29 - Enfers.

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(NDA : Je ne cautionne ni les actes ni les paroles de ce chapitre, bien évidemment. Vérifiez les TW mis à jour en introduction sauf si vous ne voulez pas être spoilé.e)

Ajout : Correction effectuée vis-à-vis du nom d'un personnage. Jules devient Thomas (pour éviter la confusion avec Jules Bianchi, paix à son âme).

*****

- Putain...

Lorsque je me réveillai, mon corps endoloris et incapable de bouger, une douleur atroce me transperca le crâne. Paupières closes et presques cimentées, le seul effort de redresser la tête fut si brutale que j'eus l'impression d'être arraché de toutes mes forces. Merde merde merde. Avec une lenteur déconcertante, je m'évertuai à changer de position, vainement et sans prendre la peine d'ouvrir les yeux. Tentative qui se solda d'un échec douloureux.

- Mais qu'est-ce que...

Ma voix me parut étrangère, sèche et presque granuleuse propre à un homme des carvernes. J'étais assoiffé. Un autre mouvement, plus sec, et un tintement me parvint. Puis une douleur, urticaire et insistante autour des poignets. Tel un réflexe de survie puisé dans mes entrailles, mes yeux s'équarquillèrent, et je crus respirer pour la première fois depuis... depuis quand exactement ? Depuis quand me trouvai-je donc ici, dans ce qui paraissait être un sous-sol délabré, croulant de moisissure et pollué par une odeur nauséabonde ?

Je compris soudainement d'où provenait la douleur qui me paralysait depuis mon éveil. J'étais attaché, ligoté à une chaise en bois bancale et menotté de sorte à ce que le métal m'accroche et me dévore la chaire à chaque geste un peu trop ample. Mon souffle se bloqua dans ma cage thoracique. Frénétiquement, je parcourus la pièce des yeux, priant pour qu'un ange se révèle miraculeusement de la pénombre, mais seule l'insalubrité des lieux me répondit. Une goutte s'échoua dans une flaque à mes pieds, fruit de l'humidité ou de ma souffrance, impossible de le savoir.

Toutes mes tentatives de me débattre furent vaines, la corde qui m'entourait me mordait la peau à chaque nouvel essai comme pour me dissuader de recommencer. Mon esprit se mua en une frénésie anxiogène, impossible de réfléchir correctement, de comprendre quoi que ce fut ou bien même de me libérer.

Je ne savais combien de temps s'était écoulé dans cet état de paralysie éveillée, mais après quelques temps qui me parurent des années, un lourd bruit de métal se fit entendre depuis l'extrémité de la pièce. Puis un second, un cliquetis de serrure et enfin, des voix distantes et raillardes. Une lumière soudaine emplit alors la pièce qui se révéla être bien plus vaste que je ne le croyais initialement. Les murs étaient craquelés sur toute leur hauteur et le sol jonché de tâches dont je ne voulais connaître l'origine.

Une fois mes pupilles habituées aux éclats grésillants des néons, je pus déceler des outils de métaux, des barres de fer et des chaînes rouillées aléatoirement placés dans l'un des coins de la pièce, et un frisson d'angoisse me glaça l'échine. Avant que je ne puisse tenter de me débattre de nouveau, une porte hors de mon champ de vision grinça métalliquement, cette fois suivie de voix bien plus distinctes.

- Mais regardez-moi ça, la princesse est réveillée.

- Pile à l'heure, on dirait.

- Dommage, on aurait pu le réveiller nous-même.

Je n'osai plus respirer, presque convaincu que ce n'était qu'un mauvais rêve duquel j'allais bientôt m'extirper. Une goutte de sueur froide glissa le long de mon cou, mes doigts se resserrant instinctivement autour des liens qui me restreignaient. L'une des silhouettes que j'entendais à présent se mouvoir dans mon dos se présenta finalement, tirant un tabourer pour s'asseoir face à moi. Des cheveux dissumulés sous un bonnet noir, vêtu d'une tenue de la même couleur qui recouvrait pourtant à peine les nombreux tatouages et cicatrices qui trônaient sur sa peau. Et un sourire carnassier qui aurait presque pu me permettre de lire dans ses pensées.

Royalty (Lestappen)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant