourcils avant de comprendre.
bah oui gars, je vais pas laisser ma voiture ici, la flemme d'aller la chercher demain. c'est pas la porte à côté.
— tu saoules, hein.
je lâche sa main pour qu'il puisse atteindre sa poche et appeler deen. il nous rejoint quelques minutes après pour chercher les clés. il se mettra d'accord avec les gars pour savoir qui rentre avec.
— t'es garée où ? il me demande ensuite.
je lui montre une direction approximative à l'aide de mon menton, du coup je passe devant et il me suit de près, jusqu'à ma tétine.
— c'est elle ? dit-il une fois arrêtés.
j'hoche lascivement la tête, prête à recevoir ses moqueries, mais il se contente de sourire.
— elle est mignonne.
on s'installe et il démarre. il est persuadé que je suis bourrée mais en vrai pas tant que ça.
j'ai assez bu pour être en infraction si je prends le volant, mais pas assez pour être inconsciente de mes actes.
le trajet se fait en silence, quoiqu'on échange quelques fois sur la route à prendre et d'autres fioritures. il n'y a personne sur la route, alors on met pas des plombs à arriver.
— voilà beauté, dit-il après un coup de frein à main.
— merci, t'es un bon.
comme toujours. même si tu me fous le démon.
— on en parle ? il reprend ensuite.
— de ?
— ce qu'on s'est dit tout à l'heure.
j'hausse les épaules.
— montes alors ?
il semble hésiter au début, mais il finit par accepter et on rentre ensemble.
à casa je retire d'emblée mes chaussures et soupire de soulagement. je me masse le cou tandis que le brun me suit sans un bruit.
— sers-toi si tu veux un truc à boire ou à graille...
je suis lucide mais j'ai la tête qui tourne quand même. je crois que je suis bel et bien bourrée en fait.
— ça va aller, merci. il répond.
je prends place sur la banquette en silence.
— pourquoi tu dis que je joue avec toi ? il enchaîne.
