Chapitre V : Petite partie ?

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Venise, février 1996

JOY

La fameuse robe noire de ce matin se tient là, devant moi, avec la jeune femme au carré noir et aux yeux bleus dedans.

Je ne peux pas mentir, je la trouve absolument magnifique, mais je n'arrive tout de même pas à me souvenir de l'endroit où je l'avais déjà vue.

Nous restons là, à nous dévisager durant quelques secondes jusqu'au moment où une toux nous coupe dans notre fausse rivalité.

— Excusez-moi signora, peut-on entrer ou vous comptez nous faire rester là toute la soirée?

Je tourne la tête pour apercevoir le jeune homme qui l'accompagne. Quelle surprise quand je reconnais l'homme de la vente aux enchères à son bras, celui qui m'a prise pour une escort et celui que j'ai recroisé le lendemain à l'opéra.

Je reste, cependant, abasourdie par sa beauté.

Il ressemble à un demi-dieu.

Que font-ils ici ? Qui sont-ils ?

Je me racle la gorge avant de lui répondre :

— Et vous êtes?

— Ah! Liam, vous voilà enfin, Ernesto apparaît comme par magie à mes côtés.

Il tend la main au fameux Liam et celui-ci l'empoigne. La jeune femme, elle, lui tend la main pour qu'Ernesto puisse lui faire un baisemain.

Je me souviens maintenant. C'est la femme qui était avec ce Liam l'autre jour à Paris. Probablement sa compagne.

— Entrez donc, les invite Ernesto.

Je me racle la gorge pour signaler ma présence et Ernesto se retourne. Il lui arrivait de m'oublier dans la discussion avant de se souvenir de ma présence.

— Oh bien sûr, excuse-moi chérie, il passe sa main dans mon dos pour m'approcher. Liam, je te présente Joy, ma fiancée.

— Ta fiancée ? dit-il avec l'air faussement étonné.

— Oui, Joy et moi sommes ensemble depuis maintenant quelques années et nous avons donc décidé d'officialiser et de se dire oui, répond Ernesto.

C'était plus moi qui avait dit oui. Et le choix n'était pas grand.

— Il me semble que nous nous sommes déjà rencontrés, non ? me demande-t-il droit dans les yeux, l'air innocent.

— Oui, je crois vaguement me souvenir de vous à Paris, je réponds hâtivement. Vous n'étiez pas l'un des portiers de l'opéra par hasard ?

Ledit Liam ricane dans sa barbe en regardant la jeune femme présente ses côtés. Celle-ci m'envoie un regard noir. Elle n'a pas dû apprécier la façon dont j'ai traité son bien-aimé. Je n'en ai que faire à vrai dire, son avis sur ma personne m'importe peu.

Je détourne le regard de celle-ci et souris faussement à Liam et Ernesto.

— Voyons chérie, Liam ne pourrait jamais être qu'un simple portier, complète Ernesto.

— J'ai dû confondre, il faut dire que le rôle vous va si bien, je lui souris de toutes mes dents.

En replongeant son regard dans le mien, il dit :

— Je suis surpris de votre courte mémoire, Joy.

Tous les poils présents sur mon corps se hérissent à l'écoute de mon prénom dans sa bouche. Ernesto les pousse tous les deux dans le salon, me laissant derrière eux. Je rentre et me dirige vers le balcon à l'étage pour prendre l'air. Je sors pour contempler les lumières de Venise.

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