25 - Paranoïa.

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- Tu n'imagines pas à quel point je suis fier de toi, purée c'est vraiment incroyable Charles !! S'enquit mon petit frère dont le sourire lui mangeait la moitié du visage.

- Arthur a raison, je ne pensais pas te revoir à l'eau un jour, surtout pas en si peu de temps, seconda Lorenzo, le ton chaud. C'est vraiment formidable.

- Ce n'est pas comme si je pouvais plonger ou nager... Mais merci. Je suis plutôt heureux.

Plutôt heureux de me sentir normal de nouveau, mais je n'osai pas le préciser. Mes frères semblaient bien trop enthousiasmés par mes progrès pour y pour mêler des pensées négatives.

- Verstappen mériterait une augmentation, il joue aux nounous avec toi maintenant, ajouta Arthur en pouffant de rire.

Un mois s'était écoulé depuis, et mes séances de réadaptation semblaient être devenues le sujet principal au château - pour ceux qui n'avaient pas le nez plongé dans des affaires plus intéressantes.

Pierre et Carlos étaient venus me féliciter personnellement, visiblement fiers de moi comme si j'étais leur petit protégé. L'espagnol en particulier ne manquait jamais une occasion pour souligner notre différence d'âge, agissant comme un oncle nostalgique uniquement pour me mettre mal à l'aise.

Quant à ma mère, elle avait fait préparer un petit gâteau par ma pâtisserie favorite, celle que j'avais pour habitude de visiter chaque semaine avec mon père auparavant. En son centre avait pu se lire un petit message - "Fiers de notre garçon", le tout décoré d'un chêne et de quelques feuilles en pâte d'amande.

Entre autre, les murs étaient comme enveloppés d'une réjouissance générale, chacun ravi que le Prince se sépare enfin de ses démons. Tels étaient les mots entendus quotidiennement. C'en était franchement stupide et inutile à la longue, mais il en allait ainsi. Il demeurait toujours plus facile de se réjouir d'un malade qui atteignait la rémission, plutôt que de le soutenir dans le désespoir. Pour autant, ce n'était que superficiel, une large masquarade.

Car si mes progrès se faisaient étonnement rapides, si mes peurs semblaient s'atténuer au fil du temps, et si mes angoisses s'apaisaient enfin, la réalité en était tout autre. Je luttais chaque fois pour ne pas dévoiler mes tremblements incessants à Max, pour qu'il ne se méfie pas des doutes qui m'éprenaient depuis un mois.

Je l'avais vu, si nettement et si précisément que j'avais d'abord cru à une hallucination, un cauchemar éveillé tant les trais paraissaient récents. L'exact symbole de la montre, tatoué dans le creu de son dos.

Je vivais avec ce constat depuis trente jours, personne à qui me confier, personne à qui avouer, personne à qui admettre la terrible erreur que j'avais commise. M'éprendre d'un homme dont je connaissais finalement bien moins que je ne le croyais. La seule personne qui avait jamais réussi à me donner la faible impression de revivre venait de me tuer.

Aujourd'hui était son jour de repos. L'une des rares journées pendant lesquelles je me retrouvais seul dans mes pensées, le silence de ma chambre assourdissant tant mes questions résonnaient dans mon crâne. Je ne savais rien, ne comprenais rien. Mon cœur se serrait à la simple idée que Max puisse être l'opposé de celui qu'il prétendait, que j'étais tombé pour un imposteur, que l'on s'était joué de moi aussi aisément.

Ce n'était pas concevable. Il m'avait aidé. Il m'avait accordé patience et attention, m'avait accompagné au travers de mon deuil et s'était occupé de réaliser certains de mes rêves sans le savoir. Mes crises d'angoisses, mes doutes, mes cauchemars. Tout s'envolait lorsqu'il était là. Putain de merde, je ne m'étais jamais senti aussi bien qu'avec lui...

Royalty (Lestappen)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant