Venise, mai 1996
JOY
— Liam ?
La porte s'ouvre.
Je suis arrêtée à seulement quelques mètres du véhicule et derrière moi, Marius garde ses distances.
Un homme marqué par le temps, possédant une barbe aussi grise que ses cheveux, sort de la voiture. Il est suivi d'un homme roux et d'un blond.
— Qui êtes-vous ? Où est Liam ?
— Joy ?
Comment me connaissent-ils ?
— Cela dépend de qui demande.
— Joy, m'appelle alors Giovanna.
— Vous les connaissez? je me tourne vers les amis de Liam en pointant du pouce les trois hommes qui viennent de sortir de la voiture.
Marius détourne le regard.
— Bon sang, mais durant combien de temps allez-vous garder vos petits secrets ?
— Joy, prend la parole l'homme âgé, je suis Leonardo, voici Nino et Tommaso, nous sommes des amis de Liam.
Je croise mes bras sur ma poitrine.
— Je ne vous crois pas.
— Tu devrais.
Je me retourne et Marius s'est avancé en parlant. Rien n'a de sens. Liam n'est pas là et doit sûrement être avec Ernesto. Mes doigts se charcutent les uns les autres tant le stress se répand dans mon corps et mon esprit. Je n'aime pas ce qu'il se passe. Je n'aime pas qu'on me cache autant de choses. Je n'aime pas être prise pour une enfant.
— Crachez le morceau ou je vous brise vos bijoux de famille avec mes talons.
Une autre voiture arrive avant que je ne puisse exécuter mes menaces.
— Parlez ! je leur ordonne.
— Nous sommes..., commence celui qui a été désigné comme Nino.
La colère se mêle à l'impatience. Pourtant, une part de moi est toujours terrorisée de ne pas savoir où est Liam.
— Des amis.
Comme s'il avait entendu mes inquiétudes, non pas que je m'inquiète réellement pour lui, le concerné arrive essoufflé et répond à ma question avant Nino.
— Ce sont des amis, Joy.
— J'ai l'impression que ce n'est pas exactement ce qu'il allait me dire.
Plus personne ne parle. Je fais demi-tour et rentre dans la maison, énervée par tant de secrets. Louise essaie de me retenir par la main mais je m'en éloigne, pas d'humeur à écouter leurs discours.
Je monte les escaliers du perron et marmonne dans ma barbe :
— Bande d'imbéciles décervelés.
Je vais m'enfermer dans ma chambre, en claquant fort les portes pour leur faire comprendre à tous que je suis énervée, espérant n'être dérangée par personne car je jure, les dieux m'en sont témoins, que je brûle cette maison si on ose venir toquer à ma porte pour de soi-disant explications.
Quand je pénètre dans la chambre, Nana est allongée de tout son long sur le lit. Je sors sur le balcon pour prendre l'air et extérioriser le stress qui s'est accumulé. Toute cette histoire a fait bouillir mon cerveau. J'aperçois la piscine au loin et j'ai une soudaine envie de me rafraîchir. Un bain de minuit ne me fera pas de mal. Mes muscles sont si tendus qu'ils pourraient bientôt rompre.
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L'AMOUREUX
RomansaDans le monde de la bourgeoisie italienne dans les années 1990, les gens ont une passion pour les soirées et galas, les ventes aux enchères, les belles voitures. L'argent fait leur bonheur et ils ne le cachent pas. Mais les choses se corsent quand o...
