j'ai abandonné toute animosité. j'ai parlé d'une voix calme et claire. elle même est étonnée.
— non, j'suis sa fiancée. et toi, t'es qui ?
je lance un regard en biais vers sasha qui s'empresse de nier en bloc alors que je n'ai encore rien dit. finalement à quoi bon.
j'ai fait à quelqu'un ce que j'ai vécu, de cocu je suis passée à maîtresse, en l'espace de quelques mois. et même si je n'ai rien demandé et que je n'étais clairement pas au courant, je ne peux pas m'empêcher d'être dégoutée.
je voulais pas être ce genre de go.
trois milliards de mecs sur terre pour que je m'attarde sur celui qui est fiancé. et puis quoi encore ?
— c'est personne, répond ce connard à ma place.
je me contente de le regarder tandis que la blonde rentre et se met à l'engueuler. j'ai passé l'âge de ces gamineries, j'ai clairement pas signé pour ça.
je m'éloigne à mon tour de l'entrée pour ramasser mes affaires, notamment son cadeau que je vais m'empresser de revendre sur united wardrobe. la blondinette crie, pleure et tente à plusieurs reprises de le frapper. je me vois mal rester spectatrice du sketch. j'ai d'autres chats à fouetter.
alors que je m'apprête à partir sans même dire au revoir, j'entends de nouveau la voix de la gadji.
— tu m'as toujours pas dit qui t'étais, en fait ?
— t'as entendu ton mec, j'suis personne. bonne continuation.
je claque la porte avant d'avoir entendu sa réponse. et je me tape le chemin retour jusque chez doum's comme une clocharde.
j'ai l'impression qu'il fait plus froid qu'à l'aller. j'accélère le pas jusqu'à la bouche de métro. je m'affale sur le premier siège que je vois et je reste là, totalement immobile et absente jusqu'à mon arrêt.
on dirait que les mecs biens, ça court pas les rues.
ou alors c'est moi qui suis un aimant à connards. fortement possible.
on n'aime pas les mecs gentils nous, on préfère quand ça se tape et que ça pleure. les vies paisibles ça ne nous intéresse pas.
je parle des meufs attardées comme moi, j'fais pas de généralités.
j'arrive même pas à être énervée en vrai, j'suis juste exaspérée de moi-même. c'était écrit sur son front limite, et moi j'ai fait la meuf aveugle pour prendre mon coup deux à trois soirs par semaine.
son appart un peu trop féminin, ses absences, le fait qu'il ne m'introduise pas dans sa vie, les ragots sur lui au taf...
et tout ça, ça ne m'a pas suffit et j'ai brisé le coeur de quelqu'un, inconsciemment.
je m'étais jurée de ne pas reproduire ce schéma, ce que j'ai vécu avec mon ex m'a réellement dégoûtée de tout de ce qui se rapporte à l'adultère. mais bon, à croire que je n'ai pas de parole.
j'arrive chez doum's complètement frigorifiée. je n'ai même pas la force de jouer les filles fières et de retarder mon retour, clairement. ils sont tous étonnés de me voir, l'hôte de maison le premier.
— wesh, déjà ?
une grande table a été aménagée au salon, quelques mecs sont attablés, d'autres jouent sur le canapé, j'entends des rires dans la cuisine et j'aperçois ivy mettre la table, je tique quand nos regards se croisent.
— ouais... je préfère rester avec les vrais.
il sourit et me tcheck.
— tu tombes bien, on n'a rien commencé encore et on était en galère pour les toasts.
j'hoche la tête et d'un coup, c'est comme si tout ce qui s'est passé une demie heure avant n'existait plus. la maison aussi est décorée, à minima, mais ça change, le brouhaha et la petite musique d'ambiance apporte une chaleur qui réconforte, et ivy. ça me fais plaisir de la voir. d'ailleurs c'est vers elle que je me tourne en premier quand je franchis le seuil de la salle à manger.
— salut, je commence, je-
j'ai pas le temps de poursuivre, elle me prend dans ses bras.
🥀
vas y cette semaine je vais faire un effort pour publier le plus fréquemment possible
