26 - État d'alerte.

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(NDA : problème de notification wattpad, vérifiez si vous avez bien lu le chapitre de la semaine dernière !)

Lorsqu'une institut réalise à posteriori qu'elle a offert foyer à une menace qui aurait pu la détruire de l'intérieur, l'entièreté de ses habitudes s'en trouve renversée. Telle une banque à quelques minutes de se faire cambriolée, l'alarme d'urgence retentit, et le protocole de sécurité est déclenché.

Ce fut la réaction de ma mère en apprenant que mon garde du corps, depuis tout ce temps, était en fait un infiltré d'un réseau dont nous ignorions tout si ce n'était sa dangerosité. Lorsque Max avait déposé sa démission sans un mot avant de déserter, j'avais supplié Pierre de ne rien révéler quant à ce que j'avais vu. Je voulais persister dans l'idée que ce n'était qu'un vaste malentendu.

Le français avait évidemment refusé. Chaque information était importante, encore plus une d'une telle ampleur. J'avais donc était forcé de témoigner contre l'homme que j'aimais, révéler l'histoire de la montre et de son tatouage ainsi que celle concernant Daniel. Et malgré toutes les preuves qui l'accablaient, mon cœur le défendait à en mourir, incapable de se détacher du néerlandais comme mon esprit l'avait déjà fait.

Le château entier semblait retenir son souffle, attentif au moindre geste, à la moindre étincelle qui indiquerait un futur et mortel bûcher. Lorenzo et ma mère, en particulier, n'étaient presque plus joignables tant ils étaient submergés par cette affaire de réseau inconnu. Le service des archives étaient en permanence sollicité, et Pierre n'y faisait pas exception non plus.

En d'autres termes, je me retrouvai seul. Avec la formelle interdiction de quitter l'enceinte du bâtiment. Même fouler le sol du jardin m'était maintenant défendu.

Carlos remplaçait temporairement Max puisqu'il n'avait pas la formation exacte requise pour ce poste, mais qu'il demeurait le seul garde disponible pour la tâche. Dans de telles circonstances, absolument aucun homme étrangé au château ne pouvait le pénétrer, donc impossible de reprendre les embauches.

- Prince ?...

- ...

Mon esprit, lui aussi, se trouvait submergé. Entre la solitude, la trahison, l'incompréhension, la peur et le doute, le repos m'était lointain. Je percevais à peine ceux qui m'entouraient, les bruits n'étaient que de faible sons indistincts et les mouvements se confondaient dans mon champ de vision. Les mêmes questions, en boucle, secouaient mon cœur. Pourquoi lui, pourquoi moi, pourquoi maintenant. Pourquoi.

- Charles...

Mais aucune réponse ne me parvenait jamais. Un vide de sens se propageait en moi, perpétuellement. Ne plus entendre sa voix ni admirer son visage, ne plus être tirer de mon sommeil à l'aube par sa silhouette réconfortante. Il nous était arrivé quelques fois, après une bonne dizaine de minutes de négociations pour ma part, de rester éveillés presque toute la nuit à discuter de sujets stupides mais apaisants.

*****

- Ne me dîtes pas que vous êtes idiot à ce point...

- Ce n'est pas de ma faute !! Le deuxième écouteur était enfoncé si profondément entre les murets du jardin que j'ai dû utiliser des pinces alimentaires !

- Avez-vous au moins réussi ?

- Plus ou moins...

*****

Son rire, aussi rare qu'il se faisait, était presque gravé dans ma mémoire tant sa première écoute m'avait chamboulé. Une histoire idiote d'écouteur mêlée à mes incroyables talents de maladroit, et le rire le plus cristallin et pur que je n'avais jamais eu le plaisir d'écouter s'était échappé des lèvres du néerlandais. L'une des soirées les plus douces de ces dernières années.

Royalty (Lestappen)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant