jusqu'à l'aube

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— une chambre s'il vous plaît.

le réceptionniste nous jauge, légèrement étonné. et en effet, il est à peu près quatre heures du matin. ça ne doit pas être bien commun de réserver à cette heure.

il se tourne pour attraper une clé après nous avoir posé quelques questions bateau ainsi que la note réglée. et, essoufflés, nous échangeons un regard complice.

on a quitté le bar comme des malpropres sans prévenir personne. ken est sorti avant, je l'ai rejoint quelques minutes après. pas sûre que notre micmac ait fonctionné auprès des autres mais clairement je m'en bats les steaks.

la question de l'hôtel s'est à peine posée, on ne voulait pas prendre le risque de se faire cramer à la maison avec les gars et puis, le lieu de nos fantasmes se trouvait littéralement à deux pas.

il nous tend ensuite la clé et nous souhaite une bonne nuit avec un regard entendu qui nous fait légèrement rire. puis nous prenons la direction de l'ascenseur pour atteindre le cinquième étage.

l'attente est interminable. je croise les bras sur ma poitrine tandis que le brun tape du pied.

— l'ascenseur est plutôt vieux, mais il est encore bien huilé ! nous souffle le vieux monsieur de sa chaise.

nous acquiesçons d'un signe de tête et restons immobiles.

je sens son regard sur moi, il me brûle. mais je m'efforce de fixer la porte, le sourire aux lèvres.

et celle-ci s'ouvre enfin.

j'entre en première et il ferme la marche. saluant une dernière fois le barbu poivre et sel d'un signe de main.

puis les portes se referment.

il se retourne et en un quart de seconde, nous lèvres s'entrechoquent.

ses lèvres mouillées ont un goût fruité que je lèche avant que nos langues se rencontrent.

je saute pour qu'il me porte. il loge ses mains sous mes fesses et m'adosse contre la paroi métallique.

nos lèvres se cherchent et se caressent tandis que nous nous frottons l'un à l'autre. je souris et passe une de mes mains sous son t-shirt.

— ken... je susurre contre ses lèvres.

— mmh ?

— appuies sur le bouton.

il s'exécute après un léger temps. je sens qu'il lutte contre lui même pour se contrôler et ça me plais de dingue, même si je suis dans le même état.

et nous montons les étages, pendant que ses lèvres remontent le long de mes clavicules. je le sens raide contre moi, alors j'intensifie mes coups de rein, il devient fou, il m'attrape le cou et m'embrasse à pleine bouche.

ding.

arrivés à l'étage, nous nous détachons comme si rien ne s'était passé dans l'ascenseur et cherchons le numéro de chambre correspondant sur la clé que je tiens en main. toujours devant et lui derrière, on la trouve enfin et je le sens se coller à moi quand je l'ouvre. alors je me cambre pour me frotter à lui.

— eh mais toi, là... murmure-t-il dans mon dos.

amusée, j'attrape sa main une fois la porte ouverte et l'entraîne à l'intérieur. j'allume un des boutons muraux au hasard et les lampes de chevets s'allument, dévoilant un petit endroit cosy et immaculé.

le lit est grandiose et à la fois magnifique, jusqu'aux draps. j'ai presque honte de me dire qu'on va le souiller.

je n'ai pas le temps de m'attarder sur le reste de la déco, le brun prend ma gorge en otage. je ferme les yeux et le laisse prendre possession de mon corps.

ShinkūOù les histoires vivent. Découvrez maintenant