Le soleil frappait fort cet après-midi-là, et je restais appuyée contre la barrière qui bordait le terrain de basket de la résidence. L'odeur de la résine, les cris lointains des enfants qui jouaient dans le parc voisin... Tout était paisible, mais mon regard était fixé sur Mathieu, en train de dribbler à quelques mètres de moi, concentré et presque gracieux dans ses mouvements.
Ce jeu entre nous avait commencé comme une stratégie, se faire remarquer ensemble, attirer l'attention des recruteurs pour être pris à la draft. Un faux couple, rien de plus. Pourtant, avec le temps, cette complicité forcée avait pris un goût de vérité qui commençait sérieusement à me perturber. Sans me laisser le temps de réfléchir davantage, il s'arrêta soudain, le regard brillant et le sourire en coin. Ce sourire...
— Hé, Mérida ! Tu comptes me rejoindre ou tu préfères rester là, à me dévorer des yeux ? Lance-t-il d'une voix amusée. Les deux me vont perso !
Je roule des yeux, masquant un sourire. Il me prend pour qui, celui-là ?
— Tu peux toujours courir, Lewis. Je me contente de vérifier que tu ne manques pas trop de talent pour qu'on soit recrutés tous les deux. Ce serai dommage que t'ai à me regarder d'en bas.
Il éclata de rire et s'approcha, toujours aussi sûr de lui, essuyant son front du revers de la main. Ce sourire en coin, cette attitude de mec qui sait qu'il plait et qui en joue... Il savait trop bien ce qu'il faisait, mais surtout l'effet qu'il avait sur moi.
— Pas d'inquiétude, princesse. J'ai un talent naturel, tu peux compter là-dessus.
Je secoue la tête, faussement exaspérée.
— Le jour où ton ego ne passera plus la porte du gymnase, je m'inquièterai vraiment. C'est sûr.
On s'envoya un sourire, et pendant un instant, j'eus cette étrange impression que notre relation évoluait encore s'encrant en moi sans que je puisse y faire grand-chose. Ce jeu de faux couple... Était-ce encore vraiment un jeu pour moi ?
Il rompit le silence en me lançant une nouvelle bombe, comme si de rien n'était.
— Demain, je pars pour trois jours, faire des essais au club de détroit. Entraînement intensif. Éric a fait jouer ces relations et si je n'y vais pas il m'y trainera de force.
Je faillis laisser échapper une grimace. Trois jours sans lui... 3674 kilomètres de distance... Ça ne devrait rien me faire normalement, entre nous ce n'est rien, ce n'est qu'un arrangement, un plan pour attirer les recruteurs. Il n'empêche que ces jours sans lui allaient probablement me sembler plus longs que je ne l'aurais cru. Mais pas question de le lui montrer.
— Eh bien, je vais enfin être en paix, ici, sans toi qui te prends pour une superstar. Répliqué-je en levant un sourcil. Il s'approche encore, son regard perçant braqué sur moi.
— Et je suis sûr que tu vas t'ennuyer sans moi, avoue le.
Ce mec est impossible ! Pour masquer la pointe de chaleur qui commence à me monter aux joues, je lui donne une petite tape sur le torse.
— Dans tes rêves, Mathieu ! J'ai une vie en dehors de toi, monsieur l'irremplaçable ! Mais au lieu de reculer, il attrape ma main et la garde un instant, ses yeux toujours plantés dans les miens.
— Ouais, mais pas autant que tu le prétends. Murmure-t-il, avec ce rictus en coin qui le rendait insupportablement sûr de lui.
Et là, il se passa quelque chose que je n'avais pas prévu. Mon cœur fit un bond, comme si je découvrais soudainement que derrière ce jeu, il y avait quelque chose de plus profond. J'aurais dû lâcher sa main, l'envoyer balader et détourner le regard, mais je n'y arrivais pas. Heureusement, mon téléphone vibra un peu plus loin sur le banc, me ramenant à la réalité. J'en fus presque soulagée, même si le numéro inconnu qui s'affichait sur l'écran me déstabilisait.
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NB Love
Romance« M'aimer a été sa bouée de sauvetage, mais l'aimer provoquera mon naufrage... » Léa Miller et Mathieu Lewis partagent plus qu'une passion pour le basket : tous deux sont les enfants de légendes sportives rivales et hantés par la perte d'un parent...
