Chapitre 63 - Flash de lumière

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Point de vue de Léa

Chaque visage autour de moi semble flou, presque comme une brume, un reflet sans substance. Leurs yeux se posent sur moi, mais leurs regards ne me touchent pas. Je suis là sans être là. Un gouffre s'ouvre dans ma poitrine, et il grandit à chaque battement de cœur, chaque respiration. C'est comme si je me dissolvais dans l'air, comme si tout ce qui m'entourait était une illusion. Puis, d'un coup, une vérité écrasante m'assaille, violente : je suis en train d'effacer tout ce que j'ai connu, tout ce que j'ai vécu... Rien de tout cela n'est réel. Tout est dans ma tête.

L'air devient soudainement lourd, m'étranglant presque. La seule envie qui m'envahit, c'est de fuir, de tout laisser derrière moi, disparaître dans le néant. Mais quelque chose me retient, une force invisible, quelque chose de plus fort que ma volonté, comme un appel. Un appel que je ne peux ignorer.

Je tourne la tête, mes yeux se fixent sur Marco. Son regard est intense, lourd, chargé de sens. Il ne parle pas fort, il ne m'agresse pas, mais il me pousse à comprendre, à voir ce que je ne veux pas voir.

— Regarde-le, Léa.

Il parle doucement, mais ses mots frappent comme un marteau.

— Lewis est anéanti. Il ne supportera pas de te perdre. Pas après tout ce qu'il a déjà traversé.

La violence de ses paroles me laisse sans souffle. C'est comme une cloche qui résonne dans ma tête. McQueen. Mathieu. Celui qui a tout perdu. Celui qui s'est battu contre ses démons, contre la vie. Et moi, je suis là, prête à l'abandonner, à le laisser sombrer une fois de plus dans la douleur.

Je ferme les yeux, mais les mots de Marco s'infiltrent malgré moi, m'écrasant sous leur poids. Marco a raison. Il ne survivra pas à une nouvelle perte. Tout autour de moi devient flou. La réalité se dérobe sous mes pieds, je suis comme suspendue entre deux mondes. Mon cœur se serre, une douleur sourde envahit mon être, un vide immense me prend à la gorge, me lacère. Je suis déchirée, écartelée entre ce que j'ai connu et ce qui est en train de se briser.

Je sens mes poings se serrer, mes ongles s'enfoncés dans ma peau, comme pour me rappeler que je suis encore là. Je tente de respirer, mais c'est impossible. Mon cœur bat trop fort. Je sens la chaleur qui me brûle de l'intérieur. Un éclat de lumière, une sorte de clarté, jaillit dans ma tête.

Peut-être que je peux encore réparer quelque chose. Peut-être que tout n'est pas encore perdu.

— Tu n'es pas seule, Léa.

Marco parle, mais sa voix n'est qu'un écho dans ma tête.

— Cette peur, cette douleur... Elles te retiennent ici. Elles sont ton lien avec ce monde.

Ses mots sont comme des clés qui ouvrent une porte, mais tout semble si confus, si distant. Son regard est empli d'une telle certitude que je ne sais pas si je suis prête à y croire.

— Marco... je... je ne sais plus ce qui est réel. Pourquoi tout ça ? Pourquoi moi ?

Il s'éloigne légèrement, et un silence lourd s'installe. Il cherche ses mots, comme s'il savait que tout dépendait de ce qu'il allait dire ensuite. Puis, il me regarde, et dans son regard, je vois quelque chose qui me frappe, une douleur, une absence, un vide qu'il cache derrière un masque de force.

— Parce que tu es encore là. Parce que tu tiens bon. Parce que tout n'est pas fini, même si tu le crois. Mais pour ça, il faut revenir. Revenir parmi eux. Pour Mathieu. Pour ceux qui comptent sur toi.

Ses mots me prennent aux tripes. Ils résonnent dans ma tête comme une vérité que je ne veux pas entendre, mais que je sais être juste. Si je pars, si je me laisse engloutir par le vide, je laisse tout derrière moi. Mais si je reste... est-ce que je pourrai réparer ? Est-ce que je pourrai sauver quelque chose de ce qui reste de moi, de ce monde qui me fuit ?

NB LoveDes histoires addictives. Découvrez maintenant