L'air frais me saisit dès que je franchis les portes de l'hôpital, mon sac à bandoulière pesant sur mon épaule. Chaque pas que je fais loin de cet endroit me rappelle que je suis encore là, debout, contre toute attente. Ma mère marche à mes côtés, le visage fermé et ses talons claquant sur le bitume.
Le trajet en voiture est d'un long silence, tendu. Richard, au volant, jette des coups d'œil furtifs dans le rétroviseur, mais il n'ose pas rompre le calme oppressant déjà installé. Moi, je fixe la route qui défile, incapable de chasser Mathieu de mes pensées. Son sourire épuisé, ses mains serrées autour des miennes, la nuit qu'on a passée à parler comme si tout le reste n'existait plus... Ces souvenirs occupent tout mon esprit, étouffant tout le reste.
À peine arrivée à la maison, je m'éclipse dans ma chambre. Tout ici me semble étrangement étranger : mon lit, mon bureau, chaque détail me renvoie à une vie qui me paraît si lointaine. Je commence à ranger mes affaires, essayant de repousser cette appréhension grandissante que quelques chose va arriver.
La porte s'ouvre brusquement derrière moi. Ma mère entre, son regard dur et perçant, me mettant immédiatement sur la défensive.
— Il faut qu'on parle, Léa.
Je continue de ranger mes vêtements, feignant l'indifférence.
— Visiblement, ça ne peut pas attendre, murmuré-je en posant une pile dans l'armoire.
— Non, ça ne peut pas. Écoute-moi bien. Son ton autoritaire emplit la pièce. Tu dois prendre une décision, et si tu n'en es pas capable, je le ferai pour toi.
Je me retourne, les bras croisés, prête à encaisser une nouvelle attaque.
— De quoi tu parles ?
— De Mathieu. C'est fini, Léa. Tu ne le reverras plus.
Son ton est tranchant, sans appel, et ses mots résonnent comme une sentence à mes oreilles. Mais pour moi, c'était comme si elle venait d'enfoncer un coup de poignard dans ma poitrine, traversant ainsi mon âme au passage.
— Tu n'as pas le droit de me demander ça ! rétorqué-je, ma voix tremblante d'un mélange de colère et de désespoir.
— Ce n'est pas une demande, c'est un ordre. Et crois-moi, un jour, tu comprendras que c'est pour ton bien. Tu me remercieras.
Je ris nerveusement, incrédule.
— Mon bien ? Tu crois que me séparer de la seule personne qui m'a aidée à tenir debout, qui m'a sauvée, qui m'a fait me sentir vivante ces derniers mois, c'est pour mon bien ?
Je claque violemment un tiroir, luttant contre les larmes qui montent. Mais elle reste imperturbable.
— Léa, je suis sérieuse. Tu crois que je ne vois pas ce qui se passe ? Ce garçon... il est un problème. Et s'il t'arrive encore quelque chose à cause de lui, je ne me le pardonnerai jamais.
— Mais qu'est-ce qui te dérange ? C'est ma vie !
— Léa, tu es sortie de ton lit hier soir alors que le docteur t'avait interdit le moindre effort. Tu risques ta santé pour ce garçon, et je ne peux pas le tolérer.
— Il m'a sauvé la vie, maman ! Est-ce que tu réalises seulement ce que tu dis ? Sans lui, je ne serais peut-être pas là !
Ses yeux se plissent, et une froide détermination teinte son expression.
— Peu importe. Si tu continues à le voir, je dirai tout ce que je sais aux journalistes.
Je me fige, mes mains suspendues au-dessus de mon sac.
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NB Love
Romance« M'aimer a été sa bouée de sauvetage, mais l'aimer provoquera mon naufrage... » Léa Miller et Mathieu Lewis partagent plus qu'une passion pour le basket : tous deux sont les enfants de légendes sportives rivales et hantés par la perte d'un parent...
