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J'avais tellement de questions à poser à Arthur mais je ne voulais pas non plus remuer le couteau dans la plaie.

Arthur : Pardonne moi Justice. S'il te plaît.

Puis il se mit à genoux, me suppliant.

Je me levais de suite du lit d'Arthur où j'étais assise et l'attrapa les épaules afin de le relever.

Je secouais doucement la tête avant de nous faire assoir tout les deux sur son lit.

- Tu ne devrais t'agenouiller devant personne à part Dieu ça il dit dans

|| Deutéronome 5:9 ||Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point; car moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent.

Arthur : Tu... Tu ne comprends pas ! Je t'ai fait du mal Justice. Je...

Il regarda ma poitrine avant de recommencer à pleurer.

Oui les hommes aussi ont le droit de pleurer ce n'est pas un crime.

Mais pourquoi a t-il regardé ma poitrine ? Je porte un tee shirt ample donc je suis bien couverte mais je me sens tout de même gênée.

Il pleura encore un moment avant de se calmer et de reprendre plus sérieusement.

Il regardait droit devant lui, n'osant pas croisé mon regard confus.

Arthur : Tout remonte à l'époque où nous allions encore à l'école du dimanche...

- Oui mais où est le rapport ?

Arthur : Ne m'interrompt pas s'il te plaît.

Je décide alors de fermer profondément ma bouche pour écouter le récit de mon ami.

Arthur : Nous n'étions que des enfants pourtant à mes yeux toi tu te démarquais déjà des autres.

Arthur : C'est grâce à ma mère que je t'ai connu tu sais. En souriant tristement.

-En faite tu vois ce manoir, l'entreprise et toute cette richesse, ça appartient à mon grand père. Tout devait revenir à mon père mais il était militaire et il est mort assez jeune sur le front de bataille lorsque ma mère était enceinte de moi. Je n'ai donc jamais connu mon père.

- Cette richesse n'a malheureusement pas été acquise par la sueur du front de mon grand père. Il a procédé à des échanges avec des sorciers. Et comme il est mort, il lui fallait un héritier pour entretenir son héritage.
Cet héritier c'était moi. Mais posséder tout ce luxe engendrait d'énormes conséquences. Je devais alors servir la confrérie de mon grand père qui est un grand sorcier reconnu dans le monde des ténèbres.

- Ma mère a catégoriquement refusé que je sois entraîné dans ces affaires de sorcelleries vu qu'elle était chrétienne. Elle a prié jour et nuit pour moi. Et un jour mon grand père est mort.

- On croyait que c'était la fin de nos souffrances mais elles ne faisaient que commencer. Après la mort de mon grand père, les esprits me réclamaient de plus en plus et maintenant que mon grand père avait atteint le monde des ténèbres pour de bon, il en devenu le roi ou un truc du genre. La vie de prière de ma mère avait diminué après la mort de mon grand père. On était de plus en plus combattu ma mère et moi et elle tomba gravement malade.

- Le chagrin dû à la dégradation de la santé de ma mère et les attaques de mon grand père me rendit fou. Je me comportais bizarrement, j'étais dégueulasse et tout le monde me fuyait comme la peste sauf...toi.

-Tu m'as toujours intrigué Justice. Certes tu ne venais pas taper la causette avec moi mais tu ne me regardais pas comme les autres me regardaient.
Lorsqu' il me regardait avec dégoût, toi tu me regardais avec bienveillance.

- Je me souviens qu'un jour tu as trébuché par ma faute et j' étais là à te regarder au sol sans rien faire ni même présenter mes excuses. Au lieu de me sermonner tu m'as juste souris avant de te relever.
Ou encore un autre jour je jouais avec... Hum mon rhume et... Les autres me filmaient mais toi tu m'as tendu un mouchoir.

Je ne me souvenais pas du tout de tout ça moi.

-Pourquoi as-tu arrêté de venir à l' école du dimanche alors ?

Il baissa la tête avant qu'une larme ne coule de ses yeux.

Arthur : Ma mère est morte, il n'y avait plus personne pour m'y emmener et j' ai été mis dans un orphelinat. Là bas, les brimades et le harcèlement se sont accentués. Je... Je n'en pouvais plus. J'ai pensé mainte et mainte fois au suicide mais je ne voulais pas décevoir ma mère qui c'était tant battue pour que je reste en vie et en bonne santé.
Chaque nuit je voyais mon grand père en rêve. Il me disait qu'il me voulait du bien et qu'il allait arrêter toutes mes peines, qu'il me rendrait puissant et que personne n'oserait plus jamais se moquer de moi. Il disait qu'il  enverrai des gens pour me sortir de l'orphelinat.

- Alors j' ai accepté d'être son héritier. Il a envoyé le major d'homme et des tas de servantes.

Je paniquais de suite en me souvenant du rire démoniaque d'une des servantes. Je n'entendais aucun bruit dans le manoir. Ce qui m'inquiétait encore plus.

Arthur : Le major d'homme, les servantes, tous sont des esprits. Mon grand père les avait envoyés pour s'occuper de moi. Je vivais vraiment dans une cage d'orée. Je ne dormais plus c'était affreux.

-Pourquoi dans l'autre monde tu étais couvert de blessures?

Désolée mais j'ai trop de questions à lui poser je suis obligée de l'interrompre.

- C'est mon grand père qui me les a faites pour me punir d'avoir refusé de te tuer. Je devais mourir aujourd'hui mais vous étiez là. Jésus et toi.

Puis il sourit à nouveau.

-Pourquoi moi? Pourquoi ton grand père voulait que tu t'en prennes à moi?

Arthur : Il voulait que je finisse ce que j'avais commencé dans le passé.

Il regarda a nouveau ma poitrine.

Arthur : Ton cœur. C'est moi qui l'ai abîmé. J'aurais pu faire plus de dégâts mais tu as un grand Dieu qui veille sur toi et des parents qui tapent des mamas na prière.

Je rigolais face à l'expression qu'il a employé.

Arthur : Je t'en voulais vraiment parce que je trouvais que ta vie était trop parfaite. Tu avais des parents aimants et vous étiez riches alors que ma mère s'écroulait sous les dettes. Du coup la première chose que j'ai faite quand j'ai eu mon héritage c'est m'attaquer à toi. Mais aujourd'hui je regrette. Je regrette vraiment Justice.





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