Chapitre Vingt-Cinq

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-Qu'est ce que tu me veux, putain ?! S'écrie Reece

     Son père était gaillardement assit dans le siège en cuir marron du mini-van. Il ne semblait pas avoir peur des gens qui s'étaient arrêtés pour le regarder. Il n'agissait pas comme tous les fugitifs, non, lui semblait ne pas avoir peur du tout de la loi.

-Je t'ai demandé de monter ! S'écrie Cress

-Je n'irai nulle part avec toi. Réplique Reece

     Quelques secondes plus tard, le mini van prit le tournant à droite. Cress regardait fixement, il l'examinait du regard. Reece, lui avait collé sa joue à son poing, essayant de contenir la colère qui montait en flèche dans sa tête.

-Qu'est ce que tu veux ? Demande Reece

-Toi et moi, on a des choses à se dire. Dit Cress en regardant par la fenêtre.

     La berline tourna vers la droite une seconde fois. Reece regardait autour de lui. Ils étaient assis face à face de telle sorte que Reece soit en face de Cress.

-Où est ce que tu m'emmènes ?

      Il regardait autour de lui en affichant une mine de dégout. Il y'avait des gens complètement défoncés qui grouillait les rues, des fumeurs, des alcooliques. C'était un quartier vraiment miteux. Ca sentait la violence à coin de rue et cet aspect de guerre des quartiers semblait si présent.

-C'est quoi cette porcherie ? Fit Reece

-Cette porcherie comme tu l'appelles c'est ce qu'on appelle le ghetto. A une époque, c'était ma maison. Commence Cress. Pendant longtemps, j'ai cru que le problème venait du fait que toi, tu sois un gamin stupide et écervelé, ta sœur un peu trop naïve et qu'ensemble vous avez été éduqué par une bête sauvage mais enfaite...je me trompais. Le vrai problème vient du fait que vous n'avez pas connu ce monde...

    Appuyé contre la paroi de la portière coulissante, Reece eut un rire qui se voulait moqueur. Il regardait son père du coin de l'œil, mimant de ne pas prêter attention à ce qu'il dit.

-...Vous n'avez pas vécu dans cette souffrance parce que moi, je l'ai voulu.

-Oh !! Vraiment ? Fit Reece

-C'est vrai, je vous ai construit un mur de luxe et de pacotille qui vous sépare du monde réel et que vous ne voulez même pas traverser. Avec tes petits caprices de fille gâtée pourrie, tu n'as fait que bouder dans ton coin, mais tu n'as jamais voulu être un homme, tu n'en as jamais eu les couilles. C'est un peu de ma faute, je n'ai fait que vous bichonner et vous rendre mou comme une bande de morveuses à tel point que vous avez oublié ce que c'est que de souffrir.

-Haha...Hum. Fit Reece, le sourire en coin. Tu me fais doucement rire.

-La seule souffrance que vous ayez connu c'est de dénouer vos écouteurs et de cuire une omelette. Vous vous êtes éloignés de l'objectif sans vous en rendre compte, non vous vous comportez comme des putains de p'tits blancs. Vous avez oublié tout ça alors que là, il y'a des gens qui souffrent. Tu en es arrivé au point où tu grattes des faveurs en faisant ami-ami avec des putains de blancs.

    Il eut un court-circuit dans le cerveau de Reece. En plus de l'insulter de la sorte, Cress s'attaquait à Sayeed. Il n'avait pas le droit de parler de lui de la sorte, Sayeed était l'un de rares qui lui avait tendu la main alors que tout le monde accusait son père d'être un vulgaire criminel et un assassin. Sayeed, lui était là pour lui, inconditionnellement.

-Chauffeur, ouvre cette putain de portière ! Crie Reece qui commençait à s'énerver.

     Ca ne suffisait pas, Cress voulait appuyer beaucoup plus fort...où ça faisait mal. Reece ne savait pas vraiment ce qu'il cherchait à faire en lui balançant tout ça à la figure, mais il a réussit...Reece était en rogne.

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