31 - Une seule chance.

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- Non, tu ne sais rien. Ils mourront. Tous.

- Max, je fais attention à lui, je te le jure sur ma vie. Si tu débarques tu vas tout foutre en l'air !

- Tu viens de me dire de rester Daniel. Sois cohérent. De toute façon, je préfère encore mourir que de passer une seconde plus à m'imaginer ce que ces salopards lui font pendant que je ne suis pas là.

- Alors quoi... tu reviens à Monaco ? Et la Couronne ? Tu vas être foutu en prison.

- Je sais, rétorquai sèchement. C'est le but.

Sans attendre une seconde de plus, je mis fin à l'appel et explosai mon téléphone contre le mur avant de le jeter à la poubelle. Je courus presque jusqu'à ma chambre d'hôtel, fis mes bagages en moins de quelques minutes et claquai la porte derrière moi. Chargé de quelques sacs, je rendis ma carte à la réception et quittai l'hôtel immédiatement.

Si ces connards voulaient jouer, j'allais m'ajouter à la partie.

Il me fallait simplement prier pour que mon ange gardien ne m'ait pas encore abandonné. Sans plus attendre, je vérifiai les prochains vols en direction de Nice, et appelai un taxi pour l'aéroport de Londres. L'adrénaline parcourait visiblement toujours mes veines au vu du tremblement incessant des mes mains qui alerta presque le chauffeur britannique. Je ne pouvais y croire.

Comment Charles avait pu déjouer l'entièreté de la garde royale un soir de fête me dépassait, mais surtout, comment avait-il pu instinctivement se diriger dans la gueule du loup ? Mes poings se serrèrent, et j'attrapai une cigarette de ma poche pour m'occuper. Dans le même temps, je remarquai le regard jugeur de l'homme au travers du rétroviseur, et je glissai un billet de cent livres dans sa poche pour l'apaiser avant d'allumer ma cigarette.

Pas croyable. Tout simplement pas croyable. Ce n'étaient pas les raisons qui manquaient pour alimenter mon envie d'étriper tous ces enfoirés, mais ils venaient de signer leur arrêt de mort. J'inspirai une grande bouffée de fumée, fantasmant un instant sur le mal que j'allais leur infliger.

J'étais fou, totalement insensé de tirer un trait sur mon plan pour retourner moi-même dans la gueule du loup, mais un instant, je trouvai ma folie justifiée. Une partie de poker commençait, alors que j'ignorais encore ma main. Peut-être Arthur ou Gasly allaient-il faire partie de mes cartes, mais je n'avais aucun atout à disposition.

Sans réfléchir, je pris un vol direct pour Nice, et atterrit cinq heures plus tard alors que le soleil se couchait à peine. Être en France consituait déjà un danger vis-à-vis de mon état plus que recherché, non pas par Monaco, mais par cette foutue mafia qui me collait au cul. Leurs affiliations avec les réseaux français ne me laissait que quelques heures avant qu'une balle ne me traverse le crâne. Capuche enfoncée jusqu'au nez, je pressai le pas jusqu'à une agence de location de voiture. Un sourire aux lèvres, je repartis trente minutes plus tard au volant d'une Ferrari.

Avec de faux papiers, tout m'était accessible. Mais surtout, je devais faire vite. Il fallait que j'atteigne la Principauté avant d'être abattu. Sans prendre le temps d'accorder une quelconque attention au code de la route, j'écrasai l'accélérateur et m'élançai le long de l'autoroute. Le temps prévu était de trente minutes. J'y serais dans quinze maximum.

L'objectif était simple, que la Couronne me trouve avant eux. Et pour cela, rien de plus efficace que d'entrer dans les ruelles monégasques en trombe, les pneus crissant contre le bitume tandis que le moteur de la voiture italienne criait presque à en réveiller toute la ville. Une unité de police toqua à ma fenêtre en moins d'une minute, et il n'en fallut pas plus pour identifer mon profil. Dans la seconde, je fus plaqué contre mon capot, fouillé au corps, dépossédé de tous mes effets personnels et finalement embarqué jusqu'au château de la famille royale.

Royalty (Lestappen)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant