Chapitre 33 - Léa

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         Cela faisait maintenant quelques mois que Mathieu et moi avions décidé de jouer au couple parfait. Quatre mois et demi, exactement. Et depuis, j'ai l'impression que tout mon monde a basculé. Tout le monde est convaincu de notre relation, même nos amis proches qui savent pourtant que tout ceci n'est qu'une mascarade semblent y croire pour de vrai. Et moi ? Parfois, je me surprends à oublier que c'est un jeu. Je dois avouer qu'il m'arrive d'y prendre goût. Depuis, tout a changé dans ma petite vie qui était pourtant avant si banal.

Au début, cela paraissait simple : juste un rôle, rien de plus. Mais plus les jours et les mois passent, plus le doute a commencé à s'infiltrer. Était-ce vraiment une bonne idée ? Peut-être pas, mais ça va aller, ce n'est qu'une histoire de quelques mois et il ne reste plus qu'un mois et demi avant la fin de tout ça, jusqu'à la draft.

Je me souviens encore du premier jour. Rien que d'y penser, j'en ai des frissons. C'était presque... insurmontable. Mais je me disais que ça n'allait pas être si difficile à persuader le campus étant donné qu'ils nous croyaient déjà plan cul quelques semaines avant à peine. Ce matin-là, j'étais arrivée sur le campus, un peu nerveuse, que dis-je, j'étais totalement tétaniser. Mon cœur battait à tout rompre, et j'étais si nerveuse que j'avais passé tout le trajet à m'en prendre à Lewis sans aucune raison, juste pour évacuer ma nervosité. Dès que nous avons mis un pied sur le campus, c'était comme si une centaine de regards s'étaient braqués sur moi. Un nœud d'angoisse se formait dans mon ventre. Avant même que je puisse paniquer davantage, Lewis avait attrapé ma main, d'un geste naturel, comme si c'était la chose la plus évidente au monde, puis m'a poussé à avancer.

— Souris un peu, Mérida. On dirait que je t'ai kidnappée. M'avait-il lancé quand j'ai essayé de libérer ma main de son emprise.

— C'est un peu le cas. En prenant ma main comme ça, tu viens de kidnapper ma dignité, avais-je répliqué.

— N'oublie pas qu'on est censés être fous l'un de l'autre. A-t-il répondu avec ce sourire en coin qui m'exaspère un peu plus chaque jour. On passerait pour quoi, si on se tenait aussi loin l'un de l'autre et sans aucun contact physique dans les couloirs ?

— Pour des gens normaux qui n'ont pas besoin de s'afficher !

Je grognai quelque chose sur le fait que couple ne rimait pas avec pot de colle, mais il n'en démordait pas.

— Fais-moi confiance, Mérida.

— Justement, c'est bien ça le problème !

Facile à dire. Moi, j'avais l'impression d'être une actrice ratée sur une scène bien trop grande. Les couloirs bondés n'aidaient pas. Il avait l'air tellement sûr de lui que ça me foutait la trouille. J'avais l'impression que tout le monde pouvait voir à quel point j'étais mal à l'aise. Mes expressions étaient ancrées sur mon visage et avoir la main de Lewis planquer dans la mienne n'arrangeait pas la chose. Ils vont nous démasquer j'en suis sûr, je ne fais pas parti du club de théâtre, je ne sais pas jouer un rôle moi.

Plus on s'enfonçait dans les couloirs, plus chaque sourire, chaque regard que je lançais me semblait terriblement forcé. Et pourtant, au fur à mesure que nous avançons, les regards curieux se faisait sentir, me faisant resserrais ma poigne autour de la sienne. La sonnerie venait de retentir, des étudiants que je connaissais à peine et des professeurs nous observaient en coin... À chaque pas, je me demandais si quelqu'un n'allait pas découvrir que tout ça est faux. Ce n'est pas moi et si chacun d'eux me connaissait réellement, ils l'auraient senti.

— Détends-toi. Avait chuchoté Mathieu. C'est écrit sur ton visage que tu veux t'enfuir.

— Imagine qu'on se fasse prendre ! Ou que les autres fasse une gaffe ? Et si un journaliste nous suit même en dehors du campus ? Lewis, c'était une idée stupide !

NB LoveOù les histoires vivent. Découvrez maintenant