Chapitre 60 - Entre deux monde

259 12 1
                                        

Point de vue de Léa

Le soleil brille haut dans le ciel, inondant le jardin d'une lumière dorée. L'air est chargé de rires et du crépitement du barbecue où mon père et Éric discutent en plaisantant. Plus complice que jamais. L'odeur du charbon mêlée à celle des brochettes grillées flotte doucement, imprégnant l'instant d'une chaleur familière.

Assise dans l'herbe, un verre de citronnade glacée entre les mains, j'observe ce parfait tableau qui se déroule sous mes yeux. Sur le terrain de basket, un peu plus loin, Mathieu, Marco, Lucas et Maël s'affrontent dans un match improvisé. Et je ne peux m'empêcher de laisser mon regard glisser sur lui. Ce corps, ce short qui tombe juste comme il faut...  J'en profite pour mater son joli petit cul qui en ferait saliver plus d'une.

Le ballon fuse d'un joueur à l'autre, rebondit sur le béton et s'envole dans un tir parfait.

— Trois points ! s'écrie Lucas en levant les bras, aussitôt acclamé par Giovanna et Lydie, assises à mes côtés.

Adossée à un arbre, Malèna, la mère de Mathieu, filme la scène sur son téléphone. Un sourire furtif éclaire son visage lorsqu'elle lève les yeux vers son fils.

Tout est si paisible. Si simple. 

Je ferme un instant les paupières, savourant la sensation du vent tiède sur ma peau. Ici, entourée de ma famille, de mes amis, je me sens complète. Comme si rien ne pouvait troubler cette bulle de bonheur. 

Quand soudain, un frisson me parcourt. 

Quelque chose... ou plutôt quelqu'un attire mon regard.

Une silhouette, un peu à l'écart, immobile sous l'ombre des arbres. 

Je plisse les yeux, mon cœur ralentit un instant puis s'accélère lorsque son identité me frappe. 

Marco. 

Pas celui que je connais et qui est actuellement sur ce terrain. Non. Son visage est marqué, ses traits tirés par une fatigue que je n'arrive pas à définir. Des bleus parsèment sa peau, comme des stigmates d'un combat perdu d'avance. Il me fixe, et dans son regard, une tristesse insondable se ressent. 

Pourquoi est-il là, ainsi ? 

Je me lève, mes pas hésitants d'abord, puis se faisant plus assurés. 

— Léa, où tu vas chérie ? me demande mon père en posant une main sur mon bras. 

Je lui montre la silhouette d'un geste du menton.

— Là-bas. C'est Marco... enfin un autre Marco. Il n'a pas l'air bien. 

Mon père suit mon regard, puis secoue la tête, son expression se fermant légèrement. 

— Léa... N'y va pas. 

Son ton est grave, presque suppliant. 

Mais une voix en moi me dit que je ne dois pas l'écouter. 

Il y a quelque chose dans la posture de ce Marco, dans sa présence même, qui m'appelle. Qui me pousse à avancer, malgré le poids qui s'abat sur ma poitrine en retirant sa main de mon bras. 

Je franchis la pelouse, laissant derrière moi le bruit des rires et des conversations. Chaque pas me rapproche de lui, et avec eux, l'air semble s'alourdir. Comme si le monde parfait derrière moi commençait lentement à vaciller. 

Quand je suis enfin à sa hauteur, il relève légèrement la tête, plongeant ses yeux dans les miens. 

— Marco ?

NB LoveOù les histoires vivent. Découvrez maintenant