L'entraînement touche à sa fin. Mes muscles sont en feu, la sueur ruisselle sur mon front, mais je ressens cette agréable satisfaction qui suit toujours les séances intense. À côté de moi, Mathieu plaisante avec les garçons, leurs rires résonnant dans le gymnase vidé de son agitation. Quelque chose dans son rire est différent, étrange, il semble faux...
Nous traversons les couloirs tous ensemble, à rire de tout et n'importe quoi et un sentiment étrange me traverse l'esprit : pourquoi tout semble toujours si compliqué dans ma vie ?
Depuis hier, quelque chose a changé. C'est subtil, presque imperceptible, mais je le sens. Une gêne plane entre nous. Je fais de mon mieux pour faire abstraction et paraitre naturel, mais tout semble moins simple. Pourquoi ? Je n'en ai aucune idée. Alors, je continue à rire, comme si de rien n'était.
Je décide de passer par le couloir tandis que les autres eux partent en direction du parking. Seul Lewis reste sur mes talons. Arrivée devant mon casier, je me penche pour récupérer mon sac quand une enveloppe glisse au sol. Mon estomac se noue instantanément. Pas encore... Je me baisse puis tends la main pour la ramasser, mais Mathieu me devance.
— Donne-moi ça, dis-je, tendant une main pressante vers lui.
Sans m'écouter, il l'ouvre. Je n'ai pas le temps de l'arrêter. À l'intérieur, des photos. Des clichés pris à travers la fenêtre de la chambre de Lucas. Mon souffle se coupe, mais je reste immobile, cherchant à masquer ma panique. Même si je ne le montre pas, ces photos à la suite des autres reçus il y a quelques jours, suivit des appels, me terrifie.
Mathieu fixe les photos, son visage passant de la curiosité à l'inquiétude.
— Miller... c'est quoi ça ?
Je lui arrache les clichés des mains, les plie rapidement et les fourre dans mon sac.
— Rien, dis-je, un sourire forcé accroché aux lèvres. Rien d'important.
Il me regarde, dubitatif. Il sait que je mens, mais il n'insiste pas. Pas tout de suite.
On marche en silence jusqu'au parking. Chaque pas alourdit l'atmosphère. Je sens son regard peser sur moi, insistant, mais je refuse de croiser ses yeux. Finalement, c'est moi qui brise le silence, avec un faux sourire plaquer sur les lèvres.
— Dit, Mc Queen, tu étais moins silencieux hier quand tu m'as plaquée contre la douche, lancé-je, le ton faussement détaché.
Son rire éclate, franc, léger, presque libérateur.
— Toi non plus, tu ne l'étais pas quand mes doigts...
— La ferme ! Le coupé-je en riant, tout en masquant ma gêne derrière une moue faussement offusquée. On a dit qu'on en parler plus.
Il sourit, mais son expression redevient sérieuse presque aussitôt.
— Ley', on peut parler de cette lettre ?
— Pourquoi faire ? réponds-je en haussant les épaules. J'en reçois une par jour. Rien de nouveau. Tout va bien. C'est la routine et je n'ai jamais rien subit jusqu'à maintenant donc tout va bien.
— Arrête, Léa, reprend-il, sa voix soudainement adoucie. Je vois bien que ça te bouffe. Même si ce ne sont que des menaces pour l'instant, tu ne devrais pas porter ça toute seule.
Je hausse un sourcil, agacée.
— Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? C'est toujours nous, les femmes, qui devons payer les pots cassés. Mais ça ne m'atteint pas. Je suis forte.
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NB Love
Roman d'amour« M'aimer a été sa bouée de sauvetage, mais l'aimer provoquera mon naufrage... » Léa Miller et Mathieu Lewis partagent plus qu'une passion pour le basket : tous deux sont les enfants de légendes sportives rivales et hantés par la perte d'un parent...
