- Putain Lando !!
- Charles ?!
- Max, qu'est-ce que vous-...
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Monaco était particulièrement ensoleillé ce jour-là. Les rayons se répandaient avec grâce sur la colline, créant des reflets dorés le long des fleurs et des arbres. Une douce mélodie se propageait dans le vaste jardin, partagée par des oiseaux un peu trop bavards aux gorges déployées. Le bruissement des feuilles honorait la brise estivale dont le souffle effleurait le visage avec délicatesse.
Parmi les nombreux invités, aucun dont le visage m'était familier. Seule ma famille et les cuisiniers m'apportaient quelque sentiment de réconfort, des traits chaleureux dans la foule. Arthur se démarquait par sa jovialité, un rire cristallin qui faisait fondre le cœur des jeunes femmes à ses côtés, leurs maris trop occupés à parler finance. Lorenzo, quant à lui, était plus calme et réservé. Le regard franc et discret, il répondait de ses devoirs aux côtés de mon père.
Ces galas caritatifs se faisaient récurrents depuis quelques temps, encore plus depuis la majorité de mon grand frère, le poid d'un pays pouvant s'abattre sur ses épaules à tout instant. Lorenzo, Arthur, et Charles. Les trois Princes de Monaco.
Je n'étais pas particulièrement exalté par la foule, les discussions barbantes, les voix stridentes et les regards malsains. Le milieu même des aristocrates et toutes leurs dérivées me répugnait, mais je me devais de maintenir une façade suffisante pour paraître intéressé et surtout bien élevé. Dans l'espoir de ne jamais devenir ceux qui me procuraient tant de dégoût.
Malheureusement, un Prince ne peut rester seul bien longtemps.
Tout d'abord, ce fut une femme qui vint me parler. Étonnement douce et patiente, un regard affectif comme si elle reconnaissait en moi un fils qu'elle n'aurait jamais eu. Des cheveux blonds qui glissaient sur ses épaules en cascade, mis en valeur par un collier de perles dont le prix était sûrement exorbitant. Quelques mots échangés par courtoisie, chacun préférant sûrement être seul, mais forcé de se montrer accueillant face aux regards extérieurs.
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- Que se passe-t-il, pourquoi ne répond-il plus ?! Il n'est pas mort, n'est-ce pas ??
- Alexandra, allez chercher l'hôte, vite !
- Je suis désolé, je ne voulais pas...
- Lando, accompagnez-la, je reste avec mon frère.
*****
Puis, aux côtés de mon père, j'ai dû suivre et entretenir une discussion particulièrement inintéressante sur le développement économique de Monaco et les conséquences démographique et touristique de la richesse du pays. J'aurais presque succombé à la folle envie de m'enfoncer mon cure-dent dans la main pour me soustraire à cette torture si cette dernière n'avait pas pris fin dans les minutes suivantes.
Ce fut ensuite le buffet qui sembla s'éterniser. Je le crus sans fin tant les serveurs ne cessaient de le réapprovisionner à la seconde où des plats se faisaient vides. Bouteilles de champagne, huitres, mets au saumon, de la variété européenne à la variété asiatique, la nourriture ne connaissait aucune limite. Je fixais avec attention chacun des domestiques dont les plateaux étaient méthodiquement triés, et les itinéraires déjà calculés – certains évitant parfois de justesse un convive trop véhement dans ses gestes.
Et les secondes s'écoulèrent, encore et encore, les grains de sable presque bloqués dans le sablier.
Tandis que l'ennui m'accablait depuis quelques heures déjà, et que mes yeux – fatigués d'étudier les serveurs – vagabondaient d'une figure à une autre sans réelle attention, un homme à la stature imposante se fraya un accès dans mon champ de vision. Costar bleu marine, accordé à une cravate aux même tons. Un visage avenant à première vue. Sûrement un homme d'affaires dans la quarantaine.
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Royalty (Lestappen)
Roman d'amourDepuis la mort de son père, Charles Leclerc, Prince de Monaco, est devenu absolument ingérable et terrorise le personnel qui assure sa sécurité. Sa mère, qui a récupéré le trône, ne cesse de le réprimander à tout va, jusqu'à ce qu'un ultime garde du...
