"Tout ce que je voulais, c'était être l'égale de ma mère"
Charlotte n'a qu'une ambition : devenir une grande gymnaste. Comme sa mère. Alors quand l'occasion se présente, elle n'hésite pas une seule seconde. Pourtant elle n'imagine pas le nombre d'ob...
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
Mess It Up – Gracie Abrams
Je ne m'attendais certainement pas à cette réaction. Mais je suppose que c'est la seule que je mérite après autant de temps d'absence. Ce serait mentir de dire que je n'espérais pas qu'elle me prenne dans ses bras, ou qu'elle m'embrasse ; ça fait des semaines que je réfléchis à comment je lui annoncerais mon retour. Des semaines que je me languis de la revoir. Tout ce temps, elle était la seule constante de mon quotidien misérable. Mais rien ne m'a préparé à ce moment.
Moins d'une minute. C'est le temps qu'il m'a fallu pour réaliser que mes sentiments n'ont pas changé d'un iota en trois mois.
Je reste planté devant sa porte, me demandant si Charlotte va la rouvrir, ne serait-ce que pour voir à nouveau son visage. Si elle ne veut plus jamais me parler, je pourrais très bien me contenter de cette dernière image pour le restant de mes jours.
Charlotte est aussi belle que dans mes derniers souvenirs d'elle à l'hôpital, juste avant que je ne prenne la fuite.
Non... elle est encore plus jolie qu'elle ne l'était. Elle a coupé ses cheveux, ses yeux bleus ont retrouvé cette étincelle que j'aimais tant avant qu'elle ne disparaisse, et son sourire était plus radieux qu'il ne l'a jamais été jusqu'à ce qu'il retombe à la seconde où elle m'a vu. Elle a repris du poids donc je suppose qu'elle est en meilleure forme. Mais mon regard n'a pas manqué les cicatrices rosées qui barrent ses deux avant-bras. Aussitôt, la culpabilité me ronge. Elle a morflé, et je me sens responsable.
Je me suis forcé à l'oublier. Mon chagrin me détruisait, elle méritait mieux que quelqu'un qui n'attendait plus que la mort vienne le cueillir. Si je m'étais écouté, je serais revenu à elle dès qu'elle me l'avait demandé dans ses messages. Je devais l'oublier pour devenir quelqu'un de meilleur. Mais là tout de suite, je me rends compte que Charlotte Miller n'est pas le genre de femme qu'on oublie.
Jamais je ne pourrais oublier tout ce qu'elle me fait ressentir depuis qu'elle m'a bousculé dans ce couloir. Je l'aime plus que je ne me suis jamais aimé avant qu'elle n'entre dans ma vie. Et ça me tue de penser qu'elle ne voudra probablement plus jamais de moi.
Comprenant qu'elle ne me rouvrira pas, j'opère un demi-tour, avec la sensation que je ne l'ai pas seulement abandonnée, mais carrément perdue. Je remonte vers ma voiture et prends la direction du mon quartier mais je ne rentre pas tout de suite chez moi. Oui c'est lâche. J'ai fui la maison car je ne m'y sentais plus à ma place. Pour moi, ce n'était plus la maison sans Lucy. Mais j'ai réalisé, tout le temps où je me suis éloigné que chez soi n'est pas que quatre murs, ce sont les gens qui sont un foyer, un refuge. Amis, famille. C'est vers eux que vous vous tournez quand tout part en vrille. J'ai mis du temps à m'en rendre compte.
Il faut d'abord que je trouve Drew. Je me trompe sûrement mais c'est potentiellement la seule personne qui m'en voudra le moins. Comme d'habitude, c'est sur notre vieux terrain de basket que je trouve mon meilleur ami en train de s'entraîner en solo. Le sol m'a l'air dans un état encore pire qu'avant. De loin, je le regarde enchaîner les techniques et les paniers.