Chapitre 61 - L'Au revoir

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Point de vue de Lucas

La porte de ma chambre est close, pourtant tout me semble trop vaste, trop froid. Le silence est oppressant, percé seulement par ma respiration hachée. Assis sur mon lit, je fixe le mur en face, mais je ne le vois pas vraiment. Tout est flou, comme si mon esprit refusait de s'accrocher à la réalité. Mon cœur bat lourdement, chaque pulsation résonnant dans ma poitrine comme un coup de marteau.

Marco est mort.
Léa est clouée dans un lit d'hôpital auxquelles est suspendue au dessus d'elle, une épée Damoclès.
Et moi, je suis là.
Vivant à l'extérieur mais, mais en ruines de l'intérieur.

Je passe une main sur mon visage. Il tremble. Tout en moi tremble. J'ai envie de pleurer, de hurler, mais je n'en ai pas le droit. Pas maintenant. Mathieu est un fantôme, les yeux rouges, les épaules affaissées. Il ne tient qu'à un fil, lui aussi. Et Léa... j'ai bien cru la perdre quand le médecin nous as annoncé qu'il lui fallait une greffe. Bien qu'elle soit chiante les trois quart du temps et ronchonne, elle reste la personne la plus importante de ma vie. Je ne peux pas laisser la vie me la prendre, pas après qu'elle ai décidé de m'enlever Marco.

Léa est si fragile..., quand elle saura qu'il a sacrifié sa vie pour elle... elle aura besoin de nous. De moi. Si je m'effondre, personne ne sera là pour la relever. Alors je ravale tout. La douleur, la rage, ce gouffre noir qui me ronge de l'intérieur.

Je me lève, fais les cents pas dans ma chambre. Chaque pas est une gifle, un rappel. Chaque recoin de cette pièce porte l'ombre de Marco. Je m'arrête devant mon bureau. Une photo trône là, celle de notre bande, figée dans un autre temps. C'était l'été dernier. Marco a ce grand sourire, comme toujours, un ballon de basket coincé sous le bras. Je serre le cadre entre mes doigts crispés et une boule se forme dans ma gorge.

— Pourquoi toi ? Pourquoi maintenant ?

Ma voix est rauque, étranglée. Il n'y a pas de réponse. Seulement ce silence de mort.

Je repose la photo avec un peu trop de force. Le bruit claque dans l'air. Je ferme les yeux, inspire profondément. La colère monte, sourde, absurde. Contre qui ? Contre quoi ? Dieu ? Le destin ? Moi-même ?

Je me laisse retomber sur le bord du lit, mes mains enfouies dans mes cheveux, comme pour empêcher ma tête d'exploser.

— J'ai besoin de toi, Marco. J'ai besoin que mon frère me dise quoi faire.

Les mots s'échappent dans un souffle. Je n'ai jamais su le dire, à personne. Mais à présent qu'il n'est plus là, je réalise à quel point il était notre bouée à tous. Il était celui qui récolait la bande, celui qui faisait que tout paraissait plus simple, plus léger. Marco était notre boussole, notre lumière. Sans lui, tout est sombre. Étouffant.

Et puis il y a Léa.

Je ferme les yeux et son visage s'impose dans mon esprit. Ses grands yeux brillants, son sourire qui réussit à illuminé même la pire journée. Et ça douceur qui n'appartient qu'à elle. Maintenant, elle est allongée dans ce lit d'hôpital, son corps inerte, ses paupières closes. Je la revois rire avec Marco il y a quelques semaines sur la terrasse du loft, et cette image me brise. Si elle se réveille... Comment vais-je lui dire... Si elle apprend que Marco est parti... elle sera anéanti. Mais pourtant... c'est la triste réalité. Il n'est plus là.

Je secoue la tête. Je ne veux pas penser à ça. Mais l'idée s'accroche, me hante.

Et si elle ne revient pas ?
Et si je devais la perdre elle aussi...
Qu'est-ce que je vais devenir sans eux ?

Le claquement de la fenêtre contre le mur me ramène à la réalité. La maison est silencieuse, pourtant je sens leur présence. Les autres. Caterina, Mathieu... Tous enfermés dans leur propre douleur. Et moi, je suis là, emprisonnant ma peine. Je me lève, mes jambes lourdes, comme si des chaines m'entravaient. J'ouvre mon placard, attrape une chemise noire. Mes doigts tremblent en boutonnant les premiers boutons.

NB LoveDes histoires addictives. Découvrez maintenant