Los Angeles, avril 1996
LIAM
— Il faut qu'elle aille à l'hôpital, Liam, affirme Asclépios. Je ne suis que chirurgien.
Joy venait de tomber dans mes bras et une flaque de sang se répandait autour d'elle.
— Je vais l'y conduire, je déclare en attrapant une veste.
— Oh non, non, non, tu ne vas nulle part Li, tu restes là, je l'emmène, me dit Tom.
— Hors de question, toi tu restes ici pour Marius. Je peux marcher, je montre en faisant trois pas.
— Alors je t'accompagne, intervient Louise.
Elle me défit du regard et je sens que mon non n'aura aucun effet sur elle. Donc j'accepte.
— D'accord.
Après avoir enfilé un t-shirt et un pantalon, je transporte Joy qui perd toujours du sang jusqu'à la voiture. Je la place sur la banquette arrière. Avant que je ne puisse m'asseoir côté conducteur, Louise m'arrête d'une main.
— Il est hors de question que tu conduises. Tu montes à l'arrière.
Elle me passe devant sans me laisser le temps de répondre quoique ce soit.
Je fais alors ce que mon amie m'a ordonné et prend place à côté de Joy. Pendant tout ce temps, ce n'est plus une douleur physique qui se fait ressentir, mais une douleur mentale. Je ne pouvais pas me permettre de la perdre alors que je venais tout juste de la trouver.
°°°
— Monsieur Serra ? m'appelle un docteur.
Après quelques heures à attendre, on m'appelle enfin. L'attente était longue. Nous avons bu cinq verres de café chacun pour rester éveillés. En attendant, je tenais Tom au courant de l'avancée des diagnostics et des informations.
— Oui c'est moi, je me lève pour aller à sa rencontre. Comment va-t-elle ?
— Elle va mieux, mais elle a besoin de repos. Les saignement sont dus à un trop-plein de stress, qu'est-ce qu'il s'est passé ces derniers jours ?
Ce n'est donc que du stress. La pression retombe. Plus de peur que de mal. Je cherche une excuse valable pour ne pas soulever des soupçons. Je repense au chien de Joy et lui dit:
— Nous avons perdu notre chien il y a quelques jours, elle était dévastée et elle a tendance à broyer du noir et à imaginer le pire.
— Il lui faudra certainement quelques jours de repos pour qu'elle reprenne des forces. L'endométriose de votre femme n'a pas arrangé son état.
Joy fait de l'endométriose. C'est une information que je garde dans un coin de ma tête.
— Je peux la voir ?
— Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, elle doit se reposer.
— S'il vous plaît, je le supplie.
Il hésite un instant avant de m'emmener à sa chambre. Je préviens Louise et je la laisse dans la salle d'attente.
Joy ouvre les yeux à mon arrivée.
— Allez-vous, s'il vous plaît arrêter de me faire des frayeurs de la sorte ?
— Désolée, dit-elle faiblement.
— Arrêtez de vous excuser.
Je m'assois sur la chaise à côté de son lit dans cette chambre maussade.
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L'AMOUREUX
RomanceDans le monde de la bourgeoisie italienne dans les années 1990, les gens ont une passion pour les soirées et galas, les ventes aux enchères, les belles voitures. L'argent fait leur bonheur et ils ne le cachent pas. Mais les choses se corsent quand o...
