C'est le jour J. Notre match. Celui qui pourrait tout changer. Tout se joue maintenant. Le gymnase est déjà bondé lorsque nous arrivons, et les gradins vibrent sous l'anticipation de la foule. L'équipe se tiennent regroupés, silencieux, concentrés. Le parquet est rempli de visages tendus et excités, mais je n'en vois aucun. Je suis dans ma bulle, les bruits lointains s'estompent, remplacés par un bourdonnement sourd dans mes oreilles. Mon cœur tambourine dans ma poitrine, mais je refuse de laisser l'anxiété m'envahir. Pas aujourd'hui.
Le coup de sifflet retentit, et l'intensité est immédiate. Dès la première seconde, je me lance dans le jeu comme si ma vie en dépendait. Parce que, d'une certaine manière, c'est le cas. Le jeu est rapide, brutal. Nos adversaires se battent pour chaque point, chaque rebond avec déchainement.
Chaque dribble, chaque passe, chaque tir est une tentative désespérée de prouver ma valeur. Je donne tout, je cours, je saute, j'anticipe. Je sens mes muscles crier, mais l'adrénaline me porte. L'équipe adverse est redoutable, agressive, mais je refuse de me laisser intimider. Mon corps fonctionne presque mécaniquement, mes pas guidée par des heures d'entraînement, de discipline.
À un moment, un adversaire me bouscule durement, un choc violent en pleine tentative de lay-up. Je m'effondre au sol, le souffle coupé. Le gymnase se fige, mais je me relève presque aussitôt. Pas question de faiblir. Pas aujourd'hui. Pas question d'abandonner. Je reprends ma place, le regard fixé sur le ballon.
Le match avance, et peu à peu, nous trouvons notre rythme. Nos deux équipes se battent bec et ongles pour chaque point. Mais plus les minutes passent, plus je sens l'énergie monter dans notre camp. Evan marque un dunk explosif qui fait rugir la foule. Je vole un ballon, glisse entre deux défenseurs, et tire un trois points parfaits. L'énergie de l'équipe monte en flèche. Le public rugit à nouveau, et pour la première fois, je me permets un léger sourire.
Les dernières secondes approchent. Nous menons de trois points, mais l'équipe adverse n'abandonne pas. Leur équipe tente une dernière offensive désespérée, mais j'arrive à lire leur mouvement. Leur meneur tente une passe risquée. J'intercepte le ballon et sprinte vers le panier. Le chronomètre affiche deux secondes quand je saute. Le ballon tourne dans l'air et traverse l'anneau quelque seconde avant que la sirène retentît.
Le match est terminé.
Nous avons gagné.
Une vague d'émotions m'envahit. Soulagement. Joie. Fierté. C'est fini. J'ai tout donné, et nous avons triomphé. Le gymnase explose, un mélange de cris, d'applaudissements et de larmes. Mes coéquipiers se précipitent vers moi, criant leur joie, m'attrapant dans une étreinte collective. Les applaudissements et les acclamations du public sont assourdissants. Mais au milieu du chaos, je ne vois qu'elle.
Léa.
Elle descend des gradins en courant, son sourire éclatant illuminant la salle plus que toutes les lumières du gymnase. Elle fend la foule avec une grâce innée, et avant que je ne puisse réaliser ce qui se passe, elle est là, devant moi.
Sans hésiter, elle se jette dans mes bras, son rire mêlé au mien. Elle m'embrasse, un baiser passionné, chargé de tout l'amour et la fierté qu'elle ressent me faisant oublier tout le reste. Je serre son corps contre le mien, sentant ses mains dans mon dos, son cœur battant contre le mien et pour un instant, rien d'autre n'existe.
Mais l'instant est interrompu.
Un homme en costume s'approche, s'avançant vers nous. Il porte un badge des Chicago Bulls, et son air sérieux nous ramène brutalement à la réalité. Léa redescend doucement de mes bras, mais elle reste tout près, sa main posée sur mon épaule.
VOUS LISEZ
NB Love
Romance« M'aimer a été sa bouée de sauvetage, mais l'aimer provoquera mon naufrage... » Léa Miller et Mathieu Lewis partagent plus qu'une passion pour le basket : tous deux sont les enfants de légendes sportives rivales et hantés par la perte d'un parent...
