20 - Promesse et désirs.

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(Note d'auteur pour comprendre la scène : Max et Charles sont dans une limousine, Max est assis sur un siège face à Charles et n'est pas attaché. D'où sa possibilité de se rapprocher du monégasque. Ils ne sont pas côtes à côtes !)
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- Max, qu'est-ce que...

- Cela vous amuse-t-il ? Chuchota l'homme dont les lèvres frôlaient toujours ma peau, dissimulant son visage dans mon cou. Je ne suis pas né de la dernière pluie, vous savez...

- ...Je ne vous comprends pas.

- Moi non plus. Je ne comprends pas dans quel jeu vous essayez de m'embarquer ni pourquoi vous vous accrochez tant à moi. Et encore moins pourquoi le sentiment se fait progressivement réciproque.

- Je... Max.

Lentement, et pour ne pas brusquer celui qui persistait à se cammoufler au creu de mon cou, je laissai mes doigts glisser le long de son dos jusqu'à trouver son cuir chevelu. Avec douceur, je tirai sur les mèches rebelles pour obtenir une réaction quelconque.

- Max... Chuchotai-je de nouveau, mais l'homme persistait à demeurer invisible.

Peut-être n'étions nous pas si différents, à en juger par son inébranlable volonté de ne pas se montrer vulnérable face à moi.

- Regardez-moi, par pitié.

- ...

- Je ne... je ne tente pas de vous duper, de jouer avec vous ou... quoi que vous vous puissiez imaginer. Je suis simplement... perdu... et... J'aimerais découvrir tellement de choses que j'en deviens naïf, parfois même idiot je le conçois...

Le néerlandais se recula lentement, ses yeux émergeant de la semi-obscurité dans laquelle les rideaux tirés de la limousine nous plongeaient. Il me détailla avec une lenteur agonisante, tant et si bien que je crus fondre à mesure que son regard parcourait ma silhouette.

- Vous... êtes d'un tel charme... J'en oublie parfois mes responsabilités.

- ...

- Pourquoi donc ce regard ?

- Vous vous plaignez d'un acte que vous me faîtes subir. Je remue ciel et terre pour tenter d'obtenir votre amitié... votre respect... Et vous, vous me repoussez puis m'attirez à vous en permanence comme un métronome, incapable de se tenir à un choix ou l'autre.

- Charles...

- Non. Ne m'appelez pas comme cela. Ne le faîtes pas pour... pour vous sortir d'une situation qui vous embarrasse simplement car vous m'y savez sensible.

Je pus lire un instant de la surprise dans son regard, cachée sous de subtiles nuances de bleu, puis Max se recula de quelques centimètres afin de m'observer plus en détail. Ses doigts vinrent lentement caresser mon cou puis remonter jusqu'à ma mâchoire, mes yeux papillonant sous son touché.

- Max. Ne voyez-vous donc pas ? Nous jouons au même jeu sans le vouloir. Nous impliquer de manière inconsciente, puis tenter de rebrousser chemin et ignorer les conséquences. Jusqu'à recommencer.

- Et bien... Je dois reconnaître que je vous ai bien trop infantilisé. Je ne m'en rends compte que maintenant.

- Alors quoi ? Que va-t-il advenir ?

Cette question m'effrayait. Nombres de réponses étaient plausibles, mais la majorité pouvait me briser le coeur en un instant.

Le blond allait sûrement répondre de manière évasive, ignorer ma requête et tenter de mettre une fin précaire à notre ambiguïté, ou peut-être la prolonger. Mais avant qu'un seul mot ne puisse franchir la barrière de ses lèvres, la limousine freina d'un coup sec et violent.

Royalty (Lestappen)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant