Je suis assise dans la cuisine, le regard perdu dans la vapeur qui s'élève de mon macchiato caramel. Devant moi, une assiette de pancakes à peine entamée. Mon appétit est aussi absent que ma concentration. Mes pensées sont ailleurs. McQueen est à Détroit depuis hier seulement, juste un jour, pour passer des tests sportifs hors de la ville. Pourtant, une seule journée sans lui semble déjà être une éternité.
Cela fait six mois que nous partageons tout : les petits-déjeuners improvisés, les piques acérées qui flirtent avec la limite de l'insulte, les séances d'entraînement matinales et les footings. Et maintenant, c'est le vide. Je suis seule, confrontée à ma routine sans lui. Juste le silence et cette sensation oppressante que je n'arrive pas à chasser. Et même si je ne veux pas l'admettre, il me manque. Son sourire, sa voix, même ses remarques agaçantes. Je me répète que ce n'est que temporaire, que je peux gérer. Mais mon regard revient sans cesse vers mon téléphone posé près de ma tasse, espérant voir apparaître un message ou un appel, n'importe quoi. Mais rien. J'espérer juste avoir un signe, même bref. Mais il reste obstinément silencieux. Pas un "coucou", ni même un simple "tout se passe bien ici". Ce silence me rend folle.
Avant de partir, il était pourtant inquiet de me laisser seule. Au point de demander à Tony de garder un œil sur moi. Et lui et sa discrétion, passent leurs journées à me suivre partout. Évidemment, il essaie d'être discret mais l'avoir constamment derrière moi me file les jetons. J'ai déjà le sentiment d'être suivi en permanence alors s'il s'y met aussi je vais finir par devenir paranoïaque.
Un bruit soudain me tire de mes pensées. Le klaxon d'une voiture résonne devant la résidence et me fait sursauter. Je me lève brusquement et regarde par la fenêtre. Une camionnette postale vient de s'arrêter devant le portail. Le postier descend, un colis à la main, et lève les yeux vers la maison avant de sonner. Sans réfléchir, j'enfile mes chaussons et sors précipitamment.
— Mademoiselle Miller ? J'ai besoin de votre signature pour un colis, annonce-t-il en me voyant sortir sur le perron.
Un colis ? Je fronce les sourcils. Je n'ai rien commandé. En général, les livraisons passent par la boîte postale familiale, plus loin, à quelques rues d'ici. Curieuse, je descends jusqu'en bas de l'allée puis ouvre le portillon et signe sur le terminal que me tend l'homme.
Le colis est petit, une boîte compacte sur laquelle est inscrit en lettres rouges : "Attention fragile". Je la retourne entre mes mains, cherchant un indice sur l'expéditeur. Peut-être un cadeau ? Un ami ? Lewis ? Un membre de la famille ? Mon anniversaire approche, après tout. Mais pourquoi l'envoyer directement à la maison ? Qui prendrait cette peine de me le faire livrer ici ?
Je chasse un frisson d'inquiétude et remonte l'allée, refermant la porte derrière moi avec le colis sous le bras. De retour dans la cuisine, je m'installe sur une des chaises hautes, le carton posé devant moi. Après un instant d'hésitation, je prends un couteau du porte-couteaux et découpe soigneusement le ruban adhésif qui scelle la boîte.
Aussitôt, des cotillons de polystyrène jaillissent. Je fouille à travers, mes doigts balayant les fragments légers jusqu'à sentir quelque chose au fond. Une enveloppe. Juste une enveloppe, cachée sous cette avalanche de polystyrène ? Je la sors, perplexe. Pourquoi autant de précautions pour un simple bout de papier ?
Mes mains tremblent légèrement, la fraîcheur automnale s'infiltrant jusque dans la maison malgré la cheminée du salon. Après quelques efforts, l'ouverture cède, et une série de photos glisse sur la table. Mon souffle se bloque et mon cœur manque un battement. Je prends les clichés et les examine un à un. Les images montrent une scène que je revois clairement, moi, assise dans la voiture de Lewis. Ces photos datent d'il y a quelques jours, du matin où j'avais eu cette sensation étrange d'être observée près de l'arbre devant le campus. Maintenant, j'en suis certaine : je n'avais pas rêvé. Quelqu'un était bien là, caché. Cette personne me surveillait, et a capturé ce moment. Mais pourquoi ?
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NB Love
Romantik« M'aimer a été sa bouée de sauvetage, mais l'aimer provoquera mon naufrage... » Léa Miller et Mathieu Lewis partagent plus qu'une passion pour le basket : tous deux sont les enfants de légendes sportives rivales et hantés par la perte d'un parent...
