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Taylor: À mes yeux, ma mère était la plus belle, la plus douce.
Sa cuisine était juste waouh.
Elle cuisinait avec amour pour moi et mon père.
Elle aimait chanter et danser pour Jésus et moi, je la regardais faire.
Elle me parlait souvent de lui, mais quand j'étais petit, je m'en foutais.

- En mode là tu ne t'en fou plus ?

Il me regarde avec un regard de braise qui me fait fermer mon clapet.

Il ne veut pas que je l'interrompt d'accord mais ya pas à regarder les gens comme ça wesh.
Pire que le regard d'un papa africain.

Ses yeux se remplissent à nouveau de larmes mais il ne pleure pas. Il détourne son regard du mien.
Ce doit être des souvenirs déchirants pour qu'il agisse de la sorte.

Taylor: Mon père, maltraitait ma mère, il la frappait et l'insultait chaque jour dans la maison.
Mais dehors, il traitait ma mère comme étant le bijou le plus précieux du monde. Comme un trophée que tout le monde devait voir.

Taylor: Moi, lorsque ma mère était encore en vie, j' étais le champion de mon père, son héritier.
À l'époque, nous étions encore pauvres.
Lorsque j'avais 5 ans, ma mère est tombée enceinte et elle a donné naissance à une fille.

Taylor: Elle était née sans handicap, toute belle. Je me rappelle de l'avoir tenu une fois dans mes bras avec l'aide de maman et qu'elle m'avait souris.
Ce jour là, je m'étais promis de la protéger de tout les garçons qu'elle rencontrerait dans sa vie. Me confia t-il avec un sourire triste.

Taylor: Mon père ne connaissait pas encore le sexe du bébé. Lorsqu'il l'a appris, il a vrillé.
Il a dit que c'était juste une perte de temps, du gaspillage d'argent et tout ce qui est mauvais juste parce que c'était une fille et qu'à ses yeux, elles ne servaient à rien, qu'elles étaient faibles.

Taylor: Un jour de pluie, alors que le bébé dormait tranquillement dans son berceau, mon père la prit dans ses bras. Au début j'étais heureux qu'il s'intéresse à ma sœur vu qu'il ne la touchait jamais, l'ignorait quasiment et insultait ma mère lorsqu'elle se mettait à pleurer la nuit. Même si elle était la plus calme des bébés.
Mais je regrette d'avoir été heureux ce jour-là.
Les cris affolants que ma mère poussait ont transpercé mon âme ce jour-là et ils continuent de me hanter jusqu'à présent. Cela m'apporte tellement de regrets.

Taylor: Ma mère criait à s'en déchirer les cordes vocales. Elle criait pour essayer d'arrêter mon père, elle criait pour protéger ma sœur.
Elle... Elle...

Puis, une lame s'échappa de ses yeux pour atterrir sur ses joues.

Il se levait déjà pour partir alors, je l'attrape le bras pour le ramener sur ce même canapé.

Je le prends dans mes bras et le serre fort.

- Si tu as honte de pleurer devant moi, que tu ne veux pas que je te vois pleurer alors pleure dans mon dos. Me raconter ton histoire va te libérer un peu ok?
Comme moi je l'ai fait avec toi.

Sa tête se mobilise sur mon cou. Signe qu'il accepte.

Taylor: Mon père avait attaché ma mère. Elle ne pouvait donc pas sauver ma sœur.
Il emmena ma sœur dehors, sous la pluie et la posa sur le sol humide et froid du jardin.
Puis, il revint à la maison.
Il me fit comprendre que si je sortais, il me tuerait.
Il me disait que si j'essayais d'aider ma mère, il me frapperait tellement fort qu'on ne pourrait plus me reconnaître.

Taylor: Alors comme un froussard, je regardais ma sœur s'éteindre par la fenêtre. J'entendais ses cris diminuer petit à petit. Je voyais son corps passer du blanc au bleu. Et ma mère trembler comme si on lui arrachait une partie de son âme.
Lorsque finalement on entendait plus de cries, ma mère me regarda.
Elle ne faisait que me regarder d'une façon neutre, elle ne me parlait pas. Elle me regardait juste mais à mes yeux, son regard me disait :

"T'aurais pu la sauver"

Oui j'aurai pû Judiya mais je ne suis qu'un imbécile ! Un monstre comme tu dis.

Je voulais parler mais il continua son histoire pour m'en dissuader.

Taylor: Ma mère ne supportait pas la mort de ma sœur alors, elle ne mangeait presque plus, elle ne me parlait plus, elle ne vivait plus. Ce qui énerva mon père car selon lui, elle perdait de sa beauté et qu'il ne pourrait plus la présenter à qui que ce soit dehors. Ma mère ne disait rien, alors mon père commença à la frapper pour une énième fois.
J'avais fait une erreur avec ma sœur mais je ne voulais plus faire la même avec ma mère. Je m'interposai donc entre les deux. Mon père me fit voltiger avec la clac qu'il m'avait assénée. Il me rappella qui était le maître de la maison avec les nombreux coups qu'il me mit pour que je me rappelle bien de ne pas me mêler de ses affaires.
J'étais au bord de l'évanouissement quand je le vis fracasser la tête de ma mère contre un mur. Elle me regardait avec un sourire et au même moment, je fermai les yeux et plongeais dans l'inconscience. Dans cet inconscience, je me rappelais des mots qu'elle m'avait dit un jour.

"Si je pars mon chéri, ne sois pas triste car je serai heureux dans le ciel avec Jésus pour avoir choisi de combattre le bon combat"

Taylor: Puis, ma vie vira au cauchemar quand mon père rencontrera un homme d'affaires fortuné et qu'ils devinrent associés. Mon père me força à faire des choses dont je n'avais pas envie sous menace qu'il allait me tuer. Moi qui disais pouvoir protéger ma sœur de tout les garçons qui allaient l'approcher, je n' ai même pas pû la sauver de mon père.
Le jour où tu m'as donné ta bible dans le parc je voulais mettre fin à mes jours dans l'espoir de rejoindre ma mère et ma sœur dans le trépas car pour moi, il n'y avait que des gens méchants dans le monde.
Mais tu m'as prouvé le contraire. Tu m'as fait comprendre que si je meurs, je n'irai pas au même endroit que ma mère car elle était juste. Alors j'ai voulu devenir juste. Depuis ce jour au parc, je voulais savoir comment tu faisais pour être aussi gentille mais je ne comprenais toujours pas. Alors j'ai décidé de lire le livre que tu m'avais donné mais il y avait tellement de mots, de phrases qui ne voulaient rien dire à mes yeux.
Je me disais que c'était ce livre qui t'aidait à être comme ça.
Lorsque je t'ai vu à la fac avec le même livre, les mêmes initiales, j'ai tout de suite su que c'était toi. C'était un signe que c'était toi qui devait m'aider à comprendre ces mots, ces phrases.

Je suis choquée par tout ses aveux.
Son passé tragique et tout ça.

- Pour lire et comprendre la parole de Dieu, il faut avoir d'autres yeux pour voir et une grande sagesse pour comprendre. Et ça, seul le saint esprit peut te les donner. Souriais-je.

Je me décolle doucement de lui et il a les sourcils froncés.

Il essuie des larmes que j'ignorais même avoir fait couler sur mes joues.

-Tu n' es pas un monstre Taylor. T'es même quelqu'un de bien. Il te suffit juste d'accepter Jésus dans ta vie pour être libéré de tes péchés. Peut importe ce que t'as fait, consciemment ou inconsciemment, tant que tu regrettes vraiment et que tu acceptes son amour pour toi, il te pardonnera.

Taylor: Je ne veux plus faire du mal Judiya. Je n'ai plus peur de la mort ou des menaces de mon père. Je veux accepter Jésus. Je me sens si lourd à l'intérieur mais en même tant je sens un grand vide à l'intérieur de moi mais je sais que Jésus peut le combler.

- Amen.










||Proverbe 20:12 ||

Des yeux pour voir, des oreilles pour entendre sont l'œuvre du Seigneur.

JUSTICE Où les histoires vivent. Découvrez maintenant