72. Tout faire basculer

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Il est bientôt quinze heure trente, l'heure que nous avons convenu avec Gabrielle pour discuter plus amplement du plan baptisé « détruire Scott Manning jusqu'à la moëlle », dans ce bar à jus de fruit, dans le quartier de Pacific Palisades.

Assise à côté de moi, Charlotte est tellement nerveuse qu'elle s'est muré dans le silence depuis que nous nous sommes mis en route. Ses lèvres sont parsemées de petites plaies à force de les mordre, ses mains tremblent tellement qu'elle décide de les coincer entre ses genoux. Mon épaule droite repose légèrement contre la sienne, ma main reste à proximité, lui laissant la décision de la tenir ou non. Rachel et Spencer discutent dans leur coin mais je ne leur prête pas attention, trop focalisé sur la rouquine.

Quelques minutes plus tard, Gabrielle passe les portes du bar et nous repère aussitôt. Charlotte est la première à se lever pour saluer l'amie de sa mère d'une accolade. L'ancienne gymnaste olympique l'enlace dans un mélange de force et de douceur maternelle.

— Décidément, on ne se rencontre jamais dans les bonnes circonstances, toi et moi.

— Espérons que les prochaines fois soient plus joyeuses, répond Charlotte.

Gabrielle s'assoit face à Charlotte et demande de ses nouvelles en attendant nos boissons fraîches. La rouquine masque son stress à travers des sourires timides mais je remarque les muscles tirés de son cou gracile et la façon dont elle tire sur les manches de son cardigan. Lorsque les verres sont déposés sur nos tables, elle s'empresse de refermer ses paumes autour pour leur donner une occupation.

— Bon, je crois qu'on est là pour parler d'un sujet important, ose Gabrielle.

Un silence lourd de tension tombe autour de la table, tout le monde se raidit. Charlotte acquiesce à plusieurs reprises, une façon de de se donner du courage.

— Tirer des aveux irréfutables de Manning, en le filmant en son insu, c'est bien ça le plan ? s'enquiert Charlotte.

— Oui, confirmé-je. Je suis conscient que je t'ai très mal exposé le plan la dernière fois, c'est pour ça que Gabrielle est là.

Cette dernière tend son bras à travers la table en bois pour saisir le poignet de la rouquine, qui semble au bord des larmes. Gabrielle lui expose l'intégralité du plan qui pourrait tout faire basculer, de l'utilité de la vidéo jusqu'à l'intervention de la police en simultanée.

— On se croirait dans un film d'action, lance Charlotte en enfonçant ses doigts dans ses paupières. Est-ce que le lieutenant Barnett est au courant ?

— Pas encore. On voulait attendre de savoir si tu acceptais de mener le plan avec nous avant de lui parler de quoi que ce soit, avoué-je.

— Vous avez pu contacter d'autres témoins ou victimes ? interroge Rachel.

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