Je n'aurais jamais cru me retrouver face à telle situation. Les doutes faisaient partie intégrante de mon mode de vie, depuis mon enfance et mon père jusqu'à aujourd'hui. Une forme de remise en question permanente, d'assurance, de sang froid entre autre.
Je ne pouvais entretenir de certitudes dans aucun domaine. Mes émotions, mon entourage, mon passé, mon futur. Des sujets de controverses dans mon propre esprit, frôlant parfois peut-être la folie, mais cela demeurait une manière de rester clair quant à mes objectifs. Ne jamais rien prendre pour acquis.
Je m'étais pourtant éloigné de cette règle avec Daniel. Depuis mon arrivée dans cette organisation, il avait été un pillier pour moi, un soutien sur lequel m'appuyer lorsque mon état psychologique vacillait. Ou tout du moins l'illusion d'un soutien.
Qui venait de s'effondrer.
Cet homme n'avait plus rien de similaire à celui avec lequel j'avais grandi, un vaste étranger aux traits presques familiers mais déformés par la trahison. Son arme pointée sur mon cœur, la mienne pointée sur le sien, tout lien s'était détruit.
- Je suis désolé Max. Je t'en supplie tu dois me croire. Il a menacé ma famille, ma copine et je... je n'ai rien pu faire.
Le plus ironique dans cette histoire n'était pas tant le fait que je me retrouvais actuellement dans un sous-sol entouré de soldats armés jusqu'aux dents et prêts à me tuer. Ni le fait que celui à qui j'aurais pu confier ma vie allait sûrement me la retirer.
Non. Le plus ironique était que je n'en avait rien à foutre. Rien à foutre que cet abruti cède à la pression de notre chef, rien à foutre qu'il oublie toute notre amitié et pointe son pistolet sur moi. La seule chose qui m'importait était Charles. Où il était, avec qui si Daniel n'était pas là pour le protéger - en supposant qu'il ne m'avait pas menti sur cela non plus - et surtout, dans quel état se trouvait-il.
- Max, chuchota Sainz entre ses dents.
- Je suis vraiment désolé. Je n'avais pas le choix. Et je m'en veux pour Charles mais je ne peux rien te dire. Me force pas à appuyer sur cette gâchette, je t'en prie, continua l'australien.
Il existait dans ce monde une sensation très spéciale, sans pareille, presque impossible à décrire tant son intensité semblait consumer ce qui l'entourait. Un mélange ardent de haine, d'obsession, de manie et de psychose. C'était aveuglant, assourdissant, cinglant, à en brûler les veines et en éclater les tympans.
La particularité de ce sentiment, au-delà de son omniprésence résidait dans sa nature. La tristesse, la souffrance, la peur, la colère étaient autant d'émotions que de poids. Tel des flammes consommant de l'oxygène jusqu'à l'engloutir intégralement. Elles affaiblissaient.
Ce n'était pas le cas en cet instant. Cette obsession qui résonnait dans mon crâne ne me consommait pas, elle m'alimentait. Une force peut-être, une vulnérabilité également, mais porteuse d'assez de violence pour me faire avancer. Alors je fis un pas en avant.
- Tu t'es payé ma tête. Tu n'as pas seulement prétendu être de mon côté, tu m'as menti et conduit droit dans un piège en condamnant Charles alors qu'il est innocent.
- On en a tué pleins des innocents, c'est notre travail putain ! Je t'avais prévenu de pas te rapprocher de lui, cette situation était vouée à se produire, clama Daniel alors que les deux imbéciles - Damien et Antoine - à ses côtés restèrent silencieux.
- Ce n'est pas à toi de décider ce que je peux faire de ma vie. Encore moins à toi de prétendre savoir ce qui est le mieux pour moi.
- Mais enfin, me dit pas que tu crois à leurs conneries ?! Ils te tueront dès que tu leur ramèneras leur fils Max, c'est évident ! T'es un danger pour eux, tu représenteras toujours une faille dans la sécurité, et ton amourette avec leur petit Prince y changera rien !
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Royalty (Lestappen)
RomanceDepuis la mort de son père, Charles Leclerc, Prince de Monaco, est devenu absolument ingérable et terrorise le personnel qui assure sa sécurité. Sa mère, qui a récupéré le trône, ne cesse de le réprimander à tout va, jusqu'à ce qu'un ultime garde du...
