"Tout ce que je voulais, c'était être l'égale de ma mère"
Charlotte n'a qu'une ambition : devenir une grande gymnaste. Comme sa mère. Alors quand l'occasion se présente, elle n'hésite pas une seule seconde. Pourtant elle n'imagine pas le nombre d'ob...
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« I wanna say "without you, everythin's wrong and you were everythin' I need all along" »
Wish You The Best – Lewis Capaldi
Ça ne peut pas être vrai. Ça ne pouvait pas être lui.
Ma main tremble encore sous le coup de l'émotion. Je le sais pourtant : le corps possède ce que l'on appelle une mémoire émotionnelle. Certaines expériences tactiles comme les caresses ou bien les coups, laissent une empreinte pouvant être réactivées avec une stimulation semblable.
Mais ce n'est pas possible !
Abasourdie, je m'écroule sur un tabouret. Sous mes paupières fermées, le film de mon séjour à l'hôpital. Des images fragmentées : les bips réguliers, la lumière froide, l'odeur iodée de l'antiseptique pour nettoyer mes plaies. Une pression sur mes doigts, une chaleur qui me hante encore, d'ailleurs. Quelqu'un était là pour moi, à attendre que je me réveille.
— Non. Non, ça ne pouvait pas être toi. Tu n'étais pas là.
Mon cerveau me joue des tours. Je me souviens de la main qui a serré la mienne à mon premier réveil, c'était celle de Spencer, j'en suis convaincue. Quand j'étais pleinement consciente, sa chaleur m'était familière.
— Tu me fais marcher, pas vrai ?
— Non, Charlotte. J'étais vraiment là. Glendale Memorial, chambre 4053. L'infirmière qui s'occupait de toi s'appelait Rebekah.
Je me redresse, le cœur battant à tout rompre. Il n'est pas censé connaître ces détails que j'essaie d'oublier.
— Stop ! Arrête !
J'ai la tête qui tourne. Il était venu, ce soir-là, quand je voulais disparaître. Quand j'avais décidé que le monde pouvait se passer de moi.
Je suis sans voix. Une vague de confusion me traverse : les souvenirs qui suivent ma tentative de suicide sont flous. Je ne me rappelle que de silhouette qui allaient et venaient dans ma chambre. J'étais entre deux mondes et il semble que je n'ai cru qu'à ce qui me semblait le plus rassurant à ce moment-là.
Qui lui a dit que j'avais été hospitalisée ?
— C'est Rachel qui m'a envoyé un message, devine-t-il. Elle m'a dit que tu avais essayé de mettre fin à tes jours. J'ai réservé le premier vol pour Los Angeles dans la minute qui a suivi et je suis venu te voir.
— Pourquoi ? Pourquoi être revenu à ce moment-là ?
— Tu me le demandes sérieusement ?
— Je t'ai contacté pendant des semaines ! Je t'ai envoyé je ne sais combien de messages, passé des centaines d'appels. J'ai même cherché ton nom dans les nécrologies ! éructé-je.