parler français

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— alors comme ça, tu t'barres nagasaki ?

deen passe son bras autour de mon cou tandis qu'on avance dans l'allée. j'accélère le pas et ça le surprend. mais il ne passe pas souvent inaperçu dans la rue lui aussi, toujours il oublie.

— wesh pourquoi tu cours ? il demande ensuite.

— je cours pas mais accélère aussi...

ce con a décidé de faire une soirée chez moi parce que soi-disant ça l'arrange géographiquement parlant. je sais même pas pourquoi il me cherche des prétextes pétés, on avait un pacte aussi, je l'ai pas oublié.

mais du coup moi j'ai qu'un jeu le clé, j'ai confié le deuxième à ivy à qui je n'ai toujours pas adressé un mot.

et ça me saoule pour être honnête.

— ouais je retourne à tokyo, j'ai enfin mes billets !

— tu retournes sur tes terres, askip...

je souris.

— je pars vraiment en éclaireur, j'ai pas prévu de m'éterniser, et puis comme ça je change d'air.

— mais tu fais que ça de changer d'air chacal, tu restes pas en place t'as des vers au cul ou quoi ?

c'est pas drôle mais étrangement ça me fais rire.

— vas y... j'ai besoin de réfléchir, de prendre de la hauteur...

pour reprendre les dires de doumama.

je sais qu'en vrai le poste ne m'intéresse pas plus que ça, c'est surtout pour voir comment j'arrive à m'en sortir loin du brun. et il est pas con deen, je sais qu'il sait. et ça ne loupe pas d'un poil.

— et du coup, avec l'autre feu, c'est comment ?

qu'est-ce que j'avais dit ?

— rien à signaler.

— tu l'as rendu ouf la dernière fois encore. il poursuit.

— j'ai pas fait exprès, je conclus.

j'entends ma conscience me traiter de « grosse mito de merde ».

bigo me lance un regard accusateur qui me fais souffler.

— on est toujours au même point frère, et ça s'arrêtera là.

— ok, t'énerves pas...

— nan mais pourquoi tout le monde me demande des comptes sur notre relation si c'est pour me dire ensuite qu'il est instable, perdu et j'en passe ?

ça me fous de le démon, ça aussi.

— qui t'a dit ça ? il demande.

— doum's.

silence.

— on dirait doum's c'est son vigile wesh, parles-lui français et tu verras.

je secoue la tête.

— j'ai pas envie de me prendre un vent, dis-je en ouvrant finalement la porte de l'immeuble.

— personne n'a parlé de vent.

je le regarde droit dans les yeux, avant de reporter mon attention sur mes clés.

ça veut dire quoi ça encore ? ils aiment trop me faire espérer des trucs, même moi j'suis pas sûre de moi, ils peuvent pas me laisser ?

je retire le bip et lui laisse le trousseau.

— on verra à mon retour, j'ai pas envie de foncer tête baissée, je l'ai trop fait, ça m'a cassée.

il acquiesce d'un hochement de tête.

— je comprends, j'voulais juste que tu saches. les asymétries d'info j'aime pas.

je souris.

— merci papi, allez je file. foutez pas le bordel.

— compte sur nous.

mon cul ouais.

on se quitte comme ça, et moi je tape la route dans le sens inverse jusqu'au métro. ce mois-ci j'ai du faire un choix entre les courses et le plein, du coup j'suis en bm double pieds, et c'est bien aussi des fois.

j'ai l'impression que cette sensation de moiteur ne quitte jamais mes mains.

primo, ce que m'a dit deen je m'en remets à peine, en mode y aurait une chance que mes feels soient réciproques, et j'avais pas pensé à cette éventualité, du coup ça me fais paniquer.

kam et ken, ken et kam.

ça me fais sourire intérieurement, et même en real, je sens des regards sur moi.

qui nous imagine ensemble, sérieux ? deux béliers enflammés et masos, c'est sûr que ça match dans l'horoscope ?

quoi qu'il en soit, je refute pas l'idée. mais j'oublie pas que l'espoir qui nous nourrit devient aussi la tristesse qui nous détruit.

je préfère prendre les sous-entendus du papi au 3ème degré, mieux vaut protéger mon coeur.

deuzio, les embrouilles avec ivy me pètent les ovaires, et j'ai décidé d'enfin mettre les choses au clair en allant la voir à l'improviste. j'aime trop faire des trucs comme ça, si elle est pas là je l'aurais dans le baba. mais je suis prête à prendre le risque parce que j'aurais pas eu les cojones de l'appeler dans tous les cas.

elle est rentrée il y a trois, quatre jours si j'en crois ses story insta. j'ose espérer qu'elle se remet encore de son voyage.

en tous cas ça me fais quelque chose dans le coeur de revenir chez elle comme ça à l'improviste et tourmentée. je ressens un tel poids sur mes épaules que j'ai l'impression de me revoir presque 1 an en arrière, avec mes bagages et mon spleen.

je souffle un bon coup devant l'interphone, puis après quelques minutes de réflexion je me décide à sonner.

dix secondes... puis vingt...

je finis par être soulagée de son absence, j'hésite entre réessayer ou me barrer en courant. puis j'entends :

— kamiya ?

je me recule pour déceler la provenance de la voix, même si je sais que c'est elle.

— salut ivy...

— qu'est-ce que tu veux ?

la couleur est annoncée.

c'est gris sidéral, comme le métal.

mais pas question de me dégonfler, avec ivy on en a vécues des embrouilles, même si notre amitié en prend un coup ce soir, j'aurais au moins déversé mon sac.

— je veux qu'on mette les choses au clair.

elle m'observe un petit moment, pas vraiment réceptive.

puis elle disparaît derrière sa fenêtre et j'entends la porte du hall s'ouvrir dans un bruit sourd.

il est temps de parler la langue de molière.

🥀

coucou vous,

chap un peu court, il devait être plus long de base mais j'ai encore une fois préféré le publier parce que ça fait longtemps...  je sais pas gérer mon temps mdr.

la suite bientôt :)

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